Incendies de maisons en bois : série noire en mars 2018

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Les trois premiers mois de l’année 2018 ont été marqués par des incendies aux quatre coins de la France, avec un pic effroyable au mois de mars. Véritable fuel de ces incendies, les maisons à ossature en bois montrent leurs limites. Tour de France des maisons parties en fumée. 

Le standard téléphonique des sapeurs-pompiers a dû saturer le mois dernier. Les maisons en flamme ont fait les choux gras des pages faits divers dans les quotidiens régionaux. Cela a commencé dans le département du Nord, à Odomez, à 3km de la frontière belge. Le 8 mars dernier vers 21h30, une maison de la cité Kuhlmann disparaît, engloutie par les flammes. Dépêchés sur place, les sapeurs-pompiers ont tout mis en œuvre, dans le froid de l’hiver, pour éviter la propagation de l’incendie aux maisons voisines. Les soldats du feu ont dû avoir une impression de déjà-vu. Cette même maison, situé rue de l’Escaut, avait déjà connu un début d’incendie en septembre dernier. Le sinistre s’était alors déclaré au niveau du box, à l’arrière de la maison, avant de se propager à la salle de bain. Les six membres de la famille avaient pu se mettre à l’abri, mais n’avaient pas réintégré leur logis depuis. Cette fois, les flammes ont tout emporté : la toiture et la charpente de bois sont parties en fumée. Vers 23h, les pompiers de la caserne de Vieux-Condé – épaulés par ceux de deux localités voisines – ont finalement réussi à maîtriser l’incendie, principalement pour protéger les deux habitations mitoyennes, sans toutefois parvenir à pénétrer dans la maison. La structure du bâtiment, constituée de planchers de bois, n’assurant aucune résistance.

Le lendemain, c’est la petite ville de Plerguer (en Ille-et-Vilaine), à 10km de Saint-Malo, qui a vu partir l’appentis en bois d’une maison, heureusement inoccupée à l’heure du drame. Ce sont les voisins qui ont composé le 18, pour alerter les pompiers à 8h30. Une demi-heure plus tard, l’incendie touchant cette demeure de la route des Landes était circonscrit sans avoir atteint la maison principale. L’appentis en bois, lui, a été réduit en cendres. Chaque année, la France enregistre environ 250000 départs de feu, soit un toutes les deux minutes. Près de 800 personnes meurent tous les ans dans des incendies domestiques.

Lundi 19, la semaine noire commence

La pire semaine du mois a débuté le lundi 19 mars. Ce jour-là, le village de Moineville (Meurthe-et-Moselle), à 15km de Metz, s’est réveillé en voyant une colonne de fumée noire s’élever dans le ciel, vers 9h30 du matin. L’enquête n’a pas déterminée pourquoi les flammes ont pris une ampleur incontrôlable dans le poêle, atteignant le plancher en bois entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Le couple de résidents, alerté par l’alarme incendie devenue obligatoire en France grâce à la loi Morange de 2010, a donc pu prévenir les sapeurs-pompiers. Dépêchés sur place en quelques minutes, ces derniers ont réussi à limiter le sinistre, mais les dégâts étaient impressionnants : le plancher en bois entre les deux étages a brûlé, la chambre des trois enfants (5, 6 et 7 ans) complètement calcinée, toutes les pièces noircies… La famille ne pourra pas réoccuper sa maison avant plusieurs mois. Heureusement, l’incendie ne s’est pas déclaré en pleine nuit, mais alors que les enfants étaient déjà partis pour l’école. Le pire a été évité.

Direction le Finistère à présent, dans la commune d’Irvillac, à 15km de Brest dans le Parc naturel régional d’Armorique. Nous sommes mardi 20 mars, il est 17h. Il fait très froid ce jour-là dans la résidence Park Nevez du bourg d’Irvillac, les habitants font tourner à plein régime la cheminée depuis la mi-journée. Quand une épaisse fumée commence à envahir la maison. L’un des occupants découvre alors de grandes flammes en train de lécher le conduit de cheminée. Près d’une vingtaine de sapeurs-pompiers est affectée sur le terrain, venant de Brest, de Landerneau, du Faou et de Sizun, à bord de trois camions porteurs de grande échelle. « Nous avons fait une percée dans la toiture pour évacuer les fumées chaudes des combles, raconte Alexandre Parnet, chef de groupe des pompiers, comme l’a rapporté le quotidien Le Télégramme. Sans notre intervention, tout risquait de brûler dans cette maison à ossature bois. Nous avons réussi à sauver trois-quarts de l’habitation. » La cheminée avait pourtant été ramonée deux semaines plus tôt.

La semaine se poursuit dans le Bas-Rhin, à 20km de Strasbourg. C’est dans le centre-ville de la commune de Wasselone que les pompiers ont combattu les flammes dans la nuit du 21 au 22 mars, de minuit à 4h du matin. L’incendie a pris entre deux immeubles et a rapidement progressé jusqu’aux combles de l’une des deux habitations. Au petit matin, des fumées noires continuaient de s’échapper de la charpente en bois. Les deux maisons adjacentes – heureusement inoccupées – ont également subi de lourds dommages. Quelques quarante-cinq pompiers et onze engins ont dû être mobilisés pour venir à bout de l’incendie.

Prenons maintenant la direction de Mazet-Saint-Voy en Haute-Loire, à 20km du Puy-en-Velay. Il est 13h, ce vendredi 23 mars, quand les pompiers reçoivent un appel de détresse du propriétaire d’une grande maison. Sur place, ils découvrent de gros nuages de fumée s’échapper de la toiture. Ils tentent de pénétrer dans le bâtiment, mais le sol en bois du premier étage s’effondre sur la cuisine située au rez-de-chaussée. Ils se rendent vite à l’évidence : il sera impossible de sauver la maison. Cité dans le numéro du lendemain dans le quotidien L’Eveil, le capitaine Chaussende des sapeurs-pompiers de la commune voisine du Monastier-sur-Gazeille se montrait résigné : « Nous n’avons pas pu accéder aux combles. Il appartiendra à la gendarmerie de déterminer l’origine de l’incendie. » Les premiers indices pointaient du doigt la chaudière à bois.

