La micro-cogénération va envahir la France

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La semaine dernière ont eu lieu à Paris les journées françaises de la micro-cogénération. La production simultanée et autonome de chaleur et d’électricité dans un unique bâtiment devrait devenir une voie d’avenir rentable et efficace en France.

Principe technique de la micro-cogénération

Pour de petits volumes (micro), il s’agit de produire de manière autonome chaleur et électricité. Par rapport aux installations classiques électriques, type centrale électrique, le rendement global dépasse rarement les 40%. Avec une centrale micro-cogénération, le rendement est bien plus important et atteint aisément les 80%. Le moteur Stirling, du nom de son inventeur au 19e siècle est une centrale de cogénération, qui est aujourd’hui extrêmement répandue, mais pas vraiment en France curieusement.

Il existe trois technologies de cogénération : moteur Stirling, moteur à combustion interne et pile à combustible. Le rendement électrique de cette dernière reste le plus performant des trois (pouvant atteindre jusqu’à 60%).

Il suffit de regarder le réseau traditionnel en France : le centrale nucléaire produit de la vapeur, soit de la chaleur qui est ensuite transformée en électricité, puis dans une habitation, en chaleur (radiateur, plaques électriques,…).

L’intérêt de la co-génération va limiter le pic électrique l’hiver, du fait d’une autonomie énergétique améliorée dans une habitation. La micro-cogénération, (inférieure à 36kWe) d’origine gaz naturel va justement lisser ces pics et éviter une sursaturation du réseau électrique qui peut conduire au noir complet (panne générale).

Un habitat individuel particulièrement concerné

A l’heure où le prix de l’énergie grimpe et va continuer sa course à la hausse programmée, certaines centrales énergétiques jusqu’à présent boudées en France deviennent tout à fait intéressantes en termes d’opportunités.

Les chaudières actuelles sont déjà très évoluées, et on arrive « au bout de l’optimisation », selon Claude Freyd (de Dietrich Thermique). C’est pourquoi les piles à combustibles sont aujourd’hui promises à un très bon avenir en matière de micro-cogénération pour les habitations individuelles. Ce n’est donc pas un hasard si GDF Suez s’est emparé du sujet encore au stade de développement avec des partenaires industriels que le géant industriel va suivre et conduire vers des applications concrètes. Ainsi, David Dupuis, le responsable des activités de micro-génération à la Direction de la Recherche  et de l’Innovation de GDF Suez, au CRIGEN (Centre de recherche et d’Innovation du Gaz et des Energies Nouvelles) insiste sur « l’arrivée dès 2016 des piles à combustible pour la micro-génération ». Son équipe a pris le leadership européen dans le programme ENE.Field avec presque une trentaine de « field-test » français, et des références industrielles légitimes comme Vaillant, Baxi, Bosch, et d’autres.

Référence française

C’est un véritable retournement, puisque sur 40 000 unités de micro-cogénération en Europe, la France ne dispose que d’une centaine d’unités. En comparaison, le Japon très en avance, dispose d’un marché où 40 000 unités se vendent chaque année.

La France compte bien revenir sur le devant de la scène. Les technologies sont au point. M. Dupuis reste discret, sur la stratégie de GDF Suez. Ce dernier compte sans doute prendre possession du marché qui s’ouvre en France, encore embryonnaire, et pourquoi pas en s’inspirant du succès nippon.

Le prix d’une unité de micro-cogénération devrait rapidement rejoindre celui des meilleures pompes à chaleur électriques, même si ce ne sont pas des technologies comparables. Dans son usage, les performances énergétiques du micro-cogénérateur au gaz naturel restent supérieures, notamment pour la technologie pile à combustible. Le prix reste encore trois fois plus cher qu’une pompe à chaleur électrique haut de gamme aujourd’hui (compter 35 000 euros environ pour une pile à combustible pour une maison individuelle).

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