Désamiantage : des progrès et des perturbations

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L’amiante fréquemment utilisée dans le passé devient un fléau qui fait peur. Des seuils ont été mis en place ainsi que des conditions de désamiantage, comme le décret du 8 avril 2013 qui qualifie les règles techniques et le mesures de prévention et de protection. Les procédés innovants pour agir, sont récents : ils datent de 2012. Focus sur ces dispositifs et à leurs conséquences bien encombrantes.

Perturbations bien encombrantes pour l’activité professionnelle

La crise liée à l’amiante qui a eu dans les locaux de la RATP fin 2013 a perturbé très fortement le trafic. Les conséquences ont été très importantes pour les usagers, ainsi que pour l’économie française indirectement.

Une autre perturbation, fort embêtante a eu lieu à la tour Montparnasse. Un demi-millier d’employés d’Amundi, la filiale de gestion d’actifs du Crédit Agricole ont dû être évacués le 27 juin 2013. L’Ensemble Immobilier de la Tour Maine Montparnasse (EIMM) a commencé des travaux de désamiantage dans la tour en 2006. Ce jour du 27 juin a été marqué par une mesure anormalement élevée du taux d’amiante dans l’air à certains étages. Le seuil est fixé à 5 fibres d’amiante par litre d’air. Et les salariés du 33ème étage, n’ont pas eu le temps de dire 33 au médecin du travail. Ces 33 salariés de la CNP ont été immédiatement déplacés dans un autre site pour revenir une dizaine de jours plus tard. Cependant, l’inspection du travail, la caisse régionale d’assurance maladie et la médecine du travail ont déconseillé formellement le retour dans les locaux de l’EIMM.

Des innovations efficaces pour répondre à une réglementation très exigeantes dans l’industrie

Pour les bureaux comme à la tour Montparnasse, dont l’infrastructure doit être désamiantée, les équipements à mettre en place sont lourds.

Pendant la phase de désamiantage qui s’effectue par des professionnels revêtus de tenues inconfortables, et un système spécifique comme les scaphandriers pour respirer, plusieurs sas de décontamination doivent être mis en place, pour protéger à la fois le professionnel mais également la population aux alentours. Le système de ventilation doit également être maîtrisé pour filtrer l’air pendant l’opération de décontamination. Les équipements et règles sont proches des environnements hostiles comme pour l’industrie nucléaire.

L’innovation la plus impressionnante vient du désamiantage des pièces industrielles. C’est ainsi qu’en Corrèze, une filiale de l’entreprise Freyssinet (Groupe Vinci), MTS (Maintenance et Travaux Spécialisés), a mis au point une unité fixe de désamiantage. Pour répondre à leur client EDF qui doit désamianter des conduites forcées pour les barrages hydrauliques. Leurs tailles souvent énormes obligent à un traitement spécial.

Cinq sas sont nécessaires pour entrer dans le local de désamiantage et qui correspondent à cinq niveaux de contamination. Les pièces techniques qui possèdent quelques microns d’épaisseur d’amiante sont décapées avec une lance à très haute pression. Les eaux contaminées sont filtrées pour retourner dans les eaux de consommation courante. L’opérateur qui décape est suivi par liaison radio à un centre de pilotage qui permet de conduire l’opération en toute sécurité et efficacité.

Il ne serait pas impossible que cette innovation puisse s’étendre dans les bâtiments, une fois démontés de leurs parures, ne laissant apparaître que la structure.

Si la réglementation reste très exigeante, il existe tout de même un décalage avec les moyens spécialisés mis en place pour le désamiantage qui vont exiger encore davantage d’innovation.

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