Incendies de maisons en bois : série noire en mars 2018

Mis en avant

Les trois premiers mois de l’année 2018 ont été marqués par des incendies aux quatre coins de la France, avec un pic effroyable au mois de mars. Véritable fuel de ces incendies, les maisons à ossature en bois montrent leurs limites. Tour de France des maisons parties en fumée. 

Le standard téléphonique des sapeurs-pompiers a dû saturer le mois dernier. Les maisons en flamme ont fait les choux gras des pages faits divers dans les quotidiens régionaux. Cela a commencé dans le département du Nord, à Odomez, à 3km de la frontière belge. Le 8 mars dernier vers 21h30, une maison de la cité Kuhlmann disparaît, engloutie par les flammes. Dépêchés sur place, les sapeurs-pompiers ont tout mis en œuvre, dans le froid de l’hiver, pour éviter la propagation de l’incendie aux maisons voisines. Les soldats du feu ont dû avoir une impression de déjà-vu. Cette même maison, situé rue de l’Escaut, avait déjà connu un début d’incendie en septembre dernier. Le sinistre s’était alors déclaré au niveau du box, à l’arrière de la maison, avant de se propager à la salle de bain. Les six membres de la famille avaient pu se mettre à l’abri, mais n’avaient pas réintégré leur logis depuis. Cette fois, les flammes ont tout emporté : la toiture et la charpente de bois sont parties en fumée. Vers 23h, les pompiers de la caserne de Vieux-Condé – épaulés par ceux de deux localités voisines – ont finalement réussi à maîtriser l’incendie, principalement pour protéger les deux habitations mitoyennes, sans toutefois parvenir à pénétrer dans la maison. La structure du bâtiment, constituée de planchers de bois, n’assurant aucune résistance.

Le lendemain, c’est la petite ville de Plerguer (en Ille-et-Vilaine), à 10km de Saint-Malo, qui a vu partir l’appentis en bois d’une maison, heureusement inoccupée à l’heure du drame. Ce sont les voisins qui ont composé le 18, pour alerter les pompiers à 8h30. Une demi-heure plus tard, l’incendie touchant cette demeure de la route des Landes était circonscrit sans avoir atteint la maison principale. L’appentis en bois, lui, a été réduit en cendres. Chaque année, la France enregistre environ 250000 départs de feu, soit un toutes les deux minutes. Près de 800 personnes meurent tous les ans dans des incendies domestiques.

Lundi 19, la semaine noire commence

La pire semaine du mois a débuté le lundi 19 mars. Ce jour-là, le village de Moineville (Meurthe-et-Moselle), à 15km de Metz, s’est réveillé en voyant une colonne de fumée noire s’élever dans le ciel, vers 9h30 du matin. L’enquête n’a pas déterminée pourquoi les flammes ont pris une ampleur incontrôlable dans le poêle, atteignant le plancher en bois entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Le couple de résidents, alerté par l’alarme incendie devenue obligatoire en France grâce à la loi Morange de 2010, a donc pu prévenir les sapeurs-pompiers. Dépêchés sur place en quelques minutes, ces derniers ont réussi à limiter le sinistre, mais les dégâts étaient impressionnants : le plancher en bois entre les deux étages a brûlé, la chambre des trois enfants (5, 6 et 7 ans) complètement calcinée, toutes les pièces noircies… La famille ne pourra pas réoccuper sa maison avant plusieurs mois. Heureusement, l’incendie ne s’est pas déclaré en pleine nuit, mais alors que les enfants étaient déjà partis pour l’école. Le pire a été évité.

Direction le Finistère à présent, dans la commune d’Irvillac, à 15km de Brest dans le Parc naturel régional d’Armorique. Nous sommes mardi 20 mars, il est 17h. Il fait très froid ce jour-là dans la résidence Park Nevez du bourg d’Irvillac, les habitants font tourner à plein régime la cheminée depuis la mi-journée. Quand une épaisse fumée commence à envahir la maison. L’un des occupants découvre alors de grandes flammes en train de lécher le conduit de cheminée. Près d’une vingtaine de sapeurs-pompiers est affectée sur le terrain, venant de Brest, de Landerneau, du Faou et de Sizun, à bord de trois camions porteurs de grande échelle. « Nous avons fait une percée dans la toiture pour évacuer les fumées chaudes des combles, raconte Alexandre Parnet, chef de groupe des pompiers, comme l’a rapporté le quotidien Le Télégramme. Sans notre intervention, tout risquait de brûler dans cette maison à ossature bois. Nous avons réussi à sauver trois-quarts de l’habitation. » La cheminée avait pourtant été ramonée deux semaines plus tôt.

La semaine se poursuit dans le Bas-Rhin, à 20km de Strasbourg. C’est dans le centre-ville de la commune de Wasselone que les pompiers ont combattu les flammes dans la nuit du 21 au 22 mars, de minuit à 4h du matin. L’incendie a pris entre deux immeubles et a rapidement progressé jusqu’aux combles de l’une des deux habitations. Au petit matin, des fumées noires continuaient de s’échapper de la charpente en bois. Les deux maisons adjacentes – heureusement inoccupées – ont également subi de lourds dommages. Quelques quarante-cinq pompiers et onze engins ont dû être mobilisés pour venir à bout de l’incendie.

Prenons maintenant la direction de Mazet-Saint-Voy en Haute-Loire, à 20km du Puy-en-Velay. Il est 13h, ce vendredi 23 mars, quand les pompiers reçoivent un appel de détresse du propriétaire d’une grande maison. Sur place, ils découvrent de gros nuages de fumée s’échapper de la toiture. Ils tentent de pénétrer dans le bâtiment, mais le sol en bois du premier étage s’effondre sur la cuisine située au rez-de-chaussée. Ils se rendent vite à l’évidence : il sera impossible de sauver la maison. Cité dans le numéro du lendemain dans le quotidien L’Eveil, le capitaine Chaussende des sapeurs-pompiers de la commune voisine du Monastier-sur-Gazeille se montrait résigné : « Nous n’avons pas pu accéder aux combles. Il appartiendra à la gendarmerie de déterminer l’origine de l’incendie. » Les premiers indices pointaient du doigt la chaudière à bois.

