Transfert de technologie viti-vinicole pour mieux exporter le vin français en Chine

Pékin a fait pression sur les professionnels du vin français en menaçant d’une enquête anti-dumping européen à propos du vin. Un accord vient d’être signé sous fond d’intelligence économique.

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Une longue envie de collaborer avec la Chine

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les relations sino-françaises ont souhaité prendre pied en Chine. La famille Rothschild a fait l’acquisition de vignobles dans le Shandong et depuis quelques années, le vignoble dirigé par un français pure souche, Vincent Debien, monte monte monte. C’est le très exceptionnel Château Bolongbao que tous les chinois fortunés s’arrachent.

Et pourtant, tant la pollution, les terres, le climat et la technologie ne permettent pas réellement de fabriquer un vin d’exception. A la sortie de Roissy d’un avion en provenance de Shanghai, un membre du concours général agricole qui décerne les médailles aux vins français, Emmanuel V. nous confie que les vins qu’il a pu déguster sont extrêmement décevants, de très mauvaise qualité, et pour des bouteilles dont le prix voisine avec le salaire médian d’un ouvrier chinois, des maladies dans le processus de vinification sont complètement décelables à la dégustation.

Il y a donc du travail, et sans doute du potentiel en Chine où la culture du vin n’est pas si incontournable. Les viticulteurs de Champagne se sont emparés de ce marché. Il n’est pas rare de voir à l’hôtel Grand Meridien de Shanghai, des promotions de vins de champagne français lors de brunch. Et les chinois ne dégustent pas le champagne : il sert de parfum raffiné. Quelques gouttes dans le coup, et la magie chinoise opère… on est loin de la dégustation !

Pression technique

Les chinois ont flairé le bon filon : la viticulture, le luxe, le raffinement. Alors, les chinois ont fomenté une enquête pression pour parvenir à bénéficier de l’excellence technologique française. Sous négociations à la faveur des chinois, le Ministre chinois du commerce a annoncé un accord avec les organisations viticoles européennesbqui met fin à une enquête anti-dumping dans le domaine viticole. En contrepartie, les français apporteront leur savoir-faire, et la promotion des vins et spiritueux français pourra s’effectuer librement afin de former les consommateurs chinois et les pousser à consommer français. Depuis  un an, les ventes de vin en Chine ont chuté de 6%, et compte-tenu du volume, ce chiffre est loin d’être négligeable.

Selon Louis Fabrice Latour (de la famille Latour, si importante en Bourgogne), président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS), « l’accord est équilibré ../.. la Chine a des amibitions importantes ». L’accord prévoit au niveau technique prévoit un transfert de technologie en termes de savoir-faire avec le matériel végétal et l’équipement viticole, mais surtout en ce qui concerne le Système d’Information Géographique (SIG). Pour ce domaine, le laboratoire Dynamique des Milieux et Organisations Spatiales (DMOS) dirigé par Emmanuelle Vaudour, à AgroParisTech, pourra être convoité compte-tenu de son savoir-faire dans les terroirs viticoles et de son esprit très avant-gardiste. Il en sera question notamment à Vienne en Autriche, lors du salon EGU fin avril prochain, qui montrera la supériorité européenne en termes de SIG. La Chine a donc tout à apprendre techniquement du terroir viticole français, et même Tsinghua, l’université Pékinoise, ne possède pas l’expertise du savoir français dans le domaine viti-vinicole du SIG (NDLR).

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