Des toilettes accessibles pour tous

Une compétition à propos des toilettes innovantes vient de se terminer à Delhi en Inde. L’objectif est de permettre au milliard de personnes (15 fois la population française) qui font leurs besoins en plein air de leur rendre atteignable des toilettes dignes de ce nom.

ImageEnjeu social et sanitaire de premier plan
Pour repeindre les toilettes, il semble tout à fait évident d’en disposer, et pas obligatoirement d’en posséder. Rien de plus désagréable de passer son chemin et de marcher sur un tas qui n’est pas quelconque, et c’est encore pire quand dans certains pays, le pied n’est pas chaussé.
Le problème sanitaire est incontestable. Une absence de sanitaires assure presque l’entière contamination des eaux. Et ce n’est pas un hasard si chaque année 1,5 millions d’enfants meurent des suites de diarrhées aigües.
Ces histoires de merde, excusez s’il vous plaît du peu de vertu, ont convaincu la Fondation Bill et Melinda Gates en 2011 de mettre sur pieds un concours qui favorise l’inspiration de solutions écologiques et économiques. L’objectif est de commercialiser un bloc sanitaire autonome indépendant en eau et en électricité à un coût de 5 centimes d’euro par jour et par personne.
Inspiration innovante de la cabane au fond du jardin
Il s’agit bien aux créateurs de chiottes d’être inspiré technologiquement pour ensuite susciter l’inspiration des utilisateurs. En effet, allez demander à une personne de monter dans une boîte pour se soulager alors qu’il n’en a jamais utilisé de toute sa vie. Le souci est donc aussi d’éduquer de manière innovante les utilisateurs.
L’institut technique suisse de la recherche de l’eau Eawag et le designer autrichien EOOS ont remporté le prix d’innovation à Delhi. Ce système de toilettes permet de valoriser les déchets, où matières fécales et urine sont séparées. Cette dernière est recyclée et transformée pour fabriquer des engrais : nitrates et phosphates. Une partie est aussi recyclée en eau pour remplir le réservoir des toilettes et alimenter un petit lavabo pour se laver les mains et une douchette pour prendre soin du reste selon les cultures et habitudes.
Le principe est très simple, puisque cette chiotte innovante est équipée d’un bioréacteur qui va transformer la matière organique ammoniaquée. Après décantation, et le résidu solide enlevé pouvant servir de combustible, un processus chimique se met en action (électrolyse) pour purifier le liquide qui redevient de l’eau transparente sans être potable. La réaction chimique produit également du chlore, qui une fois récupéré, servira à désinfecter l’ensemble (comme de l’eau de javel).
Le prototype Blue diversion 2 devrait être testé dans les prochaines semaines au Kenya à l’échelle d’une famille.

 

crédit photo : Eawag suisse

 

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Dans la peau d’un autre

Facebook dans sa frénésie acheteuse vient de débourser 2 milliards de dollars pour s’offrir Oculus, un spécialiste américains des lunettes 3D de réalité virtuelle. Le physique vient bientôt devenir irréel sur les réseaux sociaux ? Quelles en sont les conséquences ?

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Un premier produit physique pour Facebook

La petite entreprise californienne Oculus VR âgée de deux ans fait travailler une cinquantaine de personnes sur la réalité virtuelle. Son produit phare, dénommé Rift, est un masque avec deux écrans distincts destinés à chaque œil, et d’un épais casque qui permet réellement de pénétrer dans un monde totalement virtuel, et même complètement imaginaire.

Facebook s’en est emparé pour très logiquement pouvoir vendre de la publicité dans ces fameux écrans. Facebook ici devient complètement physique, avec un produit à l’apogée de la virtualité, qui va s’intégrer de concert dans ses services fort nombreux qui sont tous utilisés de manière intensive.
La réalité virtuelle fait partie intégrante d’une génération, aujourd’hui encore très jeune. Le fait d’être présent dans cette technologie et de manière active, va permettre d’engranger des données non confidentielles laissées par les utilisateurs de Facebook combiné à la réalité virtuelle.

