Comment le digital va révolutionner l’offre de santé

Mis en avant

Le secteur de la e-santé est en plein développement : applis dédiées, objets connectés, Big Data, télémédecine… La santé n’échappe pas à la révolution digitale. Mais elle reste un secteur à part, où doivent prévaloir qualité, éthique et relation avec le praticien.

Le boom des innovations

A Roanne, une cabine de télémédecine vient d’être installée dans une pharmacie. Conçue et développée par la société H4D, elle permet au patient d’être pesé, mesuré, et de relever un certain nombre d’indicateurs (tension, pouls…), de façon automatique. Il existe désormais aussi des robots médicaux : la société américaine Medrobotics par exemple a conçu le Flex Robotic System, équipé d’une caméra haute définition capable de guider le chirurgien (humain) dans le corps du patient.

Les objets connectés ont eux aussi largement investi le champ de la santé. La société française Withings en a fait sa spécialité, et développe et commercialise des montres, balances ou thermomètres connectés. Le principe : un appareil relève chez l’utilisateur un certain nombre de constantes (données cardiovasculaires par exemple), et transmet ces données à un smartphone ou une tablette. Elles sont alors agrégées, puis consultables et analysables, par l’utilisateur… ou un professionnel de santé. D’autres innovations reposent sur l’intelligence artificielle : la société DreamQuark par exemple a développé un algorithme de reconnaissance d’image pour détecter la rétinopathie diabétique, à partir de la photo d’un fond d’œil.

La révolution digitale dans le secteur de la santé est donc clairement en marche, et on peut gager qu’elle n’en est qu’à ses prémices. C’est à n’en pas douter une excellente chose : il s’agit d’un apport formidable pour la qualité des soins et le suivi des patients. Comme l’affirme Dominique Noel, présidente du Festival de la Communication Santé, « les applications et l’e-santé jouent un rôle crucial pour la prévention, les services à domicile et le suivi des maladies chroniques ». A condition toutefois que ces innovations ne fassent pas oublier la place centrale des praticiens de santé.

Derrière le digital… Maintenir l’accompagnement

Car la santé, en dépit des aspects commerciaux inhérents à des praticiens comme les pharmaciens, n’est pas un secteur d’activité comme les autres. Les cabines de télémédecine, comme celle de la société H4D évoquée plus haut, sont de formidables outil d’accès à la santé dans des déserts médicaux ou pour des populations qui consultent peu. Mais elles ne pourront jamais se substituer aux médecins in situ. C’est ce qu’explique Pierre Faivre, en charge de la prévention à la SMEREP, qui a installé une cabine de ce type à son siège, pour les étudiants : « le but n’est pas de remplacer une consultation, mais c’est un premier pas vers la santé, un retour dans le cercle vertueux de la prévention et du parcours du soin ». Il ajoute : « Si après cela nos étudiants font au moins la démarche de demander conseil à un pharmacien plutôt qu’à Internet, c’est aussi un bon début ».

Compte tenu des potentialités des outils numériques, ce n’est en effet vraisemblablement que le début de la « santé connectée » pour la génération des Digital natives. Plusieurs secteurs de la santé se sont ainsi déjà emparés des outils à disposition. Le réseau d’audioprothésistes Audio 2000, appartenant au groupe Optic 2000, a par exemple lancé cette année une offre reposant sur le digital : une tablette tactile, dite A2000, est prêtée au patient pendant quelques semaines, durant lesquelles il peut évaluer son appareillage en temps réel dans différents environnements. Au volant, au cinéma ou au restaurant, le porteur peut noter en direct les performances de son appareil. Cela permet ensuite à l’audioprothésiste d’affiner les réglages de la prothèse auditive à partir de ces informations. « Grâce à cette innovation, le client bénéficiera d’un accompagnement et de conseils encore plus personnalisés », explique Anne Bourgeois, la directrice du réseau Audio 2000. Le digital est devenu source de services à valeur ajoutée, pour autant qu’il continue de reposer en parallèle sur l’expertise du professionnel de santé. Pour Audio 2000, les outils digitaux restent bien un moyen et non une fin : en dépit de performances et de fonctionnalités de plus en plus poussées, ils restent malgré tout incapables de substituer à l’expertise d’un audioprothésiste.

Le site deuxiemeavis.fr est une autre initiative intéressante en matière d’innovation digitale dans la santé : il fédère un réseau de 80 médecins référents sélectionnés, qui délivrent aux patients atteints de pathologies lourdes un second avis médical en moins de 7 jours, à partir de leur dossier. Une façon de lutter, grâce au web, contre les inégalités d’accès aux soins et à l’expertise, avec un site conçu pour s’intégrer dans le parcours de soin. Car finalement, comme le résume Dominique Noel, « la relation médecin-patient reste et restera au cœur de la pratique médicale » – même si elle est amenée à évoluer avec ces nouveaux outils.