La nuit suivante enfin, dans les faubourgs de Montbéliard (Doubs) sur la commune de Seloncourt, le pire s’est produit. Un violent incendie a ravagé un pavillon, causant la mort d’un vieil homme de 89 ans à mobilité réduite, auquel son fils n’a pas pu apporter secours, lui-même légèrement brûlé et intoxiqué par les fumées. « Les flammes culminaient à plus de dix mètres de haut », a déclaré l’un des riverains, en pleine nuit. Trente-cinq pompiers ont été mobilisés sur le théâtre des opérations. En deux heures, les flammes ont tout emporté, ravageant complètement cette maison, tout de bois conçue.

Mars termine mal

La fin du mois de mars n’a pas dérogé à cette série noire. Jeudi 29 vers 11h, toujours dans le Doubs, le gîte rural du maire du village de Le Barboux est parti en fumée. Selon les gendarmes, la chaudière à bois serait là aussi responsable du sinistre qui a emporté la bâtisse. Heureusement, le chalet en bois était vide à l’heure du sinistre. « J’ai travaillé des années dans ce bâtiment pour le rendre agréable et fonctionnel, je suis anéanti », soupirait Dominique Rondot, le maire, devant l’ampleur des dégâts.

Dernier incendie de la longue liste du mois de mars 2018, celui de Saint-Uze dans la Drôme, à 30km au nord de Valence. Au petit matin du vendredi 30 mars, un feu de cheminée mal maîtrisé s’est propagé dans une chambre à coucher. Malgré la prompte intervention des pompiers, le premier étage et le toit de la maison ont été totalement emportés par le brasier. La vingtaine de pompiers a réussi à éviter le pire, les flammes menaçant plusieurs heures de se propager aux corps de bâtiment attenants.

La plupart de ces incendies concernent des maisons anciennes, dont les pièces de charpente en bois n’ont pas été traitées chimiquement par des produits ignifuges, comme elles devraient l’être. Mais des maisons plus récentes partent également en fumée, comme cela a été le cas en janvier dernier à Saubole, dans les Hautes-Pyrénées lorsqu’une maison ossature bois sur pilotis, construite il y a moins de dix ans, a été ravagée par un incendie, avivé par des vents violents. Heureusement, aucune victime à déplorer sur ce sinistre, les habitants ayant réussi à sortir par les fenêtres.

Les maisons doivent supporter le feu 15mn

Les normes françaises – en termes de résistance au feu – prennent en compte le type de bâtiment plutôt que les matériaux de construction. « Les bâtiments d’habitation sont classés en quatre familles, avec autant d’exigences de stabilité au feu des éléments porteurs verticaux et de degré coupe-feu des planchers et parois séparatives des logements, explique Stéphane Hameury, chef de projet de la mission bois et construction durable au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).  Pour les maisons individuelles à un étage sur rez-de-chaussée de la première famille, l’exigence est de 15 minutes sur les éléments porteurs verticaux. Elle est de 30 minutes pour les habitations collectives de la deuxième famille comportant au plus trois étages sur rez-de-chaussée. » La durée passe à une heure pour la troisième catégorie (plus de 28m de hauteur), et à 1h30 pour la dernière tranche (plus de 50m). Des délais très – voire trop – courts pour les maisons individuelles à ossature bois. La série noire pourrait donc continuer.

 

 

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A l’heure des Amazon Robotics en France

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Amazon robotics

Ça y est le géant américain du e-commerce, Amazon, enclenche une nouvelle ère pour le fonctionnement de ses entrepôts notamment celui de Brétigny-sur-Orge (91) en France. En effet Amazon va installer un nouveau système de robots Kiva pour le mettre en service dès la fin 2018. L’installation de ces centaines de robots va permettre de gagner en temps et en efficacité dans son nouveau centre de distribution. Cette armée de petits robots orange  débarquent en France et désormais s’occuperont de préparer les commandes des clients.  Pour rappel Amazon avait investi près de 770 millions de dollars en 2012 pour acquérir ces robots Kiva.

Tout au service de la distribution

En installant les robots Kiva dans ces centres de distribution, Amazon compte bien donner une nouvelle dynamique dans son service de gestion des commandes des clients. Apres les Etats-Unis et d’autres pays européens, Amazon va répandre sa technologie Amazon Robotics en investissant ses nouveaux robots Kiva en France. Le géant du e-commerce va installer ces robots, dès la fin de l’année 2018, au niveau de l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge (91), un concept inédit en France. L’entrepôt sera équipé de 3000 robots kiva qui vont déplacer les étagères vers les collaborateurs au niveau de l’entrepôt, une situation qui ne manque pas de susciter de l’inquiétude auprès des salariés.

Des engins performants

Ils sont oranges, ils ont une longueur de 96 cm, une largeur de 65 cm, une hauteur de 30 cm et ils sont capable de supporter une charge de 500 kg, ils ce sont ces fameux robots kiva qui vont désormais automatiser la distribution des produits Amazon au niveau de l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge. Avec une vitesse de 5,5 km/h, ces engins orange vont mener la danse en déplaçant près de 15.000 armoires selon un schéma en damier bien défini. Un mécanisme bien rodé, sans chocs, qui sera automatisé grâce à des codes-barres repartis au sol et des rooters Wifi installés au plafond.