La nuit suivante enfin, dans les faubourgs de Montbéliard (Doubs) sur la commune de Seloncourt, le pire s’est produit. Un violent incendie a ravagé un pavillon, causant la mort d’un vieil homme de 89 ans à mobilité réduite, auquel son fils n’a pas pu apporter secours, lui-même légèrement brûlé et intoxiqué par les fumées. « Les flammes culminaient à plus de dix mètres de haut », a déclaré l’un des riverains, en pleine nuit. Trente-cinq pompiers ont été mobilisés sur le théâtre des opérations. En deux heures, les flammes ont tout emporté, ravageant complètement cette maison, tout de bois conçue.

Mars termine mal

La fin du mois de mars n’a pas dérogé à cette série noire. Jeudi 29 vers 11h, toujours dans le Doubs, le gîte rural du maire du village de Le Barboux est parti en fumée. Selon les gendarmes, la chaudière à bois serait là aussi responsable du sinistre qui a emporté la bâtisse. Heureusement, le chalet en bois était vide à l’heure du sinistre. « J’ai travaillé des années dans ce bâtiment pour le rendre agréable et fonctionnel, je suis anéanti », soupirait Dominique Rondot, le maire, devant l’ampleur des dégâts.

Dernier incendie de la longue liste du mois de mars 2018, celui de Saint-Uze dans la Drôme, à 30km au nord de Valence. Au petit matin du vendredi 30 mars, un feu de cheminée mal maîtrisé s’est propagé dans une chambre à coucher. Malgré la prompte intervention des pompiers, le premier étage et le toit de la maison ont été totalement emportés par le brasier. La vingtaine de pompiers a réussi à éviter le pire, les flammes menaçant plusieurs heures de se propager aux corps de bâtiment attenants.

La plupart de ces incendies concernent des maisons anciennes, dont les pièces de charpente en bois n’ont pas été traitées chimiquement par des produits ignifuges, comme elles devraient l’être. Mais des maisons plus récentes partent également en fumée, comme cela a été le cas en janvier dernier à Saubole, dans les Hautes-Pyrénées lorsqu’une maison ossature bois sur pilotis, construite il y a moins de dix ans, a été ravagée par un incendie, avivé par des vents violents. Heureusement, aucune victime à déplorer sur ce sinistre, les habitants ayant réussi à sortir par les fenêtres.

Les maisons doivent supporter le feu 15mn

Les normes françaises – en termes de résistance au feu – prennent en compte le type de bâtiment plutôt que les matériaux de construction. « Les bâtiments d’habitation sont classés en quatre familles, avec autant d’exigences de stabilité au feu des éléments porteurs verticaux et de degré coupe-feu des planchers et parois séparatives des logements, explique Stéphane Hameury, chef de projet de la mission bois et construction durable au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).  Pour les maisons individuelles à un étage sur rez-de-chaussée de la première famille, l’exigence est de 15 minutes sur les éléments porteurs verticaux. Elle est de 30 minutes pour les habitations collectives de la deuxième famille comportant au plus trois étages sur rez-de-chaussée. » La durée passe à une heure pour la troisième catégorie (plus de 28m de hauteur), et à 1h30 pour la dernière tranche (plus de 50m). Des délais très – voire trop – courts pour les maisons individuelles à ossature bois. La série noire pourrait donc continuer.

 

 

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Sécurité incendie : les enseignements du drame de la tour Grenfell

Après le terrible incendie de la tour Grenfell à Londres, les experts dénoncent les risques liés à l’utilisation d’isolants inflammables en façade et posent la question de la résistance au feu des structures des bâtiments, qui font de plus en plus appel à des matériaux combustibles.

Dans la nuit du 14 juin 2017, à Londres, le terrible incendie de la tour Grenfell, un immeuble de logements sociaux de 24 étages, cause la mort d’au moins 80 personnes. Le feu a démarré accidentellement d’un réfrigérateur dans un appartement du quatrième étage vers une heure du matin… Puis le bâtiment s’est embrasé comme une torche en moins de quinze minutes. Il était entièrement pris par les flammes au bout d’une demi-heure. L’intervention de quelque 200 pompiers, de 40 camions d’incendie et des deux plus grandes échelles d’Angleterre ne suffira pas à éviter le drame.

Les isolants au banc des accusés

Principaux accusés d’être responsables de la virulence et de la vitesse anormale de l’incendie : les panneaux d’isolation extérieure de la tour, composés de plaques de composite d’aluminium et de polyéthylène (plastique), et installés lors d’une rénovation de l’immeuble en 2016.

Même si des enquêtes sont en cours pour préciser les responsabilités de ce drame, les experts ont déjà livré leurs premières conclusions. Les matériaux de façades, en particulier le polyéthylène, étant très inflammables, le feu s’est étendu très vite sur l’axe vertical et les fumées chaudes au niveau des murs extérieurs ont accéléré sa propagation. L’aluminium, lui, fond dès 660 °C, une température largement dépassée lors d’un incendie de ce type. Quant à la lame d’air laissée entre les panneaux isolants et les parois du bâtiment (pour lutter contre l’humidité), elle a joué un rôle de cheminée, aspirant verticalement les gaz de combustion et propageant les flammes tout au long de la façade du bâtiment.

Selon les avertissements du fabricant lui-même, ce bardage composite d’aluminium et de polyéthylène était recommandé pour les immeubles de faible hauteur, inférieure à 10 mètres. Il n’était pas adapté à une tour de 67 mètres de haut. Il semble que ce soit des raisons d’économie qui aient guidé la décision d’opter pour ce revêtement bon marché, mais peu résistant au feu.