La vente de produits de santé en ligne, autre tendance qui se dessine, doit aussi apprendre à concilier place du praticien et innovation technologique. Car les médicaments, ou les lunettes, désormais vendus en ligne sous certaines conditions, ne sont pas des produits comme les autres. Optic 2000, leader du secteur de l’optique, a choisi de mettre en place un site de vente en ligne qui permet de réserver les lunettes et de les essayer grâce à une application de visagisme… Mais le retrait et les réglages doivent se faire en magasin, auprès d’un opticien qualifié. « On ne peut pas se passer de l’opticien, qui est un professionnel de santé et pas un marchand de lunettes », explique Yves Guénin, le secrétaire général d’Optic 2000.

Car si la médecine de demain sera sans nul doute digitale, le professionnel de santé et sa relation avec le patient doivent rester au cœur du modèle pour garantir la qualité et l’efficacité des soins. Et cette médecine digitale devra aussi faire face à de nouveaux défis, comme celui de la sécurité des données personnelles, essentielle à l’heure du Big Data, ou encore de celui du traitement de ces données par les professionnels. Comme le souligne Benjamin Pitrat, directeur médical d’Ad Scientiam, il faudra « aider le praticien à ne pas être submergé par ces informations » … La révolution digitale de la santé ne pourra pas être qu’une affaire de technologies !

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Des révolutions technologiques au service l’habitat intelligent en Chine

habitat intelligent chine

Pour cette année, les entreprises électroniques en Chine se sont particulièrement intéressées à l’habitat intelligent. L’édition 2016 du salon AWE, qui regroupe les différentes grandes marques électroniques, a été l’occasion de démontrer les innovations et l’utilité des ces technologies intelligentes. En plus des marques chinoises, beaucoup d’autres participants, du monde entier, étaient présents. Ces participants ont exposé les différents types d’équipements électroménagers intelligents qu’ils ont développés. Ainsi, des réfrigérateurs, des climatiseurs, des machines à laver, des appareils d’éclairage, des systèmes de sécurité domestique, ainsi que toute sorte de matériels électroniques à usage domestique ont été présentés.

L’habitat intelligent à l’honneur au nouveau salon AWE 2016

Les entreprises chinoises ont fait de grandes performances dans le secteur de l’électronique. Elles se sont manifestées de fort belle manière lors du salon AWE (Appliance and Electronics World Expo) 2016, l’un des évènements les plus importants en ce qui concerne l’électroménager en Chine qui s’est tenu en début de mois de mars. Cette manifestation, qui s’est déroulée à Shanghai, a été pour cette année le lieu d’innovations, notamment l’adaptation des appareils électroménagers à l’internet. Les interventions ont donc tourné autour de la thématique de ce salon qui est « Internet + Ma maison » et se sont intéressées à la manière d’allier l’écologie intelligente et l’avenir de la vie familiale.

A ce salon qui se tient habituellement à Shanghai, s’ajoutent d’autres comme celui de Las Vegas (la CES) ou le salon de L’IFA à Berlin. Ils ont tous en commun, en plus d’être mondialement les plus réputés, le grand optimisme que les acteurs affichent en ce qui concerne les innovations dans le secteur électronique. Cette manifestation a été aussi l’occasion pour les participants de souligner les difficultés auxquelles ils sont confrontés. C’est le cas des problèmes de surcapacité qui touchent les fabricants chinois et qui est un facteur nuisible à la croissance économique. Mais certaines des entreprises présentes au salon cette année n’ont pas manqué de préciser que, justement, avec l’internet et les appareils intelligents de nouvelles perspectives s’offrent au secteur.

Les Smartphones, meilleurs alliés des appareils intelligents

L’innovation majeure cette année à savoir le concept d’habitat intelligent a réuni autour d’elle toutes les attentions. Les entreprises chinoises spécialisées dans ce domaine à l’image de HAJER et de MIDEA, soucieux de se conformer à l’attente exprimée par leurs clients,  accordent une grande importance à ce concept nouveau. Par ailleurs, c’est en collaboration avec les fabricants de Smartphones que les entreprises électroménagères développent et proposent les solutions d’appareils électroniques intelligents.

Cette synergie s’explique, en partie, par les besoins qu’ont les fabricants de trouver des outils spéciaux comme les Smartphones pour offrir un contrôle total aux usagers de matériels électroménagers intelligents. Ces appareils contrôlables grâce aux applications développées sur les Smartphones représentent actuellement les tendances les plus importantes des maisons intelligentes. A ce titre, l’entreprise chinoise HAIER a récemment fusionné avec une entreprise américaine, GE appliances pour manifester sa détermination dans l’adoption de stratégie internationale  pour ce qui concerne l’électronique de consommation.

