Compétences d’avenir : un tour d’horizon

Réseaux intelligents, information, révolution énergétique : les mutations dans ces domaines d’avenir, pourtant  déjà bien engagées, sont loin d’avoir encore livré tout leur potentiel. Les compétences de demain, basées sur ce socle, seront celles qui porteront ces changements techniques… et sociétaux.

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Réseaux : des ondes, des hommes et des objets

Les réseaux, internet en tête, ont en quelques années bouleversé nos modes de consommation, de travail et de vie. Après s’être affranchis des fils, après avoir relié les hommes et plus seulement les machines (on parle de « web social »), les réseaux nous font désormais entrer dans l’ère de « l’internet des objets ». Le développement de ces « objets connectés » est un vrai gisement de compétences d’avenir : on compte 15 milliards d’objets connectés en 2012, ils seront 80 milliards en 2020 selon l’institut Idate. Et il reste beaucoup à inventer, du point de la technique mais aussi des usages.

Pour les entreprises du secteur, le défi est « d’imaginer des usages innovants et un design attractif », analyse Jean d’Arthuys, le directeur de Bpifrance. Avec son thermostat dessiné par Philippe Starck, Netatmo se positionne bien sur les deux registres : cet outil intelligent et connecté mesure les habitudes des habitants du logement pour adapter le chauffage en conséquence. La jeune société française, créée en 2011, s’était déjà faite connaître avec sa station météo connectée du même nom. Fred Potter, son fondateur,  prédit : « le processus ne fait que commencer. Le digital et la connexion à internet vont dévorer l’ensemble des autres industries ». D’où, pour lui, le très bel avenir des carrières d’ingénieurs en informatique.

La maîtrise de l’énergie : une compétence précieuse

Et dans ce monde toujours plus connecté, mais aussi plus mobile, la gestion de l’énergie est un enjeu essentiel. A plus forte raison quand on sait que notre fonctionnement actuel, polluant et basé sur des ressources limitées, n’est pas tenable sur le long terme. Il y a là une vraie compétence d’avenir : celle de parvenir à sécuriser notre approvisionnement énergétique, de façon propre et durable. L’innovation de Sunpartner, qui a mis au point Wysips, un système qui rend la cellule photovoltaïque invisible, s’inscrit dans cette dynamique. Cette technologie permet d’« avoir une énergie qui ne soit pas uniquement centralisée, mais aussi décentralisée », explique le fondateur de Sunpartner, Ludovic Deblois. D’où un potentiel immense en matière d’autonomie et de sécurité énergétique.

La problématique du stockage de l’énergie a également toute sa place dans ce contexte. C’est d’ailleurs l’objet d’un récent rapport de l’ADEME (1) qui estime qu’il s’agit d’une compétence stratégique, qui verra « son potentiel et sa rentabilité s’accroître durablement à partir de 2030, quand les puissances installées de photovoltaïque et éoliennes se seront accrues ». Ce n’est pas Pascal Mauberger, le président du directoire de Mc Phy Energy, qui dira le contraire : son entreprise a mis au point le premier système qui permet de stocker l’hydrogène sous forme solide, répondant, affirme-t-il, à l’un  « des challenges de la transition énergétique en France ».

La convergence des compétences

Mais finalement, ces exemples le montrent, la principale compétence d’avenir sera sans doute la transdisciplinarité. Technologies réseaux, techniques industrielles, énergie, design, usages : il n’est plus possible de séparer hermétiquement ces savoir-faire. Cette idée, mise en lumière par l’étude « Future Work Skills 2020 » (2) de l’Institute for the Future, est, selon l’analyse de Thomas Peaucelle, essentielle. Le Directeur Général Délégué de Cofely Ineo, la filiale de GDF Suez spécialisée dans le génie civil et la maintenance des réseaux, l’affirme : « je souhaiterais que cette pensée systémique, transversale, pluridisciplinaire, soit mieux représentée dans la culture française aujourd’hui ». L’exemple des smart grids, ou réseaux électriques intelligents, dans lesquels Cofely Ineo évolue, complémentaires, en matière de génie électrique et d’informatique, est particulièrement éloquent. En effet, ce « gigantesque intranet, la Toile de l’électricité », comme les définit Olivier Seznec de Cisco, mobilise des compétences transverses.

« D’un point de vue technique, l’énergie de demain sera le résultat de beaucoup plus de numérique. Cela permettra aux citoyens de redevenir acteurs de leurs consommation », explique Thomas Peaucelle, illustrant bien qu’informatique industrielle, réseaux électriques et analyse des usages sont intimement liés. Ainsi, Cofely Ineo a déjà déployé plusieurs projets de ce type. C’est le cas à Toulouse, où le projet Smart ZAE associe production d’énergies renouvelables, système de stockage et gestion de la consommation à l’échelle d’une zone d’activité économique. Plus qu’une compétence numérique ou électrique, il s’agit bien de mettre en oeuvre à un niveau local un système global répondant à une vision des usages, et finalement de la société de demain : une énergie plus intelligente et mieux maîtrisée, pour une société plus propre.

Finalement, si les compétences d’avenir reposeront sans nul doute sur la maîtrise des technologies, numériques et industrielles, et surtout sur leur association, elles seront aussi probablement associées à une vision pertinente de ce que l’on veut faire de ces outils au potentiel quasi-illimité. En bref, plus qu’un savoir-faire, elles seront une façon d’être, et de penser… et surtout de se former !

(1)  http://ademe.typepad.fr/presse/2013/11/etude-stockage-energies.html

(2)  http://www.iftf.org/our-work/global-landscape/work/future-work-skills-2020/

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