Les bonnes notes de TOTAL malgré le contexte et l’environnement

total

Décidément le groupe pétrolier français ne sent pas la crise que traverse son secteur avec la chute des cours du pétrole. En effet le groupe français a réalisé un chiffre d’affaire de 6,2 milliards de dollars soit l’une des plus grandes performances du secteur.  En effet les comptes publiés ce jeudi 09 Février 2015 montre que le groupe TOTAL a engrangé un bénéfice net ajusté de 8,3 milliards de dollars soit 7,8 milliards d’euro. Mais avec des dépréciations dans le secteur du gaz de l’ordre de 2 milliards ces chiffres ont été revus à la baisse ce qui fait 6,2 milliards de dollars. De quoi rendre heureux et fier Patrick Pouyanné, le PDG de Total qui se place ainsi devant la britannique BP, l’américaine Chevron, l’anglo-néerlandaise Shell et même Exxon Mobil pour le compte de l’année 2016. Ainsi le patron de Total estime que son groupe a largement dominé ses concurrents sur la marche en l’occurrence  Exxon Mobil qui engrange 8,9 milliards de bénéfice et Shell qui enregistre 7,2 milliards avec une production supérieur. Le groupe BP et Chevron arrive loin derrière avec respectivement 2,6 et 1,8 milliards de bénéfice.

Le prix du baril en chute libre

Total enregistre d’excellents résultats certes mais ces derniers sont en recul de 21% par rapport à l’année dernière et le chiffre d’affaire aussi n’est pas épargné puisqu’il chute de 9%. Mais ce ne sont pas les seuls reculs car le gaz naturel un des spécialités de la maison a chuté de 25% et la marge de raffinage 30%. En effet ces reculs s’expliquent par la chute du prix du baril de pétrole passé de 55 dollars  44 dollars en 2015.

Mais certains spécialistes prédisent une stabilisation des prix à 55 dollars à la seule condition que l’accord sur la production de 1,8 million de barils par jour soir respecté combiné au blocage de l’huile de schiste américaine. Si total a su s’adapter à cet environnement désagréable mieux que ses concurrents, il le doit selon son PDG à « la forte mobilisation de ses équipes «, qui ont réduit les coûts et ont permis des économies d’échelle de l’ordre de 2,8 milliards de dollars qi atteindront 3,5 milliards fin 2017.

La vigilance, toujours de mise

Même si les résultats ont été bons la vigilance doit être de mise. En effet, le coût de l’extraction a baissé contrairement à la production de baril qui aujourd’hui atteint 2,452 millions de barils par jour. Il faut noter que les activités avales ont beaucoup contribué au succès de total en permettant d’engranger 5,8 milliards de dollars.

Les investissements seront revus à la baisse car ils passeront de 18 milliards en 2016 à 16 ou 17 milliards cette année car le mot d’ordre reste la prudence.  En outre, il y aura des réductions allant jusqu’à 50% sur les coûts de développement par rapport aux sommes dégagées entre 2013 et 2014. Ceci dit, Total doit se décider par rapport à des projets d’envergure qu’il doit lancer dans les un an six mois à venir dans des pays comme le Nigeria, l’Ouganda, Argentine ou encore au Brésil mais aussi et surtout le golf arabo persique.

 

Publicités

Compétences d’avenir : un tour d’horizon

Réseaux intelligents, information, révolution énergétique : les mutations dans ces domaines d’avenir, pourtant  déjà bien engagées, sont loin d’avoir encore livré tout leur potentiel. Les compétences de demain, basées sur ce socle, seront celles qui porteront ces changements techniques… et sociétaux.

ID-100234200

Réseaux : des ondes, des hommes et des objets

Les réseaux, internet en tête, ont en quelques années bouleversé nos modes de consommation, de travail et de vie. Après s’être affranchis des fils, après avoir relié les hommes et plus seulement les machines (on parle de « web social »), les réseaux nous font désormais entrer dans l’ère de « l’internet des objets ». Le développement de ces « objets connectés » est un vrai gisement de compétences d’avenir : on compte 15 milliards d’objets connectés en 2012, ils seront 80 milliards en 2020 selon l’institut Idate. Et il reste beaucoup à inventer, du point de la technique mais aussi des usages.