Innovation très en amont

De nombreux spécialistes du Net pérorent sur le fait que la réalité virtuelle n’est pas du tout mûre. Cependant, il s’agit potentiellement d’une manne d’innovation qui doit être travaillée à moyen-long terme.
Ce n’est pas un hasard si le masque Rift a été vendu à 75.000 unités et en très grande majorité à des développeurs qui vont adapter leurs jeux et leurs applications à cette nouvelle interface de Facebook.
Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook est très fier de son acquisition, puisque ce « monde virtuel va permettre par exemple de consulter un médecin en enfilant des lunettes à la maison. Il s’agit d’une nouvelle plate-forme de communication ».
Au-delà des personnes réelles à distance, il se peut qu’avec une telle innovation technologique, l’utilisateur puisse se retrouver en face de personnes inexistantes, des avatars, par exemple. Des dispositifs de protection pourraient ainsi s’imposer pour éviter de se retrouver en face de personnes peu scrupuleuses.
Cette schizophrénie accélérée par les développements d’Oculus VR pourrait donc s’avérer très importante pour booster un réseau social, le dynamiser à une période de maturité avérée. Cependant, se mettre dans la peau d’un autre, tel un comédien pourrait poser quelques questions en termes d’éthique et de responsabilité. L’innovation doit également se soucier de la morale.

Transfert de technologie viti-vinicole pour mieux exporter le vin français en Chine

Pékin a fait pression sur les professionnels du vin français en menaçant d’une enquête anti-dumping européen à propos du vin. Un accord vient d’être signé sous fond d’intelligence économique.

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Une longue envie de collaborer avec la Chine

Ce n’est pas d’aujourd’hui que les relations sino-françaises ont souhaité prendre pied en Chine. La famille Rothschild a fait l’acquisition de vignobles dans le Shandong et depuis quelques années, le vignoble dirigé par un français pure souche, Vincent Debien, monte monte monte. C’est le très exceptionnel Château Bolongbao que tous les chinois fortunés s’arrachent.

Et pourtant, tant la pollution, les terres, le climat et la technologie ne permettent pas réellement de fabriquer un vin d’exception. A la sortie de Roissy d’un avion en provenance de Shanghai, un membre du concours général agricole qui décerne les médailles aux vins français, Emmanuel V. nous confie que les vins qu’il a pu déguster sont extrêmement décevants, de très mauvaise qualité, et pour des bouteilles dont le prix voisine avec le salaire médian d’un ouvrier chinois, des maladies dans le processus de vinification sont complètement décelables à la dégustation.

Il y a donc du travail, et sans doute du potentiel en Chine où la culture du vin n’est pas si incontournable. Les viticulteurs de Champagne se sont emparés de ce marché. Il n’est pas rare de voir à l’hôtel Grand Meridien de Shanghai, des promotions de vins de champagne français lors de brunch. Et les chinois ne dégustent pas le champagne : il sert de parfum raffiné. Quelques gouttes dans le coup, et la magie chinoise opère… on est loin de la dégustation !

Pression technique

Les chinois ont flairé le bon filon : la viticulture, le luxe, le raffinement. Alors, les chinois ont fomenté une enquête pression pour parvenir à bénéficier de l’excellence technologique française. Sous négociations à la faveur des chinois, le Ministre chinois du commerce a annoncé un accord avec les organisations viticoles européennesbqui met fin à une enquête anti-dumping dans le domaine viticole. En contrepartie, les français apporteront leur savoir-faire, et la promotion des vins et spiritueux français pourra s’effectuer librement afin de former les consommateurs chinois et les pousser à consommer français. Depuis  un an, les ventes de vin en Chine ont chuté de 6%, et compte-tenu du volume, ce chiffre est loin d’être négligeable.

Selon Louis Fabrice Latour (de la famille Latour, si importante en Bourgogne), président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS), « l’accord est équilibré ../.. la Chine a des amibitions importantes ». L’accord prévoit au niveau technique prévoit un transfert de technologie en termes de savoir-faire avec le matériel végétal et l’équipement viticole, mais surtout en ce qui concerne le Système d’Information Géographique (SIG). Pour ce domaine, le laboratoire Dynamique des Milieux et Organisations Spatiales (DMOS) dirigé par Emmanuelle Vaudour, à AgroParisTech, pourra être convoité compte-tenu de son savoir-faire dans les terroirs viticoles et de son esprit très avant-gardiste. Il en sera question notamment à Vienne en Autriche, lors du salon EGU fin avril prochain, qui montrera la supériorité européenne en termes de SIG. La Chine a donc tout à apprendre techniquement du terroir viticole français, et même Tsinghua, l’université Pékinoise, ne possède pas l’expertise du savoir français dans le domaine viti-vinicole du SIG (NDLR).

