Les entreprises françaises et l’innovation ouverte

Innovation OuverteMoins d’un quart des entreprises françaises sont « matures » en termes d’innovation ouverte indique le premier baromètre du Medef réalisé avec Arthur D.Little et Bluenove consacré à ce concept très porteur.

Le Medef indique clairement que « Outre les problématiques de coût du travail, de fiscalité et de simplification, la compétitivité et le retour à l’emploi dépendent de la capacité des entreprises à s’organiser et à tirer le meilleur parti de leur environnement ». Et l’innovation ouverte est l’une des pistes les plus prometteuses pour y parvenir.

Le concept d’innovation ouverte n’est pas neuf. L’Open Innovation date des années 2000, terme promu par Henry Chesbrough, professeur et directeur du Center for Open Innovation à l’Université de Berkeley en Californie. Ce mode d’innovation est basé sur le partage et la coopération entre entreprises, tout en étant compatible avec une économie de marché via les brevets et licences. Elle permet également d’avoir une démarche éthique et solidaire en partageant des savoirs et des savoir-faire, c’est le cas de l’utilisation des licences libres (logiciels…), démarche largement facilité par l’avènement d’Internet et des réseaux sociaux. Toutes les parties prenantes de l’entreprise sont concernées : clients, fournisseurs mais aussi partenaires tels qu’écoles et universités et bien-sûr tous les services de l’entreprise (pas uniquement la R&D). L’innovation ouverte a d’ailleurs largement contribué au succès des entreprises de la Sillicon Valley.

Pour toutes ces raisons, le Medef souhaite promouvoir l’innovation ouverte en entreprise et a créé un comité dédié en interne. Son premier baromètre fait le point sur les pratiques actuelles et les freins que rencontrent les entreprises françaises. L’échantillon d’une centaine d’entreprises montre que seules 24% d’entre elles sont considérées comme « matures » sur le sujet. Autre renseignement intéressant, le fait qu’elles font prioritairement appel à leurs employés, aux université (et centres de recherche) et à leurs clients avant de s’adresser à des start ups ou à des fournisseurs. Et sans surprise, le frein principal à l’innovation ouverte est la peur de perdre la propriété intellectuelle des innovations. Vient ensuite le fait que l’innovation ouverte est éloigné de la culture de l’entreprise. Un deuxième baromètre est prévu pour décembre 2015 et entre temps, le Medef organisera des tables rondes pour « ancrer la culture de l’innovation ouverte » auprès de ses adhérents. Enfin, un article des Echos rappelle que « Le taux d’échec des collaborations d’innovation est à rapprocher de celui des alliances stratégiques, et s’inscrit dans une fourchette allant de 30% à 70%. »

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