Le geyser de l’innovation d’usage

L’innovation d’usage, à savoir l’innovation non technologique, devient de plus en plus incontournable. Facile à mettre en place, mais difficile à canaliser par soi-même, elle séduit de nombreuses entreprises.

 

Image

Exemple de la médecine

En leur temps, les services d’urgence et le SAMU ont été des innovations non technologiques, puisqu’elles sont basées sur l’interaction organisationnelle de plusieurs structures.

De la même manière, le parcours de soin qui permet d’améliorer l’efficacité de prise en charge d’un malade est une innovation organisationnelle grâce à la mise en place de cartographies de processus clairs et didactiques. Les bénéfices peuvent se chiffrer en satisfaction des patients à leur sortie, mais aussi en coûts, car le temps est optimisé, le contact des professionnels est intelligemment ordonné. Ainsi, « il est aujourd’hui rare de voir un médecin spécialiste pour une pathologie inappropriée, comme par exemple un rhumatologue pour une indigestion » , rapporte Sabine B. infirmière en chef d’un service d’urgence en Haute Normandie.

Des usages « détournés » faisant preuve de créativité ordonnée ont fait leur apparition. Ainsi un smartphone va pouvoir permettre de suivre à distance les rythmes cardiaques d’un patient et d’envoyer un signal approprié en cas d’arythmie. Il s’agit d’une forme de télémédecine qui permet de soigner ou de suivre à distance une personne et éviter son hospitalisation. Les serious games sont aussi utilisés pour aider les diabétiques et personnes obèses d’une certaine forme à mieux vivre, à mieux s’alimenter compte-tenu de leur pathologie.

Moyens pour faciliter l’innovation d’usage

Avec des équipes de travail transverses dans les grandes structures, la dynamique est constituée pour travailler sur l’innovation d’usage. Bien souvent, cela manque d’arbitrage et surtout de structure. Alors il est bien utile de se doter de moyens efficaces pour éviter de tomber dans l’à peu près ou dans le subjectif.

L’effectuation appliquée est une approche inventée par Vianoveo, une petite entreprise qui accompagne dans l’innovation par les usages. Séverine Herlin, son PDG martèle le fait qu’ « il est essentiel de partir de l’ADN de l’entreprise pour innover et optimiser les usages plutôt que d’aller se disperser ailleurs pour appliquer aux calendes grecques ». Ce qui indique qu’il est important de valoriser ce qui est présent dans son assiette  avant d’aller acheter ce qu’il peut y avoir d’intéressant, mais pas d’essentiel dans les assiettes de ses voisins.

Ainsi, on peut trouver facilement et de manière évidente avec une telle approche que les smartphones puissent servir d’intermédiaire entre une situation d’urgence et une action. Cela peut non seulement sauver des vies, mais en plus n’oblige pas à des dépenses R&D astronomiques et à une mise au point fastidieuse et longue.

L’innovation d’usage combine donc à la fois la créativité interactive et une dynamique participative qui permet d’étonner, d’inviter le facteur surprise et les contingences. Jusqu’à présent, la théorie avait été énoncée par John Crystal afin d’identifier pour des personnes leurs valeurs innovantes, et ainsi la valorisation de leurs usages. Cela s’applique à présent aux entreprises et à leurs produits.

 

Publicités