Ces plastiques, dérivés du pétrole, comme le polyéthylène, le polystyrène, le polyuréthane ou le polyisocyanurate, sont des matériaux performants pour l’isolation thermique mais sont aussi très inflammables… Et, lorsqu’ils brûlent, ils dégagent des fumées très toxiques, notamment du cyanure d’hydrogène. Un problème qui serait venu compliquer le travail des pompiers britanniques et aurait laissé peu de chances aux résidents de la tour Grenfell.

La sécurité incendie face aux nouvelles pratiques constructives

Dans le cadre d’une grande opération de vérification diligentée après la tragédie, le gouvernement britannique a déjà identifié 75 immeubles non conformes aux normes de sécurité et dotées d’un revêtement similaire composé de matériaux inflammables et présentant de grands risques de propagation rapide d’incendie par l’extérieur du bâtiment.

Un tel drame serait-il possible en France ? Commandé par le ministre de la Cohésion des territoires trois jours après l’incendie de la tour Grenfell, le rapport du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) a été rendu public le 17 juillet 2017 par Jacques Mézard. Le CSTB se veut rassurant pour les tours françaises comparables à celle de Londres. Il rappelle que les immeubles de grande hauteur (IGH), à partir de 50 m de haut, comprenant des logements, doivent être très compartimentés afin d’éviter la propagation des flammes et des fumées. Ils doivent aussi être équipés d’un dispositif de protection actif contre la propagation des flammes en façades, tel que des sprinklers. De plus, les isolants inflammables y sont interdits.

Mais ce rapport préliminaire du CSTB souligne également le besoin de renforcer les exigences de résultats de la réglementation incendie des bâtiments, en particulier ceux faisant l’objet de travaux de rénovation. Le rapport préconise également la réalisation d’un audit de sécurité incendie pour tous les immeubles de la 4e famille (entre 28 et 50 mètres de haut). Le ministre a d’ores et déjà commandé un rapport complémentaire visant en particulier à identifier les bâtiments « susceptibles de présenter des similitudes avec l’immeuble Grenfell en raison d’un recours à un isolant thermique semblable ».

De manière plus générale, le CSTB pointe également le décalage croissant entre le dispositif réglementaire en vigueur en matière de sécurité incendie et les nouvelles pratiques de construction, en neuf ou en réhabilitation. Augmentation de l’épaisseur des isolants (et donc de la charge combustible), isolation par l’extérieur pour éviter les ponts thermiques, étanchéité à l’air renforcée, diversification des matériaux… Les techniques évoluent pour se conformer à des exigences thermiques de plus en plus sévères. Dans une étude datant d’avant l’incendie de Londres, le Building Research Establishment, le centre national de recherche pour le bâtiment britannique, constatait également, de son côté, que les efforts d’innovation en terme d’isolation menées ces dernières années ont conduit à une « augmentation du volume de matériaux potentiellement combustibles » utilisés dans les bâtiments.

Matériaux à risques

Parmi les nouveaux risques identifiés, le rapport du CSTB évoque bien sûr le comportement au feu de certains isolants utilisés et la forte toxicité de leurs émanations gazeuses. Mais il pose aussi la question « du maintien dans le temps (durabilité) des performances de comportement au feu d’un matériau », alors que de nouveaux matériaux apparaissent sur le marché. La stabilité des structures est aussi abordée, à l’heure où celles-ci font de plus en plus appel à des matériaux combustibles comme le bois. Or, compte tenu de l’exemple récent fourni par la Californie, où des centaines d’habitations en bois sont parties en fumée suite à des incendies gigantesques, la pertinence du choix de ce matériau en construction se pose.  Le bois étant par ailleurs un isolant assez moyen, il fait de plus lui aussi appel à des matériaux isolants en grande quantité, avec tous les risques que cela suppose si les dits matériaux sont inflammables.

En effet, bien que tout soit mis en œuvre pour rassurer sur les qualités ignifuges de ce matériau, le bois brûle plus que l’acier, le béton ou la pierre. En tant que combustible, lors d’un incendie, le bois va donc nourrir le feu. Il s’enflamme entre 250 et 300°C, une température largement dépassée lors d’un incendie où le cœur du brasier peut dépasser les 1000°C. Si les matériaux utilisés pour les parois sont inflammables, ils vont contribuer au développement et à la propagation du feu… Et si la structure elle-même du bâtiment s’embrase, celui-ci risque simplement de s’effondrer.

Le code de la construction et de l’habitation prévoit ainsi une classification des matériaux en fonction de leur comportement en cas d’incendie. Deux critères sont appréciés : la réaction au feu, qui dépend de la capacité du matériau à alimenter le feu et à lui permettre de se développer, et la résistance au feu, qui correspond au temps pendant lequel les éléments de construction peuvent continuer à jouer leur rôle malgré l’action de l’incendie.

Malgré les progrès réalisés ces dernières années, notamment avec les bois ignifugés par traitement, ce matériau n’est donc pas sans risque du point de vue de la sécurité incendie et n’apporte pas les mêmes garanties que d’autres en matière de protection contre le feu. L’engouement actuel pour les constructions en bois ne tient pas vraiment compte de cette réalité d’un matériau qui, en dépit de tous les artifices techniques possibles, restera toujours un combustible.

Performance énergétique des bâtiments : solutions anciennes et nouvelles

L’arrêté du 3 mai 2007 concernant les critères de performance énergétique des bâtiments existants a été actualisé en 2017 et rentrera en vigueur au 1er janvier 2018. L’objectif est notamment l’installation de matériaux modernes aux performances énergétiques renforcées. L’idée centrale reste d’encourager voire d’imposer pour les constructions neuves des matériaux avec les meilleures performances énergétiques. 

Que dit le nouvel arrêté ?

Les ministères de l’Ecologie et de l’Environnement ont publié fin mars 2017, au Journal Officiel, l’arrêté actualisant la RT (Réglementation thermique) des bâtiments existants.  Selon le gouvernement de l’époque, la décision administrative visait à « accélérer l’atteinte de l’objectif de disposer d’un parc de bâtiments existants répondant aux standards BBC (Bâtiment basse consommation) à l’horizon 2050 (1) ».

