La pizza devient un aliment de survie

Des chercheurs de l’armée américaine ont mis au point une pizza qui se conserve trois ans à chaleur ambiante.

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Portée sociétale

En cas de coup dur, que ce soit un cataclysme naturel, une guerre, un manque de nourriture accessible, ou un embargo, les aliments complets longue conservation sont évidemment nécessaire à la survie.

Outre les besoins physiologiques, si en plus l’individu peut prendre du plaisir à manger même en situation précaire, alors la motivation pour commencer une tâche est toute trouvée. C’est donc forcément le cas pour les soldats américains qui rêvent tous d’une pizza au repas au beau milieu d’un champ de bataille. C’est la raison pour laquelle des chercheurs américains se sont penchés sur le cas de la pizza longue conservation.

L’alimentation rendue accessible n’est pas nouvelle. Ce qui se nomme l’autonomie nutritionnelle a été vraiment travaillé auparavant par de nombreux industriels de l’agroalimentaire, au service des pays du tiers monde dans les années 80 et lutter contre la malnutrition. Ce fut le cas de Nutriset, qui a développé Plumpy nut. Cette substance facile à conserver et à transporter permet de rendre accessible la ration alimentaire essentielle pour chaque être humain.

Une histoire de goût

Pour les chercheurs américains, le sujet de l’alimentation longue conservation n’est pas nouveau non plus. La portée est différente des problèmes de malnutrition dans le monde. Pour les militaires, les rations de survie existent depuis longtemps. Sauf que la demande évolue, et ce qui était mangeable auparavant ne l’est plus aujourd’hui : trop mauvais du point de vue gustatif.

Alors pour pallier ces incompréhensions alimentaires, la pizza semblerait le plat idéal pour répondre aux végétariens, aux végétaliens, à ceux qui ne mangent pas de porc, … Autant émettre le cliché certes un peu réducteur que le français tient sa baguette sous le bras, alors que l’américain se promène avec sa pizza dans un conditionnement cartonné.

L’innovation est surprenante, car la plupart des ingrédients frais de la pizza américaine sont bien évidemment sujets à la moisissure et à l’assèchement : fromage, tomates, sauce peppéroni, … C’est donc la combinaison entre chimistes et nutritionnistes qui a pu permettre cette trouvaille de la nouvelle pizza.

Mis à part le goût qui semble intact, la composition n’a rien à voir avec la pizza de la mamma italienne de Little Italy à New York. Pour réaliser la sauce tomate, il sera utilisé des sucres spéciaux comme le sirop de riz, un humidifiant et un stabilisant utilisés tous deux dans la crème glacée industrielle.

Les perceptions acidulées sont mises en évidence par quelques composés aromatiques, qui n’ont rien à voir avec un poivron ou une tomate…

Et pourtant, tout cela s’appelle bien une pizza « de survie ». Les dégustations à l’aveugle ont été unanimes : il s’agit vraiment d’un goût de pizza, et impossible de manière gustative de différencier une pizza normale d’une pizza longue conservation.

Il y a encore du travail pour le futur avec les fameux bagel New Yorkais ou le hamburger : viande hachée et salade restent encore tout à fait difficiles à rendre longue conservation.

 

 

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Peut-on innover dans le tourisme ?

Le tourisme est un secteur où l’innovation est permanente. On pense bien sûr à la révolution d’internet, qui l’a profondément transformé. Mais les mutations de la filière ne sont pas uniquement liées aux évolutions technologiques. Car le tourisme est avant tout reflet de nos modes de vie, de notre société, et n’a de cesse de se modifier avec elle.

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Temps et modes de consommation du tourisme : de révolution en révolution

Le touriste du siècle dernier n’a plus grand-chose à voir avec celui d’aujourd’hui. Évoluant avec la société, il a traversé plusieurs grandes phases : celle du tourisme réservé exclusivement à la plus haute élite, puis celle du tourisme de masse et de la « standardisation » des vacances. Avec celui-ci sont nés et se sont multipliés plusieurs acteurs économiques : hôtels, clubs de vacances, campings, mais aussi tours opérateurs et agences de voyage. Aujourd’hui les modes et les temps de consommation des moments de loisirs ont encore évolué avec les RTT, la crise, ou encore les nouvelles aspirations des consommateurs. On observe ainsi par exemple que les personnes voyagent globalement moins longtemps, donc moins loin, mais aussi plus souvent.