Inquiétudes des salariés

Avec l’installation d’une telle technologie innovante au niveau de son entrepôt en France, Amazon inquiète ses salariés évidemment. Mais les responsables du géant américain du e-commerce en France se veulent rassurant en annonçant que près de 2000 personnes seront embauchées en 2018. Ces nouveaux salariés vendront se rajouter aux milliers de coursiers que l’enseigne américaine emploi déjà et qui s’occupent de livrer les commandes chez les particuliers. Pour les responsables d’Amazon France, l’arrivée de ces engins n’est pas dans l’objectif de substituer aux hommes mais quand même il y aura autant de robots que de salariés.

Sécurité incendie : les enseignements du drame de la tour Grenfell

Après le terrible incendie de la tour Grenfell à Londres, les experts dénoncent les risques liés à l’utilisation d’isolants inflammables en façade et posent la question de la résistance au feu des structures des bâtiments, qui font de plus en plus appel à des matériaux combustibles.

Dans la nuit du 14 juin 2017, à Londres, le terrible incendie de la tour Grenfell, un immeuble de logements sociaux de 24 étages, cause la mort d’au moins 80 personnes. Le feu a démarré accidentellement d’un réfrigérateur dans un appartement du quatrième étage vers une heure du matin… Puis le bâtiment s’est embrasé comme une torche en moins de quinze minutes. Il était entièrement pris par les flammes au bout d’une demi-heure. L’intervention de quelque 200 pompiers, de 40 camions d’incendie et des deux plus grandes échelles d’Angleterre ne suffira pas à éviter le drame.

Les isolants au banc des accusés

Principaux accusés d’être responsables de la virulence et de la vitesse anormale de l’incendie : les panneaux d’isolation extérieure de la tour, composés de plaques de composite d’aluminium et de polyéthylène (plastique), et installés lors d’une rénovation de l’immeuble en 2016.

Même si des enquêtes sont en cours pour préciser les responsabilités de ce drame, les experts ont déjà livré leurs premières conclusions. Les matériaux de façades, en particulier le polyéthylène, étant très inflammables, le feu s’est étendu très vite sur l’axe vertical et les fumées chaudes au niveau des murs extérieurs ont accéléré sa propagation. L’aluminium, lui, fond dès 660 °C, une température largement dépassée lors d’un incendie de ce type. Quant à la lame d’air laissée entre les panneaux isolants et les parois du bâtiment (pour lutter contre l’humidité), elle a joué un rôle de cheminée, aspirant verticalement les gaz de combustion et propageant les flammes tout au long de la façade du bâtiment.

Selon les avertissements du fabricant lui-même, ce bardage composite d’aluminium et de polyéthylène était recommandé pour les immeubles de faible hauteur, inférieure à 10 mètres. Il n’était pas adapté à une tour de 67 mètres de haut. Il semble que ce soit des raisons d’économie qui aient guidé la décision d’opter pour ce revêtement bon marché, mais peu résistant au feu.

Ces plastiques, dérivés du pétrole, comme le polyéthylène, le polystyrène, le polyuréthane ou le polyisocyanurate, sont des matériaux performants pour l’isolation thermique mais sont aussi très inflammables… Et, lorsqu’ils brûlent, ils dégagent des fumées très toxiques, notamment du cyanure d’hydrogène. Un problème qui serait venu compliquer le travail des pompiers britanniques et aurait laissé peu de chances aux résidents de la tour Grenfell.

La sécurité incendie face aux nouvelles pratiques constructives

Dans le cadre d’une grande opération de vérification diligentée après la tragédie, le gouvernement britannique a déjà identifié 75 immeubles non conformes aux normes de sécurité et dotées d’un revêtement similaire composé de matériaux inflammables et présentant de grands risques de propagation rapide d’incendie par l’extérieur du bâtiment.

Un tel drame serait-il possible en France ? Commandé par le ministre de la Cohésion des territoires trois jours après l’incendie de la tour Grenfell, le rapport du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) a été rendu public le 17 juillet 2017 par Jacques Mézard. Le CSTB se veut rassurant pour les tours françaises comparables à celle de Londres. Il rappelle que les immeubles de grande hauteur (IGH), à partir de 50 m de haut, comprenant des logements, doivent être très compartimentés afin d’éviter la propagation des flammes et des fumées. Ils doivent aussi être équipés d’un dispositif de protection actif contre la propagation des flammes en façades, tel que des sprinklers. De plus, les isolants inflammables y sont interdits.

Mais ce rapport préliminaire du CSTB souligne également le besoin de renforcer les exigences de résultats de la réglementation incendie des bâtiments, en particulier ceux faisant l’objet de travaux de rénovation. Le rapport préconise également la réalisation d’un audit de sécurité incendie pour tous les immeubles de la 4e famille (entre 28 et 50 mètres de haut). Le ministre a d’ores et déjà commandé un rapport complémentaire visant en particulier à identifier les bâtiments « susceptibles de présenter des similitudes avec l’immeuble Grenfell en raison d’un recours à un isolant thermique semblable ».

De manière plus générale, le CSTB pointe également le décalage croissant entre le dispositif réglementaire en vigueur en matière de sécurité incendie et les nouvelles pratiques de construction, en neuf ou en réhabilitation. Augmentation de l’épaisseur des isolants (et donc de la charge combustible), isolation par l’extérieur pour éviter les ponts thermiques, étanchéité à l’air renforcée, diversification des matériaux… Les techniques évoluent pour se conformer à des exigences thermiques de plus en plus sévères. Dans une étude datant d’avant l’incendie de Londres, le Building Research Establishment, le centre national de recherche pour le bâtiment britannique, constatait également, de son côté, que les efforts d’innovation en terme d’isolation menées ces dernières années ont conduit à une « augmentation du volume de matériaux potentiellement combustibles » utilisés dans les bâtiments.