En ce qui concerne l’isolation, le texte prévoit de relever les niveaux de performances énergétiques des matériaux installés ou remplacés (isolants, fenêtres et chaudières) tout en prenant en compte les différences de climat selon les zones géographique (arrêt du 13 juin 2008). En outre, l’arrêté, tout en se conformant aux normes européennes, prévoit un durcissement des exigences à compter du 1er janvier 2023.

L’enjeu de ce texte était également de renforcer la RT sans pour autant mettre à mal, par une ambition trop forte, le savoir-faire des maîtres d’œuvre. Aux dires des fédérations professionnelles comme la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) et la FFB (Fédération Française du Bâtiment), l’objectif semble être atteint puisque le dispositif est défini comme « un juste équilibre permettant d’améliorer la performance et la faisabilité technique et financière (2) ». Deux axes d’efforts retiennent l’attention ; les murs et les ouvrants. En première ligne, la filière béton et les fabricants de fenêtres et de portes concentrent donc logiquement les innovations.

Un béton aux performances énergétiques de plus en plus importantes

La filière béton n’a pas attendu les différents arrêtés en matière de RT pour innover et tenter de réduire l’empreinte énergétique des bâtiments. Depuis plus de 45 ans, la marque NF Béton prêt à l’emploi, certifiée par l’AFNOR et partagée par ¾ des centrales à bétons garantit la conformité du produit aux normes définies. La norme NF EN 206/ CN par exemple, garantit la résistance ou encore la consistance du produit. Récemment (en septembre 2016), des exigences complémentaires ont été ajoutées concernant la conductivité thermique des bétons permettant une meilleure performance globale des bâtiments.

L’architecte Pierre Tourre, spécialisé dans les constructions en béton, a notamment réalisé le lycée Victor Hugo de Lunel. Certifié HQE, le bâtiment est d’après lui, « une construction durable […] cette simplicité, cette architecture soft tech, garantit : la pérennité du bâtiment, la constance des performances (énergétiques, lumière naturelle, consommation, etc.,) (3) ». De plus, l’inertie thermique du béton, c’est-à-dire sa capacité à absorber de la chaleur ou de la fraicheur et à la restituer petit à petit est qualifiée de lourde voire de très lourde par les règles Th-I RT2012. Cette caractéristique permet, sans climatisation, de profiter de températures moyennes.  Concernant le lycée de Lunel, grâce à des ventilateurs installés dans une galerie souterraine qui brassent de l’air, pour une consommation énergétique globalement très faible, la température des salles avoisine déjà les normes tolérées selon les saisons : 15 °C au lieu de 4 à 5 °C en hiver et aux alentours de 20 °C l’été plutôt que 35 °C.

Portes et fenêtres : saut qualitatif en vue

Le double-vitrage a longtemps constitué la panacée de la technologie des fenêtres. Plus aujourd’hui : travail sur le verre, les châssis, les systèmes de fermeture… Le nouvel arrêté impose une hausse des exigences pour les parois vitrées ainsi que pour les portes de maisons individuelles, les vérandas et les verrières. En outre, selon Jean-Luc Marchand, délégué du SNFA, « [ce texte] fixe des exigences de moyens pour chaque élément, de manière notamment à interdire l’entrée sur le marché de produits qui n’aurait pas d’assez bonnes performances (5) ». Concrètement, le texte dispose que les fenêtres de surface inférieure à 0,5 mètres carrés doivent être munies d’un vitrage dont le coefficient Ug est inférieur à 1,5W/m2K, de façon à favoriser des produits avec de faibles déperditions de chaleur. Concernant les fenêtres de toit devant être installées ou remplacées, elles doivent désormais bénéficier de protections solaires mobiles.

Ces évolutions réglementaires amènent les constructeurs à innover. C’est le cas par exemple de Vinci Construction et Sunspartner Technologies qui ont lancé la fenêtre connectée Horizon. D’après le journal en ligne batiweb.com, cette dernière « prend la forme d’une vitre opacifiante, permettant une réduction d’énergie pouvant aller jusqu’à 30% (6) ». De plus, comme l’expliquent les deux partenaires, cette fenêtre est « dotée de panneaux photovoltaïques transparents », permettant de stocker de l’électricité. Selon Ludovic Deblois, « un boîtier électronique permet de connecter la vitre à la gestion technique du bâtiment, mais aussi d’intégrer des capteurs qui vont permettre d’avoir de l’intelligence sur la fenêtre ».

Cette innovation à la pointe de la performance énergétique a déjà convaincu nombre d’architectes, dont le dessinateur du nouveau siège social de… Vinci, qui compte bien faire de son siège une vitrine, dans tous les sens du terme, de sa technologie.

  1. https://www.actu-environnement.com/ae/news/rt-batiments-existants-28722.php4
  2. http://www.lemoniteur.fr/article/la-reglementation-thermique-par-element-fait-des-vagues-34352032
  3. Ingénierie territoriale, le béton dans tous ses états, novembre 2016, page 16
  4. Ingénierie territoriale, le béton dans tous ses états, novembre 2016, page 17
  5. http://www.batiactu.com/edito/zdzd-48591.php
  6. http://www.batiweb.com/actualites/nouveaux-produits-du-btp/vinci-construction-et-sunpartner-technologies-lancent-la-fenetre-connectee-horizon-06-12-2016-29509.html

 

Comment le digital va révolutionner l’offre de santé

Le secteur de la e-santé est en plein développement : applis dédiées, objets connectés, Big Data, télémédecine… La santé n’échappe pas à la révolution digitale. Mais elle reste un secteur à part, où doivent prévaloir qualité, éthique et relation avec le praticien.