Pour les entreprises du secteur, le défi est « d’imaginer des usages innovants et un design attractif », analyse Jean d’Arthuys, le directeur de Bpifrance. Avec son thermostat dessiné par Philippe Starck, Netatmo se positionne bien sur les deux registres : cet outil intelligent et connecté mesure les habitudes des habitants du logement pour adapter le chauffage en conséquence. La jeune société française, créée en 2011, s’était déjà faite connaître avec sa station météo connectée du même nom. Fred Potter, son fondateur,  prédit : « le processus ne fait que commencer. Le digital et la connexion à internet vont dévorer l’ensemble des autres industries ». D’où, pour lui, le très bel avenir des carrières d’ingénieurs en informatique.

La maîtrise de l’énergie : une compétence précieuse

Et dans ce monde toujours plus connecté, mais aussi plus mobile, la gestion de l’énergie est un enjeu essentiel. A plus forte raison quand on sait que notre fonctionnement actuel, polluant et basé sur des ressources limitées, n’est pas tenable sur le long terme. Il y a là une vraie compétence d’avenir : celle de parvenir à sécuriser notre approvisionnement énergétique, de façon propre et durable. L’innovation de Sunpartner, qui a mis au point Wysips, un système qui rend la cellule photovoltaïque invisible, s’inscrit dans cette dynamique. Cette technologie permet d’« avoir une énergie qui ne soit pas uniquement centralisée, mais aussi décentralisée », explique le fondateur de Sunpartner, Ludovic Deblois. D’où un potentiel immense en matière d’autonomie et de sécurité énergétique.

La problématique du stockage de l’énergie a également toute sa place dans ce contexte. C’est d’ailleurs l’objet d’un récent rapport de l’ADEME (1) qui estime qu’il s’agit d’une compétence stratégique, qui verra « son potentiel et sa rentabilité s’accroître durablement à partir de 2030, quand les puissances installées de photovoltaïque et éoliennes se seront accrues ». Ce n’est pas Pascal Mauberger, le président du directoire de Mc Phy Energy, qui dira le contraire : son entreprise a mis au point le premier système qui permet de stocker l’hydrogène sous forme solide, répondant, affirme-t-il, à l’un  « des challenges de la transition énergétique en France ».

La convergence des compétences

Mais finalement, ces exemples le montrent, la principale compétence d’avenir sera sans doute la transdisciplinarité. Technologies réseaux, techniques industrielles, énergie, design, usages : il n’est plus possible de séparer hermétiquement ces savoir-faire. Cette idée, mise en lumière par l’étude « Future Work Skills 2020 » (2) de l’Institute for the Future, est, selon l’analyse de Thomas Peaucelle, essentielle. Le Directeur Général Délégué de Cofely Ineo, la filiale de GDF Suez spécialisée dans le génie civil et la maintenance des réseaux, l’affirme : « je souhaiterais que cette pensée systémique, transversale, pluridisciplinaire, soit mieux représentée dans la culture française aujourd’hui ». L’exemple des smart grids, ou réseaux électriques intelligents, dans lesquels Cofely Ineo évolue, complémentaires, en matière de génie électrique et d’informatique, est particulièrement éloquent. En effet, ce « gigantesque intranet, la Toile de l’électricité », comme les définit Olivier Seznec de Cisco, mobilise des compétences transverses.

« D’un point de vue technique, l’énergie de demain sera le résultat de beaucoup plus de numérique. Cela permettra aux citoyens de redevenir acteurs de leurs consommation », explique Thomas Peaucelle, illustrant bien qu’informatique industrielle, réseaux électriques et analyse des usages sont intimement liés. Ainsi, Cofely Ineo a déjà déployé plusieurs projets de ce type. C’est le cas à Toulouse, où le projet Smart ZAE associe production d’énergies renouvelables, système de stockage et gestion de la consommation à l’échelle d’une zone d’activité économique. Plus qu’une compétence numérique ou électrique, il s’agit bien de mettre en oeuvre à un niveau local un système global répondant à une vision des usages, et finalement de la société de demain : une énergie plus intelligente et mieux maîtrisée, pour une société plus propre.

Finalement, si les compétences d’avenir reposeront sans nul doute sur la maîtrise des technologies, numériques et industrielles, et surtout sur leur association, elles seront aussi probablement associées à une vision pertinente de ce que l’on veut faire de ces outils au potentiel quasi-illimité. En bref, plus qu’un savoir-faire, elles seront une façon d’être, et de penser… et surtout de se former !

(1)  http://ademe.typepad.fr/presse/2013/11/etude-stockage-energies.html

(2)  http://www.iftf.org/our-work/global-landscape/work/future-work-skills-2020/