Matériaux à risques

Parmi les nouveaux risques identifiés, le rapport du CSTB évoque bien sûr le comportement au feu de certains isolants utilisés et la forte toxicité de leurs émanations gazeuses. Mais il pose aussi la question « du maintien dans le temps (durabilité) des performances de comportement au feu d’un matériau », alors que de nouveaux matériaux apparaissent sur le marché. La stabilité des structures est aussi abordée, à l’heure où celles-ci font de plus en plus appel à des matériaux combustibles comme le bois. Or, compte tenu de l’exemple récent fourni par la Californie, où des centaines d’habitations en bois sont parties en fumée suite à des incendies gigantesques, la pertinence du choix de ce matériau en construction se pose.  Le bois étant par ailleurs un isolant assez moyen, il fait de plus lui aussi appel à des matériaux isolants en grande quantité, avec tous les risques que cela suppose si les dits matériaux sont inflammables.

En effet, bien que tout soit mis en œuvre pour rassurer sur les qualités ignifuges de ce matériau, le bois brûle plus que l’acier, le béton ou la pierre. En tant que combustible, lors d’un incendie, le bois va donc nourrir le feu. Il s’enflamme entre 250 et 300°C, une température largement dépassée lors d’un incendie où le cœur du brasier peut dépasser les 1000°C. Si les matériaux utilisés pour les parois sont inflammables, ils vont contribuer au développement et à la propagation du feu… Et si la structure elle-même du bâtiment s’embrase, celui-ci risque simplement de s’effondrer.

Le code de la construction et de l’habitation prévoit ainsi une classification des matériaux en fonction de leur comportement en cas d’incendie. Deux critères sont appréciés : la réaction au feu, qui dépend de la capacité du matériau à alimenter le feu et à lui permettre de se développer, et la résistance au feu, qui correspond au temps pendant lequel les éléments de construction peuvent continuer à jouer leur rôle malgré l’action de l’incendie.

Malgré les progrès réalisés ces dernières années, notamment avec les bois ignifugés par traitement, ce matériau n’est donc pas sans risque du point de vue de la sécurité incendie et n’apporte pas les mêmes garanties que d’autres en matière de protection contre le feu. L’engouement actuel pour les constructions en bois ne tient pas vraiment compte de cette réalité d’un matériau qui, en dépit de tous les artifices techniques possibles, restera toujours un combustible.

Performance énergétique des bâtiments : solutions anciennes et nouvelles

L’arrêté du 3 mai 2007 concernant les critères de performance énergétique des bâtiments existants a été actualisé en 2017 et rentrera en vigueur au 1er janvier 2018. L’objectif est notamment l’installation de matériaux modernes aux performances énergétiques renforcées. L’idée centrale reste d’encourager voire d’imposer pour les constructions neuves des matériaux avec les meilleures performances énergétiques. 

Que dit le nouvel arrêté ?

Les ministères de l’Ecologie et de l’Environnement ont publié fin mars 2017, au Journal Officiel, l’arrêté actualisant la RT (Réglementation thermique) des bâtiments existants.  Selon le gouvernement de l’époque, la décision administrative visait à « accélérer l’atteinte de l’objectif de disposer d’un parc de bâtiments existants répondant aux standards BBC (Bâtiment basse consommation) à l’horizon 2050 (1) ».

En ce qui concerne l’isolation, le texte prévoit de relever les niveaux de performances énergétiques des matériaux installés ou remplacés (isolants, fenêtres et chaudières) tout en prenant en compte les différences de climat selon les zones géographique (arrêt du 13 juin 2008). En outre, l’arrêté, tout en se conformant aux normes européennes, prévoit un durcissement des exigences à compter du 1er janvier 2023.

L’enjeu de ce texte était également de renforcer la RT sans pour autant mettre à mal, par une ambition trop forte, le savoir-faire des maîtres d’œuvre. Aux dires des fédérations professionnelles comme la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) et la FFB (Fédération Française du Bâtiment), l’objectif semble être atteint puisque le dispositif est défini comme « un juste équilibre permettant d’améliorer la performance et la faisabilité technique et financière (2) ». Deux axes d’efforts retiennent l’attention ; les murs et les ouvrants. En première ligne, la filière béton et les fabricants de fenêtres et de portes concentrent donc logiquement les innovations.

Un béton aux performances énergétiques de plus en plus importantes

La filière béton n’a pas attendu les différents arrêtés en matière de RT pour innover et tenter de réduire l’empreinte énergétique des bâtiments. Depuis plus de 45 ans, la marque NF Béton prêt à l’emploi, certifiée par l’AFNOR et partagée par ¾ des centrales à bétons garantit la conformité du produit aux normes définies. La norme NF EN 206/ CN par exemple, garantit la résistance ou encore la consistance du produit. Récemment (en septembre 2016), des exigences complémentaires ont été ajoutées concernant la conductivité thermique des bétons permettant une meilleure performance globale des bâtiments.

L’architecte Pierre Tourre, spécialisé dans les constructions en béton, a notamment réalisé le lycée Victor Hugo de Lunel. Certifié HQE, le bâtiment est d’après lui, « une construction durable […] cette simplicité, cette architecture soft tech, garantit : la pérennité du bâtiment, la constance des performances (énergétiques, lumière naturelle, consommation, etc.,) (3) ». De plus, l’inertie thermique du béton, c’est-à-dire sa capacité à absorber de la chaleur ou de la fraicheur et à la restituer petit à petit est qualifiée de lourde voire de très lourde par les règles Th-I RT2012. Cette caractéristique permet, sans climatisation, de profiter de températures moyennes.  Concernant le lycée de Lunel, grâce à des ventilateurs installés dans une galerie souterraine qui brassent de l’air, pour une consommation énergétique globalement très faible, la température des salles avoisine déjà les normes tolérées selon les saisons : 15 °C au lieu de 4 à 5 °C en hiver et aux alentours de 20 °C l’été plutôt que 35 °C.