Quand les montres ne donnent plus l’heure

Les smartwatch débarquent. Ces montres gadgets se portent au poignet et réservent à leurs utilisateurs des usages bien étonnants. La place de l’heure devient désuète.

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Principe de la smartwatch

«-  Grand-père, quelle heure est-il ? – Attends ma chérie, je prends ma tension ». La petite fille qui habite le Montana aux Etats-Unis semble interloquée par cette réponse. La montre innovante est en train de prendre la tension artérielle à la demande de son utilisateur. L’affichage de l’heure sera effectif après la tâche.

Les smartwatch sont des concentrés de technologie. Forcément relayée par un smartphone, ces montres plus ou moins esthétiques ont développé de nouveaux usages. Elles permettent de relayer les grandes fonctionnalités du smartphone dont elles dépendent : messagerie électronique, appels téléphoniques, temps, brèves d’actualité, et autres fonctions spécialisées. L’heure est bien loin.

Pour les spécialisations, il y a les usages thérapeutiques comme la prise de tension, la prise de la glycémie, le rappel d’une prise de médicament avec nom et posologie,… C’est aussi un moyen de se substituer aux colliers ou bracelets d’urgence pour personnes âgées. Et les usages futurs sont prometteurs : sécurité, prévention des risques, comme par exemple une intégration d’un compteur Geiger pour alerter à propos de l’exposition aux radiations. L’idée est venue du Japon pour tester l’environnement mais aussi les aliments frais achetés. En mettant la montre à proximité, on pourra savoir si le légume ou le fruit est comestible sans danger…

Concentré d’innovation et dinosaure

Ces montres intelligentes permettent de laisser le smartphone encombrant dans un sac à mains ou une besace à proximité. En cas d’oubli du smartphone attitré, la montre sonnera : plus de perte, plus de pick-pocket…

Même si l’ergonomie semble bien intéressante, les design de smartwatch sont bien décevantes. Grosses et laides, ces concentrés d’innovation ont du mal à se mettre au poignet fin féminin. La manche du chemisier ne peut même pas la recouvrir.

Nouveau marché

Sony a flairé le bon plan. Ses montres qui sont déjà à la seconde génération sont un peu plus esthétiques. Cela ne vaut pas le style des belles montres Suisses, et elles sont moins chères. Comptez entre 100 et 300 € pièce avec des bracelets évolutifs.

Le marché des smartphones est bien mature, et les smartwatchs semblent de bons dérivés de nouvelles croissances. Les tablettes téléphones s’avèrent bien indiscrètes et visibles à l’oreille. La smartwatch fera le relais. Ce sont donc de très belles perspectives de croissance pour les fabricants de smartphones et téléphones.

Google compte prendre des parts de marché avec un système révolutionnaire d’exploitation des smartwatchs, très intuitif et ergonomique. Ce dernier s’est allié avec la marque américaine de montre fossil, pour trouver un coffret de montre attractif et stylisé. Fossile et dinosaures ne sont pas très loin. Sony qui garde une longueur d’avance devrait sans doute prévoir une alliance avec un monstre japonais de la montre classique : de quoi en épater plus d’un.

« – pourquoi regardes-tu ta montre comme ça ? – chut je téléphone ». Le pouvoir de séduction de la nouvelle smartwatch a encore du chemin…

Innovation marché dans le e-commerce en France

Les français sont les troisièmes plus gros consommateurs européens sur internet après les allemands et les anglais. Chaque consommateur devrait dépenser en moyenne sur la toile 908 euros cette année. Quelle est cette frénésie acheteuse innovante qui motive tant les français ?

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Consommation globale en berne

Le marché reste stable en termes de consommation avec quelques pics vers le haut et vers le bas de manière chronique. Alors, qu’est-ce qui peut faire inciter à acheter ?

Au Japon par exemple, les consommateurs se sont rués vers de gros achats afin de faire des économies avant la hausse de la taxe locale, un genre de TVA, de 3% prévue au 1er avril 2014. La hausse de la TVA française n’a pas réellement eu un effet d’accélérateur de la décision d’achat.