Surfant sur cette dernière tendance, James Blouzard et Bertile Burel ont anticipé cette évolution des attentes en lançant dès 2004 la société Wonderbox, qui commercialise des coffrets cadeaux. Constatant que le tourisme « traduit l’évolution des modes de vie », James Blouzard explique que leur offre a pour but de « démocratiser l’accès à des expériences insolites et originales », sur des temps plus courts, mais intenses, qualitatifs, et réellement dépaysants. Cette proposition séduit les « nouveaux » touristes : Wonderbox affiche depuis plusieurs années une croissance annuelle de l’ordre de 30%. Le succès s’explique sans doute aussi par le fait que l’entreprise a continué à innover, en misant sur le développement de son offre et de ses partenariats. Et pour y parvenir, James Blouzard souligne l’importance d’une gestion rigoureuse, le socle indispensable de finances saines. Wonderbox dispose à cet effet d’une trésorerie excédentaire de 9 mois de chiffre d’affaires : de quoi rémunérer ses 15 000 partenaires, et conserver durablement leur confiance. Côté utilisateur, c’est sur un service client de qualité que l’entreprise mise pour maximiser la satisfaction. Cette façon d’appréhender le marché semble avoir porté ses fruits : Wonderbox est aujourd’hui leader de son secteur, avec 1.5 millions de coffrets vendus en 2012, et près de 45% de parts de marché en 2013.

A la recherche des niches : des innovations permanentes… pour quelques idées gagnantes

Le tourisme « thématique » est une autre des tendances majeures de l’innovation dans le secteur. On pense au tourisme culturel ou au tourisme sportif qui se sont imposés au fil du temps. Mais les acteurs de la filière n’en ont pas terminé de tester de nouvelles idées. Ainsi, ces dernières années, c’est le concept du tourisme durable qui a émergé. L’idée, en phase avec les préoccupations sociétales actuelles : faire en sorte que l’activité touristique préserve et respecte l’environnement sur long terme. Certaines agences de voyage se sont spécialisées sur le créneau, et certains acteurs historiques s’y sont adaptés en développant une offre spécialisée. On peut citer les Gîtes de France qui ont lancé les « Gîtes Panda », auxquels le WWF accorde son label. Les géants Euro Disney et Pierre & Vacances sont quant à eux engagés dans la construction de « Villages Nature »,  un projet de centre de vacances situé en Seine-et-Marne et basé sur le respect des principes du développement durable. Le tourisme durable, intégré dans un projet sociétal et dans les nouvelles mœurs de consommation, fait d’ailleurs aujourd’hui l’objet d’une charte éditée par l’organisation mondiale du Tourisme, comme de plusieurs labels (par exemple ATR, Agir pour un Tourisme Responsable).

Le voyage sur mesure est une autre niche qui connaît un succès de moins en moins confidentiel. Destiné à une clientèle plus aisée et donc moins touchée par la crise, le voyage sur mesure répond à un vrai besoin d’individualisation et de différenciation, prenant le contre-pied du voyage de groupe : « c’est une façon de voyager qui gagne du terrain en France », observe Jean-François Rial, le PDG de Voyageurs du Monde. L’entreprise, qui en a fait sa spécialité depuis 30 ans, peut se réjouir : dans un marché en baisse de 4%, son pôle voyage sur mesure affiche une belle hausse de 3.9%. Pour poursuivre son développement, Voyageurs du Monde mise aussi sur l’innovation avec notamment une montée en gamme grâce à la mise en place de services complémentaires (assistance, conciergerie…). Pour Guy Raffour, qui dirige le cabinet d’études Raffour Interactif, le tourisme de demain est là : « il faut privilégier le spécifique, le personnalisé, le thématisé […]. L’avenir du tourisme de masse est dans une somme de niches ».

L’innovation touche jusqu’à la nature des prestataires

Face à l’évolution des modes de vie mais aussi des conditions économiques, certains viennent bousculer les fondamentaux du secteur et la nature même de ses acteurs « traditionnels ». On assiste par exemple en ce moment à une pratique en plein essor : celle de l’hébergement à domicile par les particuliers, qui vient concurrencer les hôteliers classiques. L’objectif est certes de faire des économies, mais aussi de voyager « autrement ». En France, c’est la start-up Sejourning qui a investi ce créneau. Pour Julien Delon, qui en est le co-fondateur, le développement de son activité trouve son explication dans l’évolution des mentalités des voyageurs : « les voyageurs sont à la recherche de souplesse, de confiance, de transparence, d’authenticité… ce que les modes d’hébergement traditionnels ne proposent plus ». Et il n’est pas le seul à y croire : Sejourning a levé 400 000 € en juin dernier, et vient d’intégrer l’incubateur parisien du tourisme Welcome City Lab. Une innovation à suivre de près, qui pourrait devenir une tendance forte du futur.