Portes et fenêtres : saut qualitatif en vue

Le double-vitrage a longtemps constitué la panacée de la technologie des fenêtres. Plus aujourd’hui : travail sur le verre, les châssis, les systèmes de fermeture… Le nouvel arrêté impose une hausse des exigences pour les parois vitrées ainsi que pour les portes de maisons individuelles, les vérandas et les verrières. En outre, selon Jean-Luc Marchand, délégué du SNFA, « [ce texte] fixe des exigences de moyens pour chaque élément, de manière notamment à interdire l’entrée sur le marché de produits qui n’aurait pas d’assez bonnes performances (5) ». Concrètement, le texte dispose que les fenêtres de surface inférieure à 0,5 mètres carrés doivent être munies d’un vitrage dont le coefficient Ug est inférieur à 1,5W/m2K, de façon à favoriser des produits avec de faibles déperditions de chaleur. Concernant les fenêtres de toit devant être installées ou remplacées, elles doivent désormais bénéficier de protections solaires mobiles.

Ces évolutions réglementaires amènent les constructeurs à innover. C’est le cas par exemple de Vinci Construction et Sunspartner Technologies qui ont lancé la fenêtre connectée Horizon. D’après le journal en ligne batiweb.com, cette dernière « prend la forme d’une vitre opacifiante, permettant une réduction d’énergie pouvant aller jusqu’à 30% (6) ». De plus, comme l’expliquent les deux partenaires, cette fenêtre est « dotée de panneaux photovoltaïques transparents », permettant de stocker de l’électricité. Selon Ludovic Deblois, « un boîtier électronique permet de connecter la vitre à la gestion technique du bâtiment, mais aussi d’intégrer des capteurs qui vont permettre d’avoir de l’intelligence sur la fenêtre ».

Cette innovation à la pointe de la performance énergétique a déjà convaincu nombre d’architectes, dont le dessinateur du nouveau siège social de… Vinci, qui compte bien faire de son siège une vitrine, dans tous les sens du terme, de sa technologie.

  1. https://www.actu-environnement.com/ae/news/rt-batiments-existants-28722.php4
  2. http://www.lemoniteur.fr/article/la-reglementation-thermique-par-element-fait-des-vagues-34352032
  3. Ingénierie territoriale, le béton dans tous ses états, novembre 2016, page 16
  4. Ingénierie territoriale, le béton dans tous ses états, novembre 2016, page 17
  5. http://www.batiactu.com/edito/zdzd-48591.php
  6. http://www.batiweb.com/actualites/nouveaux-produits-du-btp/vinci-construction-et-sunpartner-technologies-lancent-la-fenetre-connectee-horizon-06-12-2016-29509.html

 

ManoMano récolte 60 millions d’euros pour devenir le pionnier du bricolage et du jardinage en ligne

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Manomano le groupe français qui s’est développé dans la commercialisation en ligne d’articles de jardinage et de bricolage, a finalisé le plus grand financement depuis 2013, année de sa création. Le montant est évalué à 60 millions d’euros. Le groupe ambitionne de se lancer dans la logistique, dans le marketing. Il souhaite aussi perfectionner l’offre, les services et d’engager des profits spécialisés en IT et data.

Les ambitions de ManoMano

Ce sont des fonds qui vont permettre de développer l’activité du groupe. ManoMano vient de déclarer l’obtention d’un financement à hauteur de 60 millions auprès du groupe d’investissement General Atlantic, et aussi de ses investisseurs habituels notamment Piton Capital et Bpifrance. C’est n’est guère la première transaction de cette nature pour l’enseigne française qui s’est développée dans la commercialisation d’article de jardinage et de bricolage. En effet, le groupe avait déjà obtenu l’année passée un financement de 13 millions d’euros, aussi en 2014 il a levé 2 millions d’euros et 600 000 euros en 2013. Avec ce nouveau financement le groupe va hausser ces investissements dans le domaine du marketing dans le but de conforter sa réputation. Mais aussi ils vont pouvoir améliorer les articles et les offres de services pour sa clientèle actuelle et future. Il ambitionne aussi de renforcer ces investissements dans la logistique. Toujours dans cette optique il souhaite apporter des innovations commerciales pour soutenir les commerçants et les collaborateurs dans la numérisation de leur offre. Encore plus important, il désire investir sur des profils, spécialistes IT et data, afin de renforcer son groupe d’expansion commerciale qui se trouve au niveau de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

Une croissance accélérée

L’une des spécificités du groupe ManoMano a été de confirmer rapidement ses ambitions de se développer vers l’étranger plus particulièrement en Europe. Les activités du groupe se sont lancées depuis 2016 en Allemagne et au Royaume-Uni, et  prépare à investir 4,5 millions d’euros pour renforcer sur ces marchés stratégiques. Actuellement le marché du continent européen de jardinage et de bricolage comptabilise 188 milliards d’euros pour l’année 2016, dont un montant de 25 milliards pour la France. Mais ManoMano va devoir faire avec les géants et leaders de la distribution Castorama et Leroy Merlin.

ManoMano a été instauré en 2013. Il s’est vite développé en passant de 9 salariés à 145 à l’heure actuelle. Les articles référencés sont passés de 30 000 à 1,2 million à l’heure où on parle. Aujourd’hui le groupe affirme une clientèle qui atteint plus de 1,9 million. En plus, les cofondateurs qui affirment comptabiliser 1 100 commerçants partenaires, imputent tout sur une stratégie centrée sur l’utilisateur, un usage axée sur la data et aussi sur une équipe de bricoleurs très compétents, qui partagent tous leurs savoirs pour réussir leurs projets. Pour cette année, ManoMano table sur un chiffre d’affaires de 290 millions d’euros, dont 250 millions pour l’hexagone, contre 89 millions en 2016, dont 75, en France.

Netflix au delà des 100 millions d’abonnés

Netflix

La plateforme de vidéo en ligne prétend disposer en ce moment 104 millions d’abonnés. Et plus de la moitié se trouve hors des États-Unis. Netflix, la plateforme américaine de vidéo en ligne vient d’atteindre et surpasse le seuil des 100 millions d’abonnés.

