Innovation : Les échecs vertueux

flops innovationLe Journal du CNRS consacre un article à une base de données sur les flops dans l’innovation, c’est à dire les produits « tombés dans les oubliettes de l’histoire » mais qui parfois réapparaissent.

Bi-Bop, Visiophone, sous-vêtements jetables, Mini-Disk, Google Glass… Les exemples de flops sont nombreux dans l’histoire de l’innovation technologique. Pourtant, selon Bernard Darras, sémioticien au sein de l’institut Acte, impliqué dans le projet « Archéologie des innovations abandonnées, délaissées ou résurgentes », soutenu par le CNRS, « Ces phénomènes sont la base même de la création ». Et il ajoute : « Il est d’ailleurs admis, dans le milieu industriel, que de sept à neuf innovations sur dix sont des échecs. Le ou les produits qui survivent financent le développement des autres. »

Dans cette base de données des flops, les produits sont décrits précisément grâce à des éléments historiques, des photos, des films et des analyses produites par des ingénieurs et des chercheurs. L’objectif affiché est de « donner aux innovateurs de tout poil une lecture décomplexée de l’échec. »

En effet, on qualifie souvent d’échec un produit qui n’a en fait pas trouvé son public mais qui, ressorti et transformé quelques années plus tard, connaitra enfin le succès. L’article explique que  » avoir raison trop tôt, c’est avoir tort : la maxime fleurit sur tous les forums d’entrepreneurs, à coup d’exemples édifiants, tel le Newton d’Apple, assistant personnel numérique lancé en 1993, retiré en 1998 sous les railleries, avant de réapparaître en 2007 en version très améliorée sous le nom culte de… iPhone. « Apple a su associer design soigné et marketing efficace avec des technologies émergentes (fourniture de contenus, d’applications, etc.) pour revenir sur un marché qu’il a créé de toutes pièces », commente Norbert Hillaire. Dans un registre proche figure aussi un exemple emblématique de flop tricolore : le fameux Bi-Bop ou cabine téléphonique portative, tributaire de son trop ténu réseau de bornes-relais marquées par un autocollant rayé bleu, vert et blanc, dont quelques vestiges hantent encore les rues de Paris. Lancé par France-Télécom en 1991, il fut définitivement enterré par les mobiles GSM en 1997. »

D’ailleurs, les Google Glass, abandonnées en janvier 2015 en raison de leur prix trop élevé et de la réticence du public devraient, si l’on en croit le Wall Street Journal, réapparaitre dès la fin 2015.

Bernard Darras croit dans la notion de sérendipité par rapport à l’innovation car c’est elle « qui a permis en 1928 à Alexander Flemming de découvrir la pénicilline dans une préparation ratée. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’en Chine on refait systématiquement toutes les expériences de science, au cas où on serait passé à côté de quelque chose ! »

Lire l’article : Les flops de l’innovation

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