La Chine veut innover à tout prix

ChineAlors que la Chine cherche à favoriser un nouveau souffle d’innovation, il se pourrait que le pays n’ait pas à chercher plus loin que ses postes de police…

La Chine, tout comme de nombreux autres pays mesure son degré d’innovation en partie grâce au nombre de brevets déposés par ses citoyens. Si l’on s’en tient à ce principe, l’un des principaux innovateurs du pays est un dénommé Wu Changshun, chef de la police de Tianjin (cité portuaire du nord est du pays) et récemment licencié.

Wu a été licencié car il est sous le coup d’une enquête pour corruption mais il est aussi le déposant de 35 brevets entre 1999 et 2013. Pour la plupart d’entre eux, il est co-inventeur mais il reste le seul inventeur de quatre brevets. Trois concernent des systèmes de feux rouges innovants et un de la décoration ornementale. Derrière ces dépôts se cache une stratégie de nombreux fonctionnaires chinois qui arrondissent leurs fins de mois.

 Comment ce système fonctionne-t-il ? Un « officiel » qui administre des approvisionnements dans un secteur fait l’acquisition de brevets pour des produits relatifs à ce secteur. Il permet ensuite à une entreprise de fabriquer ces produits et de gagner le contrat d’approvisionnement, souvent à des prix en dessous du marché. Ensuite, l’entreprise paie des royalties pour l’utilisation du brevet, ce qui revient à une sorte de vol dissimulé. Dans le cas de M. Wu, ses brevets étaient utilisés par des fabricants ayant des liens étroits avec le bureau de la sécurité publique de Tianjin, lesquelles ont souvent gagné des appels d’offre de fourniture d’équipements pour la police.

L’exemple des brevets du chef de la police sont remarquables non seulement car il met en lumière un des moyens les plus utilisés par les officiels pour s’enrichir illégalement mais aussi parce qu’il permet de comprendre pourquoi la Chine continue à s’inquiéter sur sa capacité à innover, en dépit d’un récent essor de brevets déposés.

En effet, la Chine a accordé le dépôt de plus de 1,3 millions de brevets en 2013 contre 800 000 en 2010. Le gouvernement y voit le signe que le pays est en train d’évoluer et de dépasser son ancien statut d’usine du monde.

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