Les investissements à l’étranger portent leurs fruits

Selon une correspondance envoyée aux actionnaires de Netfilx, la plateforme de vidéo en ligne dénombrer 103,95 millions d’abonnés à la fin de ce mois de juin. Encore plus, il a atteint sur les trois mois précédents 5,2 millions abonnés, un nombre nettement supérieur à ce qu’il avait prévu soit seulement 3,2 millions d’abonnés. Un résultat qui n’était pas attendu par le groupe américain en moment de l’année.

Le groupe américain indique que le nombre le plus important des derniers abonnés est enregistré à l’étranger, soit 4,14 millions d’abonnés. C’est en réalité le fruit de ces énormes investissements consentis à l’étranger. Le groupe déclare aussi qu’il a bien su intégrer le marché international. Puisque le bénéfice tiré de l’intégration de leur premier marché international leur permet de réinvestir efficacement dans d’autres marchés à l’étranger. C’est ainsi qu’ils ont pu atteindre un taux de 50,1% d’abonnés qui se trouvent hors des États-Unis. Malgré ce constat très positif, le groupe note une perte 13 millions de dollars au second trimestre à l’étranger.

Des prévisions positives pour le troisième trimestre

En ce qui concerne son avenir, le groupe Netflix affiche un visage très rassurant et prévoit une tendance à la hausse des abonnés. En réalité, il s’attend à une augmentation de 4,4 millions d’abonnés et les 3,7 millions d’abonnés vont venir de l’étranger. Il estime dégager aussi au troisième trimestre un chiffre d’affaires qui atteint les 3 milliards de dollars. Ce qui représenterait alors, un bénéfice de 30 millions avec encore un bénéfice net de 143 millions. Il va encore plus loin et prévoit une progression du bénéfice par action de 32 cents alors qu’au deuxième trimestre, il était de 16 cents. Le plus important, c’est que le groupe s’attend à concrétiser son premier bénéfice annuel à l’étranger au cours de l’année 2017 et aux présents taux de change.

Dans la continuité, il prévoit de poursuivre la production de ces programmes originaux. Cette année, le groupe Netflix envisage de développer 40 productions. Le groupe précise que ces productions vont aller des blockbusters aux énormes budgets au cinéma considéré indépendant qui est pur et dur.

 

 

Technicolor contraint de revoir ses prévisions à la baisse, à cause de la hausse du prix des puces mémoires

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Il s’agirait d’un montant avoisinant les 40 millions d’euros, que le groupe technicolor envisage de réduire de sa prévision. Une décision excusée par la hausse du prix des puces mémoires. On parle désormais d’une fourchette de 420 et 480 millions d’euros, contrairement à ce qui était annoncé à savoir 460 et 520 millions d’euros.

Les raisons qui ont poussé Technicolor à revoir ses ambitions à la baisse

La hausse du prix des puces mémoires a sévèrement affecté les prévisions du géant des effets spéciaux et des outils de production vidéo. En effet technicolor avait nettement prévenu que la rentabilité de sa « maison connectée » allait subir un lourd préjudice avec la hausse du prix des puces mémoires. Une hausse fraîchement confirmée et qui semble s’inscrire dans la durée, et pendant ce temps technicolor sombre davantage dans le gouffre. Le groupe n’a pas manqué d’informer sur sa situation lors des mois précédents avec à la clef la publication, des résultats annuels de 2016 et 2017, sanctionnée d’une révision de ses ambitions pour l’horizon 2020.

A travers un communiqué rendu public, le groupe Technicolor est largement revenu sur la menace que pouvait constituer cette hausse du prix des puces mémoires. Des hausses qui ne sont pas contrôlées et qui portent préjudice au groupe. Avec une hausse de plus de 45 % sur le prix des DRAM, au terme du premier trimestre de 2016, l’addition ne cesse d’être salée avec une nouvelle hausse de 15% qui s’est opérée au terme du second trimestre. Une situation qui risque de perturber l’activité du marché d’autant plus que la forte demande des principales maisons de fabrications des téléphones smartphones n’arrive pas à être satisfaite.

Une situation d’urgence qui impose des restructurations systématiques.

Le groupe Technicolor, a par la voix de son directeur général, Frédéric Rose affirmé, lors d’une conférence téléphonique son ambition à vouloir réviser ses contrats avec ses clients, et cela, suite à l’ascension fulgurante du prix des puces mémoires. Une situation assez embarrassante pour le groupe qui souhaiterait appeler ses clients à contribution afin de pouvoir amortir la hausse du prix des puces mémoires.

Des clients qu’il ne faudrait surtout pas négliger surtout avec cette forte concurrence qui est prête à tout pour massifier ses rangs, poussant même certains adversaires à aller jusqu’à dispenser leurs clients de tout éventuels frais de bonus. Dans tous les cas de figure, l’entreprise communiquera amplement sur les décisions arrêtées pour amortir l’impact de la hausse du prix, à l’occasion de la publication des résultats du premier semestre laisse entendre le directeur général de Technicolor Frédéric Rose.

Technicolor annonce dans la foulée des prévisions faisant état, d’une baisse de 10 % du chiffre d’affaires de la « maison connecté » au premier semestre. Une situation qui sera rectifiée par un bond de 15 % au second semestre grâce notamment à une présence accrue en Amérique du Nord, mais aussi par la mise en circulation de nouveaux articles dans le continent européen.

Une possible association entre Western Digital et KKR pour les puces Toshiba

KKR

Western Digital pourrait se lancer dans une offre de rachat de la filiale mémoire du groupe Toshiba en passant par l’intégration d’un consortium constitué par le fond de capital investissement de KKR ainsi que d’investisseurs japonais épaulés par le gouvernement. D’après les informations transmises par deux sources concernées par le dossier, la société renoncerait ainsi à demander une participation majoritaire dans l’immédiat.