Skype : Le créateur met en place une messagerie hautement sécurisé

wire messagerie sécurisé

Avec l’évolution de la technologie notamment sur les réseaux sociaux, de plus en plus de difficultés relatives à la sécurisation des données sont soulevées ça y est là. Allant dans ce sens, pour le réseau social Skype, son fondateur a fait part de la création  d’un service de messagerie nouveau où tous les échanges seront sous cryptage. La nouvelle plateforme fondée avec la contribution d’ingénieurs qui avaient travaillés pour Skype. Le service est baptisée Wire. Elle est composée d’environ 50 individus et son siège se trouve en Suisse.

Des barrières pour empêcher toute intrusion

Cette nouvelle messagerie conçue par Skype est de l’avis de ses initiateurs plus fiable et plus sécurisé surtout pour s’opposer à des intrusions. Ainsi contrairement aux systèmes de messagerie actuelle qui mettent à la disposition des consommateurs un chiffrement limité sur la durée, la messagerie Wire garde les échanges des usagers sur des serveurs qui lui sont propres. De même, la protection des données privées est active à tout moment. Il en est ainsi plusieurs périphéries sont utilisées à la fois par les clients.

Ce type de système est conçu de telle sorte qu’elle puisse faire face aux tentatives d’intrusion notamment celles des autorités. Ces dernières, dans le cas d’enquêtes liées à des crimes ou à la sécurité, exploitent les manquements dans les cryptages pour connaitre les informations des utilisateurs.

Tout crypter pour assurer la sécurité

Le nouveau système de protection de Skype est très moderne et très fiable car permettant de s’opposer aux pirates ainsi qu’aux intrusions non autorisé dans le serveur. Ainsi selon Alan Duric, directeur technique de la nouvelle start up  « Wire n’a pas de concurrent dans son secteur avec une protection en permanence de tous les échanges que ça soit en groupe ou à deux.

Ce cryptage est assuré simultanément sur de nombreux périphéries. Ainsi la philosophie du tout crypter est appliqué et dans ce sens, Janus Friis, son président a embauché dans ce sens, en ajoutant que sur ce nouveau système de messagerie « le cryptage se fait sur tous les échanges : qu’il s’agisse des appels, des graphiques, des messages textes ou même des photos ». En effet selon l’entrepreneur danois qui est cofondateur de la société Skype, qu’il a lancé en 2003 et qui est  aujourd’hui la propriété de Microsoft, le cryptage permettra de renforcer la confiance des millions d’utilisateurs.

 

Des Big Data encore largement sous-exploitées

Big DataLa revue de l’IT publiée par Dell propose des pistes pour permettre aux entreprises de tirer profit de leur big data, trop souvent inexploitées.

Faisant référence à une étude IDC, l’article indique qu’aujourd’hui « un salarié génère en moyenne 1,8 million de mégaoctets de données chaque année. Des données de tout type, structurées ou non, professionnelles ou privées. Le problème est que ces données ne sont pas exploitées. La majorité des entreprises sont conscientes des volumes d’informations qu’elles ont à leur disposition mais elles sont également 44 % à ne pas savoir comment les utiliser. »

Devant le constat qu’aujourd’hui, les entreprises n’exploiteraient qu’à peine la moitié du potentiel de leurs données, l’article s’interroge sur les freins : la sécurisation des données, par exemple, « reste un défi pour plus d’un tiers d’entre elles (35 %) et le problème du coût est central dans ce domaine. Plus de 30 % des entreprises interrogées citent le prix de l’infrastructure ou de l’externalisation parmi les principaux freins. Beaucoup de responsables IT rencontrent également des difficultés pour justifier la valeur du Big Data. Un quart d’entre eux s’interrogent sur le ROI et 22 % ne parviennent pas à obtenir le soutien de leur hiérarchie. »

Un autre aspect ne doit pas être négligé, celui des compétences liées au big data, qui ne sont pas assez répandues sur le marché du travail et dans les équipes IT des entreprise : « Plus de 20 % des entreprises n’ont pas les compétences techniques pour exploiter leurs propres données et la même proportion affichent une méconnaissance des bonnes pratiques en la matière. Une sur cinq admet qu’elle ne saurait pas comment utiliser les résultats des analyses. »

C’est au niveau des décisions marketing que les big data sont aujourd’hui les plus sollicitées mais IDC prévoit que les entreprises utiliseront dans quelques années les big data « pour des scénarios encore impossible à imaginer à l’heure actuelle. Pour le moment, seul un petit pourcentage d’entreprises utilise le Big Data pour des analyses prédictives. Nul doute que ce nombre grandira à mesure que la maîtrise des technologies progressera. »

Bpifrance Le Lab conseille les PME en matière d’innovation numérique

Bpifrance Le LabLe numérique peut être vu comme une rupture profonde, touchant la nature même du modèle économique de toutes les entreprises, et notamment celui des PME des secteurs dits « traditionnels ». Bpifrance Le Lab, en collaboration avec Olivier Sichel, PDG du groupe LeGuide, publie « Le numérique déroutant », une étude sur le numérique comme facteur de recomposition des chaînes de valeur dans des secteurs à très forte densité de PME : le tourisme, le transport, la plasturgie et le bâtiment.