Innover est plus qu’une possibilité : c’est une nécessité

L’histoire l’a prouvé, les mutations récentes continuent à l’illustrer : dans le tourisme,  non seulement on peut innover, mais c’est un impératif pour rester en phase avec les attentes des consommateurs. Car si certaines nouveautés peuvent laisser perplexes (du  tourisme noir, qui consiste à visiter des endroits associés à la mort, au tourisme de guerre, qui fait l’objet d’un roman satirique de Ruy Zink*), d’autres transforment profondément le secteur et ses acteurs économiques, et deviennent finalement la norme. Ceux qui vivent les plus belles success stories du tourisme l’ont bien compris…

(*) Le destin du touriste

Désamiantage : des progrès et des perturbations

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L’amiante fréquemment utilisée dans le passé devient un fléau qui fait peur. Des seuils ont été mis en place ainsi que des conditions de désamiantage, comme le décret du 8 avril 2013 qui qualifie les règles techniques et le mesures de prévention et de protection. Les procédés innovants pour agir, sont récents : ils datent de 2012. Focus sur ces dispositifs et à leurs conséquences bien encombrantes.

Perturbations bien encombrantes pour l’activité professionnelle

La crise liée à l’amiante qui a eu dans les locaux de la RATP fin 2013 a perturbé très fortement le trafic. Les conséquences ont été très importantes pour les usagers, ainsi que pour l’économie française indirectement.

Une autre perturbation, fort embêtante a eu lieu à la tour Montparnasse. Un demi-millier d’employés d’Amundi, la filiale de gestion d’actifs du Crédit Agricole ont dû être évacués le 27 juin 2013. L’Ensemble Immobilier de la Tour Maine Montparnasse (EIMM) a commencé des travaux de désamiantage dans la tour en 2006. Ce jour du 27 juin a été marqué par une mesure anormalement élevée du taux d’amiante dans l’air à certains étages. Le seuil est fixé à 5 fibres d’amiante par litre d’air. Et les salariés du 33ème étage, n’ont pas eu le temps de dire 33 au médecin du travail. Ces 33 salariés de la CNP ont été immédiatement déplacés dans un autre site pour revenir une dizaine de jours plus tard. Cependant, l’inspection du travail, la caisse régionale d’assurance maladie et la médecine du travail ont déconseillé formellement le retour dans les locaux de l’EIMM.

Des innovations efficaces pour répondre à une réglementation très exigeantes dans l’industrie

Pour les bureaux comme à la tour Montparnasse, dont l’infrastructure doit être désamiantée, les équipements à mettre en place sont lourds.

Pendant la phase de désamiantage qui s’effectue par des professionnels revêtus de tenues inconfortables, et un système spécifique comme les scaphandriers pour respirer, plusieurs sas de décontamination doivent être mis en place, pour protéger à la fois le professionnel mais également la population aux alentours. Le système de ventilation doit également être maîtrisé pour filtrer l’air pendant l’opération de décontamination. Les équipements et règles sont proches des environnements hostiles comme pour l’industrie nucléaire.

L’innovation la plus impressionnante vient du désamiantage des pièces industrielles. C’est ainsi qu’en Corrèze, une filiale de l’entreprise Freyssinet (Groupe Vinci), MTS (Maintenance et Travaux Spécialisés), a mis au point une unité fixe de désamiantage. Pour répondre à leur client EDF qui doit désamianter des conduites forcées pour les barrages hydrauliques. Leurs tailles souvent énormes obligent à un traitement spécial.

Cinq sas sont nécessaires pour entrer dans le local de désamiantage et qui correspondent à cinq niveaux de contamination. Les pièces techniques qui possèdent quelques microns d’épaisseur d’amiante sont décapées avec une lance à très haute pression. Les eaux contaminées sont filtrées pour retourner dans les eaux de consommation courante. L’opérateur qui décape est suivi par liaison radio à un centre de pilotage qui permet de conduire l’opération en toute sécurité et efficacité.