Un conglomérat japonais pour principal favori à l’achat

Selon les dernières nouvelles, le consortium sera, dès le départ, le grand favori pour la reprise de la filiale de Toshiba, deuxième principal producteur de mémoires NAND au plan mondial, puisqu’il regroupe entre autres le fond public INCJ, Innovation Network Corp of Japan, et la DBJ, Development Bank of Japan, s’attirant de ce fait la bénédiction de Tokyo. Cette affaire représente, pour le conglomérat, un moyen de couvrir le dépassement de coûts de Westinghouse, sa filiale américaine vouée au nucléaire, s’élevant à des milliards de dollars. Celle-ci en est encore au niveau du dépôt de bilan. De même, faisant face à une possible radiation de la Bourse de Tokyo pour cause de comptes non certifiés, Toshiba pourra rebondir grâce à cette vente qui lui rapportera des liquidités dont le groupe aura besoin pour renforcer son bilan.

Les nouvelles dispositions du groupe américain

Le groupe américain Western Digital et japonais Toshiba sont déjà associés dans l’exploitation de la principale usine de semi-conducteurs de ce dernier. Cependant, le groupe américain, spécialisé dans la production de disques durs et de mémoires, avait fait recours à un arbitrage international en vue de mettre un frein à la vente de la filiale japonaise puisqu’il n’avait pas donné son accord. Pour appuyer ses dires, il explique que cette vente contrevenait à l’accord de coentreprise passée avec Toshiba. De ce fait, il demandait l’exclusivité des droits de négociation et prônait une participation de 51% minimum au sein de l’entreprise pour obtenir une certaine compétitivité. Cependant, dès le départ, Western Digital est mal placé dans les négociations pour être le seul acquéreur des mémoires NAND de Toshiba puisque d’autres sociétés ont fait des offres bien plus importantes.

Désormais, Western Digital s’est résigné à la place d’investisseur minoritaire mais avec l’intention de mener sa participation au-delà des 50% au moment où l’INCJ et KKR seront décidés à remettre sur leur marché leurs parts ; c’est ce qu’expliquent les sources ce lundi en parlant également de leur pessimisme sur la possibilité de l’accord du ministère de l’Industrie pour un tel montage.

Un grand intérêt autour de Toshiba

Pour le ministère, le fondeur ne doit pas être détenu par une société étrangère pour des raisons de sécurité nationale comme l’expliquent les sources. Cependant, le principal concerné n’a encore fait aucun commentaire, de même que KKR, DJB et Western Digital. L’INCJ déclare ne pas vouloir commenter les conjectures.

Par ailleurs, de nombreuses sociétés ont montré leur intérêt pour la filiale de Toshiba et parmi elles le sous-traitant de Taïwan, Foxconn (Hon Hai Precision Industry), qui avait même formé un consortium avec Sharp, sa filiale japonaise, du fondeur américain Broadcom, rattaché au fonds de capital investissement de Silver Lake ainsi que Bain Capital, associé au fondeur sud-Coréen SK Hynix, d’après des sources.

Comment le digital va révolutionner l’offre de santé

Le secteur de la e-santé est en plein développement : applis dédiées, objets connectés, Big Data, télémédecine… La santé n’échappe pas à la révolution digitale. Mais elle reste un secteur à part, où doivent prévaloir qualité, éthique et relation avec le praticien.

Le boom des innovations

A Roanne, une cabine de télémédecine vient d’être installée dans une pharmacie. Conçue et développée par la société H4D, elle permet au patient d’être pesé, mesuré, et de relever un certain nombre d’indicateurs (tension, pouls…), de façon automatique. Il existe désormais aussi des robots médicaux : la société américaine Medrobotics par exemple a conçu le Flex Robotic System, équipé d’une caméra haute définition capable de guider le chirurgien (humain) dans le corps du patient.

Les objets connectés ont eux aussi largement investi le champ de la santé. La société française Withings en a fait sa spécialité, et développe et commercialise des montres, balances ou thermomètres connectés. Le principe : un appareil relève chez l’utilisateur un certain nombre de constantes (données cardiovasculaires par exemple), et transmet ces données à un smartphone ou une tablette. Elles sont alors agrégées, puis consultables et analysables, par l’utilisateur… ou un professionnel de santé. D’autres innovations reposent sur l’intelligence artificielle : la société DreamQuark par exemple a développé un algorithme de reconnaissance d’image pour détecter la rétinopathie diabétique, à partir de la photo d’un fond d’œil.

La révolution digitale dans le secteur de la santé est donc clairement en marche, et on peut gager qu’elle n’en est qu’à ses prémices. C’est à n’en pas douter une excellente chose : il s’agit d’un apport formidable pour la qualité des soins et le suivi des patients. Comme l’affirme Dominique Noel, présidente du Festival de la Communication Santé, « les applications et l’e-santé jouent un rôle crucial pour la prévention, les services à domicile et le suivi des maladies chroniques ». A condition toutefois que ces innovations ne fassent pas oublier la place centrale des praticiens de santé.

Derrière le digital… Maintenir l’accompagnement

Car la santé, en dépit des aspects commerciaux inhérents à des praticiens comme les pharmaciens, n’est pas un secteur d’activité comme les autres. Les cabines de télémédecine, comme celle de la société H4D évoquée plus haut, sont de formidables outil d’accès à la santé dans des déserts médicaux ou pour des populations qui consultent peu. Mais elles ne pourront jamais se substituer aux médecins in situ. C’est ce qu’explique Pierre Faivre, en charge de la prévention à la SMEREP, qui a installé une cabine de ce type à son siège, pour les étudiants : « le but n’est pas de remplacer une consultation, mais c’est un premier pas vers la santé, un retour dans le cercle vertueux de la prévention et du parcours du soin ». Il ajoute : « Si après cela nos étudiants font au moins la démarche de demander conseil à un pharmacien plutôt qu’à Internet, c’est aussi un bon début ».