Les remises pourtant se multiplient. Ainsi, Martine, vendeuse de vêtements tendance dans un très grand magasin parisien qui est rémunérée avec une guelte (prime à la vente) nous confie que les mois de janvier et février ont été particulièrement calmes. Et les semaines de promotion de printemps, qu’ils soient appelés 8 jours en or du Printemps, 3J des Galeries Lafayette ou les 6 jours du BHV, n’accélèrent pas les ventes.

Miracle de l’internet

Selon le CRR (Centre for Retail Research), en 2014, plus de la moitié des français seront des cyberacheteurs. Les ventes en ligne devraient croître plus de 17,4 fois que dans la vente traditionnelle.

La technique est innovante, pour séduire le client. Ce dernier est considéré à distance avec une très forte personnalisation. Les remises sont importantes pour appâter, et organisées de telle manière que le client va acheter plus et pas forcément des produits en réduction.

En effet, les achats sur internet permettent de monter en gamme : peu de produits d’entrée de gamme sont proposés. Les choix sont importants, tout comme les comparatifs très objectifs. En quelques clics, il est facile de se faire une opinion et d’accélérer la procédure d’achat.

Achat raisonné impulsionnel

Ce qui est innovant dans la vente à distance vient avant tout du mariage de l’achat impulsionnel et de l’achat raisonné. Dans une boutique traditionnelle, l’achat impulsionnel est privilégié dans le domaine de la confection, et l’achat raisonné en cas de produits de nécessité, comme les produits d’entretien, les appareils domestiques,…

Rapidement avec la vente en ligne, le client a le choix et la liberté. Personne ne le pousse à la vente, mis à part des argumentaires et des avis souvent construits de toute pièce pour communiquer de manière influente. C’est la raison pour laquelle les clients achètent en ligne en majorité des produits très haut de gamme, avec un panier moyen qui grossirait, même si paradoxalement ce dernier est en légère baisse. Les produits qui vont être convoités devraient être les produits de luxe et du bien-être selon le CRR. Rien de tel pour innover encore dans le e-marketing et pousser le cyberconsommateur à la décision d’achat rapidement.

 

 

Musique en ligne gratuite ou payante ?

Le streaming de musique est en plein boom. Quelles fonctionnalités et innovations pour des services gratuits ou payants ?

 

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Abondance des innovations

Le service d’écoute en ligne est aujourd’hui tenu par quelques leaders. Apple avec son iTunes semble bien ancré dans ce marché en très forte croissance. Deezer Spotify, Pandora sont aussi des outsiders. Dernièrement, c’est Fnac avec son Fnac Juke Box (Le monde édition du 3 mars 2014) qui vient s’insérer dans ce monde concurrentiel.

Mais qu’est-ce qui fait la différence ? D’une part l’offre qui peut être gratuite ou payante, en fonction du service. Par ailleurs, la qualité de l’interface est déterminante. En effet, les supports d’écoute peuvent être multiples : téléphone, ordinateur, tablette, iPod, télévision,… Et toute l’ergonomie et la facilité de choix et la convivialité des portails numériques s’avèrent des plus non négligeables et même déterminants pour les utilisateurs.

Par exemple la montée en gamme des produits Fnac Juke Box mise complètement sur le service. Pour deux euros par mois, deux cents titres peuvent être écoutés sur un ordinateur. A cinq euros, c’est une offre illimitée sur un appareil, et à pour l’offre mobile, il faut ajouter cinq euros. L’aspect modularité est donc essentiel pour ce service payant.

Diversité des utilisateurs

Toute une population doit pouvoir utiliser ce type de services en ligne. Alors, les générations Y nés dans l’internet vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Les inconditionnels de l’iphone d’Apple peuvent utiliser une plateforme très intuitive et capable d’aller directement auprès des morceaux connus demandés. L’interface est gratuite et selon le service demandé elle peut être payante.

Pour contrer cette plateforme leader, Samsung vient de sortir aux Etats Unis Milk Music, une interface qui fonctionne gratuitement sur tous les smartphones de la marque sud-coréenne. Le service offre une banque de treize millions de titres et plus de deux cents radios thématiques sans coupure publicitaire. Même si cette offre est gratuite, il est nécessaire comme Apple, de s’équiper des produits de la marque.