Il ne serait pas impossible que cette innovation puisse s’étendre dans les bâtiments, une fois démontés de leurs parures, ne laissant apparaître que la structure.

Si la réglementation reste très exigeante, il existe tout de même un décalage avec les moyens spécialisés mis en place pour le désamiantage qui vont exiger encore davantage d’innovation.

Compétences d’avenir : un tour d’horizon

Réseaux intelligents, information, révolution énergétique : les mutations dans ces domaines d’avenir, pourtant  déjà bien engagées, sont loin d’avoir encore livré tout leur potentiel. Les compétences de demain, basées sur ce socle, seront celles qui porteront ces changements techniques… et sociétaux.

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Réseaux : des ondes, des hommes et des objets

Les réseaux, internet en tête, ont en quelques années bouleversé nos modes de consommation, de travail et de vie. Après s’être affranchis des fils, après avoir relié les hommes et plus seulement les machines (on parle de « web social »), les réseaux nous font désormais entrer dans l’ère de « l’internet des objets ». Le développement de ces « objets connectés » est un vrai gisement de compétences d’avenir : on compte 15 milliards d’objets connectés en 2012, ils seront 80 milliards en 2020 selon l’institut Idate. Et il reste beaucoup à inventer, du point de la technique mais aussi des usages.

Pour les entreprises du secteur, le défi est « d’imaginer des usages innovants et un design attractif », analyse Jean d’Arthuys, le directeur de Bpifrance. Avec son thermostat dessiné par Philippe Starck, Netatmo se positionne bien sur les deux registres : cet outil intelligent et connecté mesure les habitudes des habitants du logement pour adapter le chauffage en conséquence. La jeune société française, créée en 2011, s’était déjà faite connaître avec sa station météo connectée du même nom. Fred Potter, son fondateur,  prédit : « le processus ne fait que commencer. Le digital et la connexion à internet vont dévorer l’ensemble des autres industries ». D’où, pour lui, le très bel avenir des carrières d’ingénieurs en informatique.

La maîtrise de l’énergie : une compétence précieuse

Et dans ce monde toujours plus connecté, mais aussi plus mobile, la gestion de l’énergie est un enjeu essentiel. A plus forte raison quand on sait que notre fonctionnement actuel, polluant et basé sur des ressources limitées, n’est pas tenable sur le long terme. Il y a là une vraie compétence d’avenir : celle de parvenir à sécuriser notre approvisionnement énergétique, de façon propre et durable. L’innovation de Sunpartner, qui a mis au point Wysips, un système qui rend la cellule photovoltaïque invisible, s’inscrit dans cette dynamique. Cette technologie permet d’« avoir une énergie qui ne soit pas uniquement centralisée, mais aussi décentralisée », explique le fondateur de Sunpartner, Ludovic Deblois. D’où un potentiel immense en matière d’autonomie et de sécurité énergétique.

La problématique du stockage de l’énergie a également toute sa place dans ce contexte. C’est d’ailleurs l’objet d’un récent rapport de l’ADEME (1) qui estime qu’il s’agit d’une compétence stratégique, qui verra « son potentiel et sa rentabilité s’accroître durablement à partir de 2030, quand les puissances installées de photovoltaïque et éoliennes se seront accrues ». Ce n’est pas Pascal Mauberger, le président du directoire de Mc Phy Energy, qui dira le contraire : son entreprise a mis au point le premier système qui permet de stocker l’hydrogène sous forme solide, répondant, affirme-t-il, à l’un  « des challenges de la transition énergétique en France ».

La convergence des compétences

Mais finalement, ces exemples le montrent, la principale compétence d’avenir sera sans doute la transdisciplinarité. Technologies réseaux, techniques industrielles, énergie, design, usages : il n’est plus possible de séparer hermétiquement ces savoir-faire. Cette idée, mise en lumière par l’étude « Future Work Skills 2020 » (2) de l’Institute for the Future, est, selon l’analyse de Thomas Peaucelle, essentielle. Le Directeur Général Délégué de Cofely Ineo, la filiale de GDF Suez spécialisée dans le génie civil et la maintenance des réseaux, l’affirme : « je souhaiterais que cette pensée systémique, transversale, pluridisciplinaire, soit mieux représentée dans la culture française aujourd’hui ». L’exemple des smart grids, ou réseaux électriques intelligents, dans lesquels Cofely Ineo évolue, complémentaires, en matière de génie électrique et d’informatique, est particulièrement éloquent. En effet, ce « gigantesque intranet, la Toile de l’électricité », comme les définit Olivier Seznec de Cisco, mobilise des compétences transverses.

