Le secteur bancaire européen passe difficilement le cap du numérique

banqueLes consommateurs européens se tournent de plus en plus vers les banques en ligne. Mais le secteur bancaire n’est pas encore complètement prêt à la révolution digitale.

En Europe, les banques de détail n’ont digitalisé qu’entre 20 et 40% de leur process et 90% des banques européennes investissent moins de 0,5% de leur budget global sur le numérique. Il en résulte une offre numérique très pauvre uniquement basée sur les transactions bancaires les plus basiques.

Des consommateurs dans l’attente

Pour autant, les consommateurs européens n’ont pas l’intention d’attendre leur banque pour satisfaire leurs besoins en ligne. Une récente étude montre que sur les 5 prochaines années, plus des deux tiers des clients des banques en Europe demanderont à être autonomisés sur Internet et à pouvoir bénéficier de réelles fonctionnalités en ligne. Ces mêmes consommateurs sont déjà largement utilisateurs de services en ligne, que ce soit pour réserver leurs vacances ou leurs vols, pour acheter des livres ou de la musique, et même pour leurs courses quotidiennes. Dès lors qu’une offre digne de ce nom sortira du lot dans le secteur bancaire, il y a fort à parier que les retardataires en subiront de lourdes conséquences.

Le cabinet McKinsey estime que la transformation numérique des banques leur permettront de générer jusqu’à 30% de revenus particulièrement sur les produits les plus rentables comme les prêts personnels et les moyens de paiement. Il évalue également à 20% l’économie réalisable grâce à la modernisation des process du fait de cette mutation. Ainsi, passer au numérique, pour une banque, deviendra bientôt une question de survie.

Une vision étriquée du numérique

Les banques européennes ont du mal à franchir le pas, notamment parce que leur dirigeant ont vu dans le numérique une activité « à part », essentiellement de « front office », comme les applis pour les clients ou les comparateurs. Mais ils ont largement omis d’y intégrer les outils eux mêmes, les process internes, les entrepôts de données et les compétences du personnel pour conduire ce changement. Certes, une « action bancaire » peut démarrer en ligne mais elle s’arrête très rapidement et ne peut que se poursuivre dans l’établissement bancaire, où elle est source de coûts qui s’alourdissent de jour en jour. C’est ce qui pourrait pousser les clients à se tourner vers d’autres acteurs pour réaliser ces actions, acteurs n’appartenant pas au secteur bancaire traditionnel.

Certaines banques avancent des problèmes de sécurité et de gestion des risques pour justifier leur posture attentiste. Pourtant, le secteur aérien, bien que soumis à des risques au moins aussi élevé, a complètement automatisé l’expérience consommateur sur les dix dernières années sans compromettre leur sécurité de ce fait. Alors qu’attendent les banques ?

 

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