La pizza devient un aliment de survie

Des chercheurs de l’armée américaine ont mis au point une pizza qui se conserve trois ans à chaleur ambiante.

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Portée sociétale

En cas de coup dur, que ce soit un cataclysme naturel, une guerre, un manque de nourriture accessible, ou un embargo, les aliments complets longue conservation sont évidemment nécessaire à la survie.

Outre les besoins physiologiques, si en plus l’individu peut prendre du plaisir à manger même en situation précaire, alors la motivation pour commencer une tâche est toute trouvée. C’est donc forcément le cas pour les soldats américains qui rêvent tous d’une pizza au repas au beau milieu d’un champ de bataille. C’est la raison pour laquelle des chercheurs américains se sont penchés sur le cas de la pizza longue conservation.

L’alimentation rendue accessible n’est pas nouvelle. Ce qui se nomme l’autonomie nutritionnelle a été vraiment travaillé auparavant par de nombreux industriels de l’agroalimentaire, au service des pays du tiers monde dans les années 80 et lutter contre la malnutrition. Ce fut le cas de Nutriset, qui a développé Plumpy nut. Cette substance facile à conserver et à transporter permet de rendre accessible la ration alimentaire essentielle pour chaque être humain.

Une histoire de goût

Pour les chercheurs américains, le sujet de l’alimentation longue conservation n’est pas nouveau non plus. La portée est différente des problèmes de malnutrition dans le monde. Pour les militaires, les rations de survie existent depuis longtemps. Sauf que la demande évolue, et ce qui était mangeable auparavant ne l’est plus aujourd’hui : trop mauvais du point de vue gustatif.

Alors pour pallier ces incompréhensions alimentaires, la pizza semblerait le plat idéal pour répondre aux végétariens, aux végétaliens, à ceux qui ne mangent pas de porc, … Autant émettre le cliché certes un peu réducteur que le français tient sa baguette sous le bras, alors que l’américain se promène avec sa pizza dans un conditionnement cartonné.

L’innovation est surprenante, car la plupart des ingrédients frais de la pizza américaine sont bien évidemment sujets à la moisissure et à l’assèchement : fromage, tomates, sauce peppéroni, … C’est donc la combinaison entre chimistes et nutritionnistes qui a pu permettre cette trouvaille de la nouvelle pizza.

Mis à part le goût qui semble intact, la composition n’a rien à voir avec la pizza de la mamma italienne de Little Italy à New York. Pour réaliser la sauce tomate, il sera utilisé des sucres spéciaux comme le sirop de riz, un humidifiant et un stabilisant utilisés tous deux dans la crème glacée industrielle.

Les perceptions acidulées sont mises en évidence par quelques composés aromatiques, qui n’ont rien à voir avec un poivron ou une tomate…

Et pourtant, tout cela s’appelle bien une pizza « de survie ». Les dégustations à l’aveugle ont été unanimes : il s’agit vraiment d’un goût de pizza, et impossible de manière gustative de différencier une pizza normale d’une pizza longue conservation.

Il y a encore du travail pour le futur avec les fameux bagel New Yorkais ou le hamburger : viande hachée et salade restent encore tout à fait difficiles à rendre longue conservation.

 

 

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