Le boom des innovations

A Roanne, une cabine de télémédecine vient d’être installée dans une pharmacie. Conçue et développée par la société H4D, elle permet au patient d’être pesé, mesuré, et de relever un certain nombre d’indicateurs (tension, pouls…), de façon automatique. Il existe désormais aussi des robots médicaux : la société américaine Medrobotics par exemple a conçu le Flex Robotic System, équipé d’une caméra haute définition capable de guider le chirurgien (humain) dans le corps du patient.

Les objets connectés ont eux aussi largement investi le champ de la santé. La société française Withings en a fait sa spécialité, et développe et commercialise des montres, balances ou thermomètres connectés. Le principe : un appareil relève chez l’utilisateur un certain nombre de constantes (données cardiovasculaires par exemple), et transmet ces données à un smartphone ou une tablette. Elles sont alors agrégées, puis consultables et analysables, par l’utilisateur… ou un professionnel de santé. D’autres innovations reposent sur l’intelligence artificielle : la société DreamQuark par exemple a développé un algorithme de reconnaissance d’image pour détecter la rétinopathie diabétique, à partir de la photo d’un fond d’œil.

La révolution digitale dans le secteur de la santé est donc clairement en marche, et on peut gager qu’elle n’en est qu’à ses prémices. C’est à n’en pas douter une excellente chose : il s’agit d’un apport formidable pour la qualité des soins et le suivi des patients. Comme l’affirme Dominique Noel, présidente du Festival de la Communication Santé, « les applications et l’e-santé jouent un rôle crucial pour la prévention, les services à domicile et le suivi des maladies chroniques ». A condition toutefois que ces innovations ne fassent pas oublier la place centrale des praticiens de santé.

Derrière le digital… Maintenir l’accompagnement

Car la santé, en dépit des aspects commerciaux inhérents à des praticiens comme les pharmaciens, n’est pas un secteur d’activité comme les autres. Les cabines de télémédecine, comme celle de la société H4D évoquée plus haut, sont de formidables outil d’accès à la santé dans des déserts médicaux ou pour des populations qui consultent peu. Mais elles ne pourront jamais se substituer aux médecins in situ. C’est ce qu’explique Pierre Faivre, en charge de la prévention à la SMEREP, qui a installé une cabine de ce type à son siège, pour les étudiants : « le but n’est pas de remplacer une consultation, mais c’est un premier pas vers la santé, un retour dans le cercle vertueux de la prévention et du parcours du soin ». Il ajoute : « Si après cela nos étudiants font au moins la démarche de demander conseil à un pharmacien plutôt qu’à Internet, c’est aussi un bon début ».

Compte tenu des potentialités des outils numériques, ce n’est en effet vraisemblablement que le début de la « santé connectée » pour la génération des Digital natives. Plusieurs secteurs de la santé se sont ainsi déjà emparés des outils à disposition. Le réseau d’audioprothésistes Audio 2000, appartenant au groupe Optic 2000, a par exemple lancé cette année une offre reposant sur le digital : une tablette tactile, dite A2000, est prêtée au patient pendant quelques semaines, durant lesquelles il peut évaluer son appareillage en temps réel dans différents environnements. Au volant, au cinéma ou au restaurant, le porteur peut noter en direct les performances de son appareil. Cela permet ensuite à l’audioprothésiste d’affiner les réglages de la prothèse auditive à partir de ces informations. « Grâce à cette innovation, le client bénéficiera d’un accompagnement et de conseils encore plus personnalisés », explique Anne Bourgeois, la directrice du réseau Audio 2000. Le digital est devenu source de services à valeur ajoutée, pour autant qu’il continue de reposer en parallèle sur l’expertise du professionnel de santé. Pour Audio 2000, les outils digitaux restent bien un moyen et non une fin : en dépit de performances et de fonctionnalités de plus en plus poussées, ils restent malgré tout incapables de substituer à l’expertise d’un audioprothésiste.

Le site deuxiemeavis.fr est une autre initiative intéressante en matière d’innovation digitale dans la santé : il fédère un réseau de 80 médecins référents sélectionnés, qui délivrent aux patients atteints de pathologies lourdes un second avis médical en moins de 7 jours, à partir de leur dossier. Une façon de lutter, grâce au web, contre les inégalités d’accès aux soins et à l’expertise, avec un site conçu pour s’intégrer dans le parcours de soin. Car finalement, comme le résume Dominique Noel, « la relation médecin-patient reste et restera au cœur de la pratique médicale » – même si elle est amenée à évoluer avec ces nouveaux outils.

La vente de produits de santé en ligne, autre tendance qui se dessine, doit aussi apprendre à concilier place du praticien et innovation technologique. Car les médicaments, ou les lunettes, désormais vendus en ligne sous certaines conditions, ne sont pas des produits comme les autres. Optic 2000, leader du secteur de l’optique, a choisi de mettre en place un site de vente en ligne qui permet de réserver les lunettes et de les essayer grâce à une application de visagisme… Mais le retrait et les réglages doivent se faire en magasin, auprès d’un opticien qualifié. « On ne peut pas se passer de l’opticien, qui est un professionnel de santé et pas un marchand de lunettes », explique Yves Guénin, le secrétaire général d’Optic 2000.

Car si la médecine de demain sera sans nul doute digitale, le professionnel de santé et sa relation avec le patient doivent rester au cœur du modèle pour garantir la qualité et l’efficacité des soins. Et cette médecine digitale devra aussi faire face à de nouveaux défis, comme celui de la sécurité des données personnelles, essentielle à l’heure du Big Data, ou encore de celui du traitement de ces données par les professionnels. Comme le souligne Benjamin Pitrat, directeur médical d’Ad Scientiam, il faudra « aider le praticien à ne pas être submergé par ces informations » … La révolution digitale de la santé ne pourra pas être qu’une affaire de technologies !

La BEI finance la start-up Qwant à hauteur de 25 M€

QwantLe moteur Qwant, alternative franco-allemande à Google, a annoncé avoir bénéficié d’un investissement de la Banque européenne d’investissement (BEI) qui soutient la start-up à hauteur de 25 millions d’euros.