« D’un point de vue technique, l’énergie de demain sera le résultat de beaucoup plus de numérique. Cela permettra aux citoyens de redevenir acteurs de leurs consommation », explique Thomas Peaucelle, illustrant bien qu’informatique industrielle, réseaux électriques et analyse des usages sont intimement liés. Ainsi, Cofely Ineo a déjà déployé plusieurs projets de ce type. C’est le cas à Toulouse, où le projet Smart ZAE associe production d’énergies renouvelables, système de stockage et gestion de la consommation à l’échelle d’une zone d’activité économique. Plus qu’une compétence numérique ou électrique, il s’agit bien de mettre en oeuvre à un niveau local un système global répondant à une vision des usages, et finalement de la société de demain : une énergie plus intelligente et mieux maîtrisée, pour une société plus propre.

Finalement, si les compétences d’avenir reposeront sans nul doute sur la maîtrise des technologies, numériques et industrielles, et surtout sur leur association, elles seront aussi probablement associées à une vision pertinente de ce que l’on veut faire de ces outils au potentiel quasi-illimité. En bref, plus qu’un savoir-faire, elles seront une façon d’être, et de penser… et surtout de se former !

(1)  http://ademe.typepad.fr/presse/2013/11/etude-stockage-energies.html

(2)  http://www.iftf.org/our-work/global-landscape/work/future-work-skills-2020/

Des innovations toujours plus inattendues aux J.O. de Sotchi

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Les Jeux Olympiques les plus chers de l’histoire se démarquent aussi en termes d’innovation, et de spécificité, tant du point de vue environnemental que de la préparation des athlètes.

Innovations environnementales

Afin de construire le site olympique de Sotchi, 36 projets d’entrepreneurs ont été présentés dans huit catégories.

En premier lieu, la gestion de l’eau pour fabriquer la neige. La grande partie du site olympique est recouverte de neige artificielle. Alors la gestion de l’eau est fondamentale. Aussi, une catégorie correspond à la production d’eau industrielle et un autre de récupération des eaux qu’elles soient usées ou encore les eaux de pluies.

Au-delà de la gestion et du recyclage de l’eau, le maintien du biotope naturel s’avère une autre priorité. Ainsi un programme pour réintroduire et préserver le léopard de Perse a été mis en place.

De la même manière, la gestion des déchets était au centre des préoccupations. Une catégorie faisait justement une première en Russie dans la gestion environnementale des déchets de tous ordres.

Hélas, le retard de l’ensemble des programmes a été pris, et beaucoup d’athlètes se sont plaints des conditions dans lesquelles ils étaient hébergés. L’eau du robinet sortait jaune, avec une odeur de putréfaction bien prononcée. Autant dire qu’il n’était même pas possible de se laver les dents avec et peut-être de se laver sous peine de sentir le léopard sur les pistes…

Dassault Systèmes au cœur du bobsleigh innovant américain

Le bobsleigh à quatre places des athlètes américains avait déjà remporté en 2010 les Jeux Olympiques de Vancouver avec le « night train ». La piste des derniers JO était extrêmement rapide et pentue.

Cette fois-ci à Sotchi, la piste comprend des tronçons ascendants, au nombre de trois. Ces ruptures restent tout à fait intéressantes au niveau technique, puisqu’au-delà des équipes, c’est l’engin lui-même qui devra faire toute la différence. Alors les américains ont décidé de soigner leur bobsleigh.

C’est ainsi qu’est né le « night train 2 », qui a été conçu avec des logiciels 3D, comme Solidworks de Dassault systèmes. La conception 2D a été abandonnée. C’est grâce « au Product Lifecycle Management » (PLM) que l’équipe de Christian Legrain, Directeur PLM de Dassault Systèmes a pu au mieux conseiller Goeff Bodine le porteur du projet américain. Il s’agit d’optimiser l’usage du produit selon son utilisation très particulière.

La modélisation allait bon train, connaissant à l’avance le tracé de cette piste nouvelle de Bobsleigh. Rien n’est laissé au hasard ensuite pendant les séances d’essais et d’échauffement. Les athlètes sont bardés de capteurs qui permettent de maximiser les performances, de corriger des défauts et d’indiquer des éléments contraires au raisonnement instinctif pour descendre une piste. Le hasard n’a donc plus lieu d’être.