Avec cette étude, Bpifrance Le Lab veut adopter une approche décalée pour attirer l’attention des PME sur la révolution numérique en cours, laquelle est porteuse de profonds changements dans tous les secteurs de l’économie. Et dans plusieurs d’entre eux, si les entreprises ne s’adaptent pas, elles sont menacées de disparition. A contrario, réussir sa transformation numérique, c’est souvent devenir le leader de son secteur indiquent les auteurs de l’étude.

Pour eux, les PME ne sont pas suffisamment conscientes des risques et des opportunités. Le conflit entre Uber et les taxis n’en est qu’une petite illustration récente. Le modèle de disruption suivi par Uber l’avait déjà été par les plateformes internet de réservation de voyages, modifiant radicalement les chaînes de valeur du secteur du tourisme.

Un aspect intéressant de l’étude est la définition de trois « lignes Maginot » ou barrières conceptuelles que les PME doivent dépasser car elles leur font croire que le numérique ne passera pas. Ainsi, selon les auteurs de l’étude, la proximité physique avec son client ne suffit pas, les réglementations et « barrières à l’entrée » subissent la pression des consommateurs, et la non-délocalisation est une protection illusoire. Cette dernière barrière est illustrée par le secteur de l’hôtellerie qui a par nature une activité non-délocalisable. Elle a pourtant subi une profonde mutation de son modèle économique, avec l’apparition en moins de 10 ans de nouveaux opérateurs internet qui lui « déroutent » de 15 à 30% de ses ventes en ligne, et qui sont devenus incontournables.

Disrupter ou être disrupté, voilà en substance le choix auquel sont confrontées ces professions face à la révolution numérique…

Les banques de détail et le digital

Banque et innovationComment les banques de détails réagissent-elles face aux nouveaux concurrents de l’économie numérique ?

L’association des banques Efma et Infosys ont récemment publié leur 6ème rapport mondial sur l’innovation dans la banque de détail. Il en ressort globalement que ces établissements bancaires augmentent leur budget d’innovation mais finalement assez peu.

En réaction à la menace ressentie comme très présente des nouveaux acteurs « non bancaires » du marché que sont Google, Apple et autres pure players d’un côté et des start up et des grandes surfaces de l’autre, 84% des banques interrogées ont indiqué avoir augmenté leurs dépenses d’innovation en 2014. Pour autant, la menace n’est pas jugée suffisante pour que la plupart des banques pressentent une réelle mutation de leur marché. Les établissements exerçant dans les pays développés se contentent d’une posture dite de « fast follower » (38%) ou de simple « suiveur » (11%). Ainsi, les banques qui investissent réellement dans l’innovation restent une minorité et l’investissement dans des start up restent une exception dans ce secteur, les banques préférant compter sur leurs partenaires et leurs fournisseurs pour leur apporter la brique numérique qui leur manque.

Si l’on compare la situation en 2014 à ce qu’elle était en 2009, on ne peut que constater, quand même, une large prise de conscience de l’avènement du digital dans l’économie du secteur. Les banques s’efforcent de suivre l’évolution des technologies, par exemple en s’adaptant aux usages mobiles, services cités par 88% des banques interrogées. La qualité des services n’est malheureusement pas souvent au rendez-vous. Un deuxième vecteur d’innovation mentionné dans le rapport est le traitement et la valorisation des données collectées sur les clients (les big data), puis viennent les réseaux sociaux. Sur ces facteurs d’innovation, force est de constater que les banques les plus offensibes sont celles des pays en fort développement comme le Brésil, l’Inde, la Malaisie, la Russie, l’Afrique du Sud ou la Turquie.

Enfin, les banques craignent beaucoup l’arrivée sur leur activité des géants du numérique comme Apple, Google ou Facebook. A ce sujet, La Tribune mentionne une étude réalisée par Monitise et Cognizant : « 60 % des propriétaires de tablettes déclarent avoir recours à ce terminal pour les services de banque en ligne et 41 % d’entre eux privilégient les tablettes par rapport aux smartphones. Un nombre croissant de banques observent que les connexions via mobiles et tablettes supplantent désormais les connexions internet par PC. Les banques les plus innovantes ont bien saisi l’importance de prioriser le « mobile banking » pour rester dans la course. »