Participer activement au développement du marché européen du numérique est le souhait de la Banque de l’Union européenne, face à un secteur très concurrentiel dominé par les géants de l’Internet, et à l’internationalisation des pratiques du numérique. Jeune entreprise dynamique et innovante, Qwant s’est imposé depuis 2013 comme l’un des futurs leaders européens du numérique avec le lancement en 2013 d’un moteur de recherche doté d’une méthodologie de recherche Internet adaptée aux besoins de ses utilisateurs européens. Qwant est en effet un moteur de recherche qui indexe, contextualise et classe les contenus du web, réseaux sociaux inclus, de façon à donner à ses utilisateurs une vision plus large des réponses à leurs requêtes. Le moteur s’engage sur des valeurs européennes essentielles : le respect de la vie privée des utilisateurs, l’anonymisation des requêtes, la neutralité des résultats. La vocation immédiate de Qwant est de présenter une alternative européenne crédible et fluide dans le domaine de la recherche sur internet.

Aux Etats-Unis, l’anti-Google, c’est DuckDuckGo. Le moteur de recherche s’engage en effet à ne pas pratiquer de tracking et à ne collecter aucune donnée personnelle. Et pourtant, il réalise déjà des profits. Le site PresseCitron explique en effet que «  Le moteur de recherche DuckDuckGo a été créé en 2008. Et pendant des années, tout le monde ignorait son existence. Mais lorsqu’Edward Snowden a commencé à révéler les dessous de la surveillance massive qui était menée par la NSA et les agences de renseignement des pays alliés des Etats-Unis, le trafic de DuckDuckGo a connu un bond exceptionnel. » Et ajoute :  » A l’origine, Gabriel Weinberg, le PDG, a créé DuckDuckGo dans le but de proposer des résultats de recherche différents de ceux de Google. Mais après les premières révélations de Snowden, celui-ci s’est fait remarquer parce que contrairement à Google, il pratique le zero tracking, c’est-à-dire qu’il « ne vous espionne pas ». Et actuellement, DuckDuckGo, ce n’est pas moins de 10 millions de requêtes par jour. Cette année, le site pourrait même totaliser 3 milliards de requêtes. »

Le Financement de la BEI s’inscrit dans le cadre de l’initiative Horizon 2020 et notamment du Programme « InnovFin – financement européen de l’innovation » qui offre des produits sur mesure pour le financement de projets de recherche et d’innovation (R-I), menés par des entreprises de petite, moyenne et grande dimension et par les promoteurs d’infrastructures de recherche.

Numérique : Comment réguler une économie sans frontières ?

Economie numériqueFrance Stratégie publie une note qui propose la construction d’un écosystème numérique sans frontières, dans le prolongement du rapport Enderlein & Pisani-Ferry et des déclarations de leur gouvernement respectif, la France et l’Allemagne.

La France et l’Allemagne pourraient être les fers de lance d’un marché unique européen du numérique qui permette aux entreprises européennes d’atteindre un rang mondial. Les auteurs du rapport appellent en ce sens à la construction d’un écosystème numérique sans frontières. La note publiée par France Stratégie détaille et prolonge cette proposition autour de quatre axes prioritaires.

La régulation des plateformes
Il convient de renforcer la position franco-allemande pour s’assurer que les positions dominantes actuelles acquises par les entreprises américaines restent contestables et que les principes de libre concurrence soient respectés (non-discrimination des fournisseurs de contenus, loyauté quant aux contenus affichés, accès libre des utilisateurs aux contenus de leur choix). Ce renforcement permettrait de dépasser les dissensions existantes au sein de l’UE et d’éviter le recours à une règlementation unilatérale contreproductive. L’exemple de l’Espagne est assez parlant : le service Google News a été suspendu lorsque le gouvernement a instauré un mécanisme de rémunération des sociétés de presse.

La fiscalité
L’Europe doit esquisser une fiscalité intégrée des entreprises du numérique pour effacer les effets délétères de l’optimisation fiscale. L’intégration fiscale consisterait en la mesure du profit des entreprises numériques au niveau européen et sa répartition entre les États membres au prorata de l’activité de l’entreprise. Mettre en oeuvre une telle solution impliquerait de définir les clés de répartition à l’échelle nationale du profit évalué au niveau européen. Une règlementation européenne serait nécessaire pour mettre à disposition des autorités fiscales les données pertinentes sur l’activité des plateformes (nombre d’utilisateurs, volume de données collectées ou encore dépenses publicitaires des annonceurs).
Le calcul du profit au niveau européen et sa répartition par pays ne seront réellement efficaces que s’ils s’accompagnent de l’instauration d’un taux unique d’imposition des profits sur la part du profit alloué à chaque pays au sein de l’Union européenne.

L’économie de la donnée
L’exploitation des données personnelles est au coeur de la création de valeur de l’économie numérique. Les questions d’accès et d’appropriation sont centrales. Il est donc nécessaire d’avoir une approche commune des données d’intérêt général qui seraient ouvertes et publiées dans un format commun (open data) pour améliorer l’efficacité et la transparence de l’action publique.

La politique de libre accès aux travaux scientifiques, actuellement en place en Allemagne et envisagée en France pour les publications financées principalement sur fonds publics, doit être étendue pour accélérer la diffusion des connaissances.

Enfin, il s’agit de poser un cadre de protection des données personnelles et de définir, dans ce cadre, un protocole d’échange, d’interopérabilité et de portabilité des données facilitant leur circulation. Le droit à l’autodétermination informationnelle, envisagé dans le projet de loi Lemaire, va dans ce sens.

L’Internet des objets
La France est parmi les plus avancés tant au niveau de l’écosystème numérique (électronique, informatique, design, finance) que de celui des acteurs institutionnels (plan « objets connectés » dans le cadre de l’Industrie du futur, cité connectée à Angers, French Tech, BPI France). Mais l’Europe doit rattraper son retard en matière de standardisation pour permettre aux entreprises européennes d’atteindre un rang mondial. Il s’agit donc de veiller à un degré d’ouverture suffisant des standards dominants et de réduire le nombre de standards susceptibles de faire l’objet d’un soutien public en Europe en cas de risque de fragmentation des marchés.