Le Juke Box de Fnac certes payant, pourra permettre d’être mieux accompagné dans les conseils musicaux. Il s’agit de trouver selon certaines aspirations des morceaux difficilement trouvables. La qualité du service s’effectue en premier lieu par le conseil. Cette interface pourra être utilisée avant tout par des personnes à la culture musicale aiguisée ou par des personnes désireuses d’écoutes différentes qui ne sont pas d’actualité. Les personnes d’âge mur devront y trouver un très grand intérêt.

Innovation et piratage

Ces produits nouvellement arrivés répondent à un besoin client. Mais c’est aussi une arme fantastique contre le piratage ou le téléchargement illégal. L’industrie discographique ne pourra pas résister durablement sans paiement des services. Les artistes doivent aussi pouvoir être rémunérés.

L’utilisateur est obligé de déclarer son identité pour télécharger des morceaux musicaux. La traçabilité est donc garantie, tout comme la précision du nombre de titres écoutés ou des tubes téléchargés en termes de popularité.

Le geyser de l’innovation d’usage

L’innovation d’usage, à savoir l’innovation non technologique, devient de plus en plus incontournable. Facile à mettre en place, mais difficile à canaliser par soi-même, elle séduit de nombreuses entreprises.

 

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Exemple de la médecine

En leur temps, les services d’urgence et le SAMU ont été des innovations non technologiques, puisqu’elles sont basées sur l’interaction organisationnelle de plusieurs structures.

De la même manière, le parcours de soin qui permet d’améliorer l’efficacité de prise en charge d’un malade est une innovation organisationnelle grâce à la mise en place de cartographies de processus clairs et didactiques. Les bénéfices peuvent se chiffrer en satisfaction des patients à leur sortie, mais aussi en coûts, car le temps est optimisé, le contact des professionnels est intelligemment ordonné. Ainsi, « il est aujourd’hui rare de voir un médecin spécialiste pour une pathologie inappropriée, comme par exemple un rhumatologue pour une indigestion » , rapporte Sabine B. infirmière en chef d’un service d’urgence en Haute Normandie.

Des usages « détournés » faisant preuve de créativité ordonnée ont fait leur apparition. Ainsi un smartphone va pouvoir permettre de suivre à distance les rythmes cardiaques d’un patient et d’envoyer un signal approprié en cas d’arythmie. Il s’agit d’une forme de télémédecine qui permet de soigner ou de suivre à distance une personne et éviter son hospitalisation. Les serious games sont aussi utilisés pour aider les diabétiques et personnes obèses d’une certaine forme à mieux vivre, à mieux s’alimenter compte-tenu de leur pathologie.

Moyens pour faciliter l’innovation d’usage

Avec des équipes de travail transverses dans les grandes structures, la dynamique est constituée pour travailler sur l’innovation d’usage. Bien souvent, cela manque d’arbitrage et surtout de structure. Alors il est bien utile de se doter de moyens efficaces pour éviter de tomber dans l’à peu près ou dans le subjectif.

L’effectuation appliquée est une approche inventée par Vianoveo, une petite entreprise qui accompagne dans l’innovation par les usages. Séverine Herlin, son PDG martèle le fait qu’ « il est essentiel de partir de l’ADN de l’entreprise pour innover et optimiser les usages plutôt que d’aller se disperser ailleurs pour appliquer aux calendes grecques ». Ce qui indique qu’il est important de valoriser ce qui est présent dans son assiette  avant d’aller acheter ce qu’il peut y avoir d’intéressant, mais pas d’essentiel dans les assiettes de ses voisins.

Ainsi, on peut trouver facilement et de manière évidente avec une telle approche que les smartphones puissent servir d’intermédiaire entre une situation d’urgence et une action. Cela peut non seulement sauver des vies, mais en plus n’oblige pas à des dépenses R&D astronomiques et à une mise au point fastidieuse et longue.

L’innovation d’usage combine donc à la fois la créativité interactive et une dynamique participative qui permet d’étonner, d’inviter le facteur surprise et les contingences. Jusqu’à présent, la théorie avait été énoncée par John Crystal afin d’identifier pour des personnes leurs valeurs innovantes, et ainsi la valorisation de leurs usages. Cela s’applique à présent aux entreprises et à leurs produits.