Compte tenu des potentialités des outils numériques, ce n’est en effet vraisemblablement que le début de la « santé connectée » pour la génération des Digital natives. Plusieurs secteurs de la santé se sont ainsi déjà emparés des outils à disposition. Le réseau d’audioprothésistes Audio 2000, appartenant au groupe Optic 2000, a par exemple lancé cette année une offre reposant sur le digital : une tablette tactile, dite A2000, est prêtée au patient pendant quelques semaines, durant lesquelles il peut évaluer son appareillage en temps réel dans différents environnements. Au volant, au cinéma ou au restaurant, le porteur peut noter en direct les performances de son appareil. Cela permet ensuite à l’audioprothésiste d’affiner les réglages de la prothèse auditive à partir de ces informations. « Grâce à cette innovation, le client bénéficiera d’un accompagnement et de conseils encore plus personnalisés », explique Anne Bourgeois, la directrice du réseau Audio 2000. Le digital est devenu source de services à valeur ajoutée, pour autant qu’il continue de reposer en parallèle sur l’expertise du professionnel de santé. Pour Audio 2000, les outils digitaux restent bien un moyen et non une fin : en dépit de performances et de fonctionnalités de plus en plus poussées, ils restent malgré tout incapables de substituer à l’expertise d’un audioprothésiste.

Le site deuxiemeavis.fr est une autre initiative intéressante en matière d’innovation digitale dans la santé : il fédère un réseau de 80 médecins référents sélectionnés, qui délivrent aux patients atteints de pathologies lourdes un second avis médical en moins de 7 jours, à partir de leur dossier. Une façon de lutter, grâce au web, contre les inégalités d’accès aux soins et à l’expertise, avec un site conçu pour s’intégrer dans le parcours de soin. Car finalement, comme le résume Dominique Noel, « la relation médecin-patient reste et restera au cœur de la pratique médicale » – même si elle est amenée à évoluer avec ces nouveaux outils.

La vente de produits de santé en ligne, autre tendance qui se dessine, doit aussi apprendre à concilier place du praticien et innovation technologique. Car les médicaments, ou les lunettes, désormais vendus en ligne sous certaines conditions, ne sont pas des produits comme les autres. Optic 2000, leader du secteur de l’optique, a choisi de mettre en place un site de vente en ligne qui permet de réserver les lunettes et de les essayer grâce à une application de visagisme… Mais le retrait et les réglages doivent se faire en magasin, auprès d’un opticien qualifié. « On ne peut pas se passer de l’opticien, qui est un professionnel de santé et pas un marchand de lunettes », explique Yves Guénin, le secrétaire général d’Optic 2000.

Car si la médecine de demain sera sans nul doute digitale, le professionnel de santé et sa relation avec le patient doivent rester au cœur du modèle pour garantir la qualité et l’efficacité des soins. Et cette médecine digitale devra aussi faire face à de nouveaux défis, comme celui de la sécurité des données personnelles, essentielle à l’heure du Big Data, ou encore de celui du traitement de ces données par les professionnels. Comme le souligne Benjamin Pitrat, directeur médical d’Ad Scientiam, il faudra « aider le praticien à ne pas être submergé par ces informations » … La révolution digitale de la santé ne pourra pas être qu’une affaire de technologies !

Nokia: de bonnes perspectives dans le domaine des équipements réseaux

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Pour cette année, Nokia entrevoit des perspectives de la reprise de la demande en équipements de réseaux pour la 4G. Cette dernière pourrait partir du Japon, comme l’a signalé son Directeur Général Rajeev Suri, sans omettre des séries de contrats avec plusieurs opérateurs selon lui toujours.

Une baisse du marché en vue, mais des opportunités certaines

Dimanche dernier, Nokia a rappelé qu’il fallait s’attendre à une baisse du marché mondial des réseaux mobiles d’au moins 2% cette année, mais que toutefois, des opportunités certaines pourraient s’offrir. C’est notamment le cas en Amérique du Nord, au Japon ou encore en Inde. Par la voix de son Directeur Général Suri, on a pu entendre : « Nous pensons que le marché mondial primaire sur lequel nous sommes actif connaitra encore une baisse cette année, lais que toutefois, ce sera beaucoup mieux que l’an dernier ».

Au cours de cette même conférence donnée avant l’ouverture du salon international Mobile World Congress (MWC) à Barcelone, en s’adressant à la presse, le Directeur Général de Nokia a également évoqué de nombreuses possibilités de rapprochement entre des opérateurs aux Etats-Unis et en Inde. Selon lui, « des rumeurs de fusion-acquisition entre opérateurs vont prendre de l’ampleur en Inde et aux USA cette année ». Il faut rappeler que Nokia et certains de ses concurrents comme Ericsson et Huawei ont connus bon nombres de difficultés.

De nombreux accord ont été déjà notés

Pour Nokia, beaucoup de marchés laissent apparaitre une espérance d’un retour en hausse de la demande. C’est le cas du Japon où les technologies 4G avancées laissent penser à des investissements conséquent dans le domaine. Toujours ce même dimanche, Nokia a indiqué qu’un accord avait été conclu pour une durée de trois ans avec l’espagnol Telefonica. Ce dernier porte sur l’établissement d’un réseau haut débit à Londres de 4, 5G. Avec ce contrat Nokia passerait devant Ericsson au Royaume-Uni dans ce secteur (équipementier).

D’autres coopérations avec Intel, fournisseur de semi-conducteurs, et Verizon Communications, doivent permettre la fourniture de service 5G sur plusieurs marchés américains comme Dallas par exemple. Pour certains analystes à l’instar de Georgios Kyriakopoulos de Suntrust, les investissements des opérateurs devraient stagner encore quelques temps. Aux Etats-Unis par contre, AT&T serait en attente de la décision des autorités en charge de la concurrence, pour son possible rachat de Times Warner, pour environ 85,4 milliards de dollars.