Téléchargez la note d’analyse Le numérique. Comment réguler une économie sans frontières ? sur notre site internet.

Des entreprises toujours plus interconnectées

interconnexionDe plus en plus d’entreprises éprouvent le besoin d’être interconnectées, du fait de l’essor du cloud, du « big data » et de l’Internet des objets. Encore faut-il qu’elles disposent d’applis et de données partagées.

Un récent article paru dans La Tribune explique que le phénomène d’interconnexion est lié à la nécessité de récupération et de partage de données : « Si, par le passé, les sociétés étaient simplement habituées à n’avoir que des relations avec leurs fournisseurs ou leurs clients, elles sont désormais contraintes de s’ouvrir pour récupérer et partager des informations avec des acteurs nouveaux. C’est par exemple le cas de tous les grands groupes qui collaborent avec des startups pour développer des business innovants. Ou encore des entreprises qui décident de se diversifier dans des secteurs parfois éloignés de leurs cœur de métier, mais où le digital leur offre des opportunités. Depuis plusieurs années, Orange s’attaque au monde de la banque. Ce lundi, l’opérateur télécoms, qui s’est allié avec Visa, a dévoilé Orange Cash, une solution de paiement sans contact sur smartphone. »

Or, selon une étude mondiale menée par Equinix sur l’entreprise interconnectée, l’infrastructure informatique traditionnelle des entreprises n’est pas conçue pour faire face à l’ère de l’interconnexion. En conséquence, les entreprises passent à l’action et c’est une véritable course à l’interconnexion qui s’opère. En France, 76% des entreprises veulent s’interconnecter d’ici 2017. 82% des entreprises françaises connaissent la notion et 96% comprennent son importance pour rester dans la course. En outre, 84% des entreprises françaises vont déployer une interconnexion multi-cloud au cours des 5 prochaines années.

Les principales tendances sont la cybersécurité, la souveraineté des données, les déploiements cloud et cloud hybride ainsi que la durabilité. Les principaux obstacles sont les coûts d’évolutivité, la disponibilité des systèmes, la disponibilitié/maturité cloud ou mobile ainsi que les vulnérabilités d’accès cloud ou mobile. « Les applications, employés et données passent rapidement à l’extérieur des frontières traditionnelles du datacentre, mais la demande en faveur une expérience sécurisée, sans accroc et haute performance est plus forte que jamais. Il est impossible de répondre à ces attentes sans un niveau d’interconnexion tout simplement inaccessible uniquement sur l’Internet public. » indique dans l’étude Lance Weaver, directeur technique des solutions cloud, GE. Jim Davis, analyste, The 451 Group prévoit quant à lui que « Face à la recrudescence des services dépendant de la vitesse et de la fiabilité des réseaux, et dans le contexte actuel de prolifération des contenus, nous sommes convaincus que la demande en matière d’installations d’interconnexion va continuer à augmenter, en particulier au niveau mondial et dans les marchés en dehors du top 10 aux États-Unis. »

Télécharger l’étude « The Enterprise of the Future : Unleashing the Interconnected Enterprise »

Colas dévoile Wattway, la route solaire

WattwayFruit de cinq années de R&D en partenariat entre le spécialiste des infrastructures de transport et l’Institut National de l’Energie Solaire, cette innovation majeure donne à la route une nouvelle fonction de production d’énergie renouvelable.

Wattway est un concept de revêtement routier photovoltaïque constitué de dalles qui comprennent des cellules photovoltaïques enrobées dans un substrat multicouche. Ces cellules captent l’énergie solaire au travers d’une très fine feuille de silicium polycristallin permettant de produire de l’électricité. Connectées à un boîtier latéral en sous-face intégrant les composants de sûreté électrique, les dalles sont adaptables aux routes du monde entier et capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds. Très fines (quelques millimètres d’épaisseur) et pourtant résistantes, antidérapantes, conçues pour durer, les dalles Wattway sont posées et collées directement sur la chaussée, sans travaux de génie civil. Le procédé Wattway utilise les infrastructures déjà existantes : pas besoin de détruire pour reconstruire.

Cette innovation introduit une rupture majeure en conférant à la route une nouvelle fonction de production locale d’énergie propre et renouvelable, en complément de son usage traditionnel de support de la mobilité. Wattway permettra ainsi d’alimenter l’éclairage public, les enseignes lumineuses, les tramways, mais aussi les logements, les bureaux, etc. Par exemple, 20 m² de chaussée Wattway suffisent à approvisionner un foyer en électricité (hors chauffage), et, grâce à 1 km linéaire de route équipée de dalles Wattway, il est possible d’éclairer une ville de 5 000 habitants (sources ADEME).

Dès lors que la route produit de l’électricité, elle est connectée. Le développement massif de capteurs permet d’avoir en temps réel des informations sur l’état du trafic, de gérer celui-ci de façon dynamique et de mettre en place des systèmes d’autodiagnostic de la chaussée, dans une perspective de route intelligente et communicante. On peut imaginer également un rechargement des véhicules électriques par le biais de la technologie de l’induction. Wattway est proposé aujourd’hui pour des sites pilotes, à des partenaires publics (collectivités locales) et privés (entreprises) souhaitant participer au lancement de cette innovation dans le cadre de la politique de transition énergétique.

Wattway adresse deux marchés clés : dans les zones urbaines, où les enjeux de transition énergétique et de « smart cities » sont forts. Cette technologie solaire apporterait une énergie renouvelable au plus près des lieux où la consommation d’électricité est la plus élevée et où la demande est en croissance constante. Le second marché, ce sont les régions isolées, où la faible densité de population rend les coûts de raccordement au réseau électrique prohibitifs. La route solaire Wattway permettrait de créer des infrastructures de production d’énergie locales et pérennes en circuit court.