Innovation mentale

Sans oublier les aspects techniques, le mental reste un sujet majeur pour réussir à gagner une médaille. Et ce qui est innovant est de faire du neuf avec du vieux. Autrement écrit, les athlètes ont pris une habitude de convier les anciens champions de leur discipline et de leur pays pour recueillir sur place les meilleurs conseils et petites astuces. Et ç’est sans doute cela qui fait gagner.

La micro-cogénération va envahir la France

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La semaine dernière ont eu lieu à Paris les journées françaises de la micro-cogénération. La production simultanée et autonome de chaleur et d’électricité dans un unique bâtiment devrait devenir une voie d’avenir rentable et efficace en France.

Principe technique de la micro-cogénération

Pour de petits volumes (micro), il s’agit de produire de manière autonome chaleur et électricité. Par rapport aux installations classiques électriques, type centrale électrique, le rendement global dépasse rarement les 40%. Avec une centrale micro-cogénération, le rendement est bien plus important et atteint aisément les 80%. Le moteur Stirling, du nom de son inventeur au 19e siècle est une centrale de cogénération, qui est aujourd’hui extrêmement répandue, mais pas vraiment en France curieusement.

Il existe trois technologies de cogénération : moteur Stirling, moteur à combustion interne et pile à combustible. Le rendement électrique de cette dernière reste le plus performant des trois (pouvant atteindre jusqu’à 60%).

Il suffit de regarder le réseau traditionnel en France : le centrale nucléaire produit de la vapeur, soit de la chaleur qui est ensuite transformée en électricité, puis dans une habitation, en chaleur (radiateur, plaques électriques,…).

L’intérêt de la co-génération va limiter le pic électrique l’hiver, du fait d’une autonomie énergétique améliorée dans une habitation. La micro-cogénération, (inférieure à 36kWe) d’origine gaz naturel va justement lisser ces pics et éviter une sursaturation du réseau électrique qui peut conduire au noir complet (panne générale).

Un habitat individuel particulièrement concerné

A l’heure où le prix de l’énergie grimpe et va continuer sa course à la hausse programmée, certaines centrales énergétiques jusqu’à présent boudées en France deviennent tout à fait intéressantes en termes d’opportunités.

Les chaudières actuelles sont déjà très évoluées, et on arrive « au bout de l’optimisation », selon Claude Freyd (de Dietrich Thermique). C’est pourquoi les piles à combustibles sont aujourd’hui promises à un très bon avenir en matière de micro-cogénération pour les habitations individuelles. Ce n’est donc pas un hasard si GDF Suez s’est emparé du sujet encore au stade de développement avec des partenaires industriels que le géant industriel va suivre et conduire vers des applications concrètes. Ainsi, David Dupuis, le responsable des activités de micro-génération à la Direction de la Recherche  et de l’Innovation de GDF Suez, au CRIGEN (Centre de recherche et d’Innovation du Gaz et des Energies Nouvelles) insiste sur « l’arrivée dès 2016 des piles à combustible pour la micro-génération ». Son équipe a pris le leadership européen dans le programme ENE.Field avec presque une trentaine de « field-test » français, et des références industrielles légitimes comme Vaillant, Baxi, Bosch, et d’autres.

Référence française

C’est un véritable retournement, puisque sur 40 000 unités de micro-cogénération en Europe, la France ne dispose que d’une centaine d’unités. En comparaison, le Japon très en avance, dispose d’un marché où 40 000 unités se vendent chaque année.

La France compte bien revenir sur le devant de la scène. Les technologies sont au point. M. Dupuis reste discret, sur la stratégie de GDF Suez. Ce dernier compte sans doute prendre possession du marché qui s’ouvre en France, encore embryonnaire, et pourquoi pas en s’inspirant du succès nippon.

Le prix d’une unité de micro-cogénération devrait rapidement rejoindre celui des meilleures pompes à chaleur électriques, même si ce ne sont pas des technologies comparables. Dans son usage, les performances énergétiques du micro-cogénérateur au gaz naturel restent supérieures, notamment pour la technologie pile à combustible. Le prix reste encore trois fois plus cher qu’une pompe à chaleur électrique haut de gamme aujourd’hui (compter 35 000 euros environ pour une pile à combustible pour une maison individuelle).