Faible croissance et manque d’innovation

CroissanceLe Monde, dans son édition du 1er septembre, consacre un long article à l’innovation, article intitulé « Le manque d’innovation menace la croissance »

Le contexte de cet article, c’est le rapport que la Conseil d’Analyse Economique (CAE) va remettre au premier ministre sur « le déclin de la productivité et ses effets possibles sur les économies de nos sociétés vieillissantes. » Ce rapport qui, d’après l’auteure de l’article, risque d’être explosif, plombe encore un peu plus l’ambiance européenne où croissance et emploi sont en berne. Il a été écrit par 3 experts : Patrick Artus, chef économiste de Natixis, Cecilia Garcia-Penalosa, chercheur à l’université d’Aix-Marseille et au CNRS, spécialiste des questions d’inégalités et de marché du travail, et Pierre Mohnen, professeur à l’université de Maastricht et spécialiste de l’innovation et de la R & D.

Le CAE analyse les causes du ralentissement du progrès technique dans les pays industrialisés et propose des pistes pour retrouver un peu de croissance, aux environs de 0,9%. Pour autant, ce niveau de croissance aurait un effet « potentiellement dévastateur », en générant moins de richesse, plus de déficit et d’endettement et moins de pouvoir d’achat pour les ménages.

Pour l’auteure de l’article du Monde, « seule une nouvelle vague d’innovations technologiques pourrait nous éviter ce scénario catastrophe ». Mais, rappelle-t-elle, les controverses sur le progrès techniques sont aussi anciennes que l’économie elle-même et aujourd’hui, on se demande de nouveau si le progrès technique s’épuise. Cela se traduit par des baisses de productivité, aux Etats-Unis et en Europe notamment. En France, ce phénomène touche tous les secteurs, que ce soit pour la productivité par tête que pour la productivité horaire. Ce qui fait dire à l’un des auteurs du rapport, M. Artus, que ce déclin n’est pas lié à la durée du travail, les 35 heures n’étant donc pas responsables. »L’économiste fait l’hypothèse de l’installation dans notre pays d’un « cercle vicieux » : « La faiblesse des marges de l’industrie réduit la capacité des entreprises à investir; la faiblesse de l’investissement sophistiqué de l’industrie contribue à l’affaiblissement des marges bénéficiaires. »  »

Enfin, ce ralentissement des gains de productivité survient alors même que les sociétés occidentales sont vieillissantes et qu’elles ont besoin au contraire d’être davantage productives. La croissance potentielle s’en trouve affaiblie. Pour autant, cette croissance sera-t-elle faible sur le long terme ? Certains experts en doutent, mettant en avant le rôle que pourraient jouer les nouvelles technologies et notamment les nanotechnologies.

 

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