Amelia, agent cognitif d’IPsoft

AmeliaIPsoft a annoncé aujourd’hui la version 2.0 d’Amelia, sa plateforme d’intelligence artificielle qui automatise les tâches cognitives d’un vaste éventail de fonctions commerciales. Les nouvelles mises à jour rapprochent Amelia des capacités cognitives humaines.

Les capacités cognitives de base d’Amelia étendront la palette de rôles qu’elle peut jouer et l’ampleur des connaissances qu’elle peut absorber. Parallèlement, son apparence physique et son expressivité ont été transformées afin d’en faire un avatar plus humain, capable de renforcer l’engagement avec les clients. Sa nouvelle forme animée a été entièrement remaniée, fondée sur celle d’une personne véritable.

« Nous approchons rapidement le moment où la technologie arrive aux portes de Turing, où l’intelligence des machines commence à atteindre l’intelligence humaine. Amelia sera la pionnière de cette évolution, nous invitant à évaluer de nouveau la relation entre l’humain et la machine afin de créer une planète plus efficace. » a déclaré Chetan Dube, directeur général d’IPsoft.

La version 2.0 d’Amelia propose des améliorations en matière de compréhension de la gestion du dialogue et d’engagement émotionnel grâce aux développements technologiques suivants :

Mémoire : La mémoire déclarative d’Amelia est maintenant composée d’une mémoire épisodique et d’une mémoire sémantique, exactement la manière dont la mémoire humaine est organisée. Chez les humains, la mémoire sémantique active les cortex frontal et temporal, tandis que l’activité associée à la mémoire épisodique se situe principalement dans l’hippocampe. De même, la mémoire épisodique d’Amelia lui donne un aperçu cognitif de diverses expériences et d’événements dans le temps sous une forme autobiographique séquentielle. Sa mémoire sémantique lui offre un dossier structuré des faits, des significations, des concepts et des connaissances du monde du client. La combinaison de ces deux mémoires fait qu’Amelia peut dialoguer de manière naturelle, sans être limitée par des flux statiques.

Compréhension contextuelle : Les concepts et les idées du cerveau humain sont liés de manière sémantique ; penser au sujet de quelque chose ou déclencher un jeu de neurones dans la tête prépare les autres qui y sont associées, et il est plus probable qu’elles se déclenchent ensuite à l’avenir. Ceci permet le questionnement localisé du cerveau humain comparativement aux recherches typiques fondées sur des algorithmes qui analysent toutes les données avant d’essayer de calculer une réponse. Amelia imite ceci afin qu’elle puisse obtenir de l’information rapidement et de manière fiable à partir d’un jeu de connaissances étendu et complexifié.

Réactivité émotionnelle : De plus en plus, les recherches démontrent qu’une meilleure expérience client est directement associée à l’empathie démontrée par l’agent tout au long de leur interaction. Outre son quotient émotionnel (QE), Amelia possède maintenant un vecteur de l’humeur et de la personnalité dans un espace émotionnel 3D. Ceci lui permet de tenir compte de chaque interaction avec le client et d’adapter ses réponses en conséquence, afin d’offrir un service personnalisé à chaque client.

Palmarès du concours d’innovation de Valeo : la voiture de 2030

ValeoL’équipementier automobile a dévoilé la semaine dernière les résultats de son concours international dédié à l’innovation. Pour la deuxième année consécutive, Valeo a demandé aux élèves ingénieurs et étudiants du monde entier de devenir acteurs de l’innovation automobile en imaginant l’équipement qui rendrait, entre aujourd’hui et 2030, la voiture plus intelligente et plus intuitive.

1 324 équipes, soit près de 40% de plus que l’an passé, issues de 89 pays, se sont inscrites pour inventer et développer des solutions audacieuses et révolutionnaires pour l’automobile de 2030. Les experts de Valeo ont examiné de très nombreux projets, principalement dans le domaine de l’aide à la conduite, de la conduite autonome et de la sécurité. Les élèves ingénieurs se sont emparés de toutes les opportunités créées par les technologies numériques pour les adapter à l’automobile et renforcer ainsi la sécurité à bord des véhicules qui deviennent de plus en plus autonomes.

Un jury, constitué de personnalités éminentes du monde scientifique ainsi que de membres du groupe Valeo, présidé par Jacques Aschenbroich, directeur général du Groupe, a distingué aujourd’hui les trois équipes lauréates. Le premier prix a été décerné à l’équipe chinoise, « Falcon View » de Peking University, qui propose d’améliorer le système de détection de l’environnement des véhicules autonomes en remplaçant les lasers par un système plus économique. L’équipe présente une innovation basée sur des caméras embarquées dans les roues du véhicule. Deux équipes remportent la deuxième place ex aequo : L’équipe allemande « Auto Gen Z » de l’Universität des Saarlandes qui expose un système connecté renforçant la sécurité routière, en combinant les trois rétroviseurs d’un véhicule en un seul écran large accessible d’un seul coup d’oeil. L’innovation inclue également un système d’alerte en cas de danger proche. L’équipe indienne « M.A.D » de Sri Aurobindo International Center of Education à Pondichéry a également présenté un système connecté renforçant la sécurité routière. En se basant sur la navigation satellite, la technologie alerte le conducteur en temps réel d’un danger imminent afin d’éviter les collisions sur les routes.

L’équipe grande gagnante s’est vue remettre la somme de 100 000 euros. Les deux équipes arrivées en deuxième position ont, quant à elles, reçu une dotation de 10 000 euros chacune. A l’issue de cette cérémonie, Valeo a donné le coup d’envoi de la troisième édition qui récompensera non seulement l’innovation technologique mais également l’idée présentant de nouveaux modes d’utilisation de la voiture. Pour chacune de ces deux catégories, l’équipe vainqueur recevra 100 000€. Dorénavant, tous les étudiants, sans distinction de spécialité, peuvent s’inscrire dès maintenant sur le site internet dédié au concours.

Pour plus d’information : https://valeoinnovationchallenge.valeo.com/