Innovation : une fonction galvaudée ?

Innovation, innover,… des considérations politiques aux applications pragmatiques, le spectre est large et souvent confus que le mot « innovation » est mis à tout bout de champ. Qu’est-ce que l’innovation au juste ?

Sémantique de l’innovation

Selon le dictionnaire Larousse, l’innovation « est un ensemble de processus qui se déroule depuis la naissance d’une idée jusqu’à sa matérialisation ». Tout porterait à croire que l’innovation serait quelque chose de nouveau qui serait ordonné par un processus caractéristique.

L’aspect nouveauté reste un fondement de l’innovation, « à condition qu’il soit intégré dans un contexte social pragmatique. C’est ce qui le différencie d’une idée » indique fermement Frédéric Adolph, dirigeant de Lean’Ovation, une entreprise de conseil en amélioration de la performance et en stratégie de l’innovation.

Différences de compréhension

Ce n’est pas un hasard si M. Adolph a appelé son entreprise avec un jeu de mot. Tout simplement parce qu’il existe plusieurs types d’interprétation à la fameuse innovation. Comme ce dernier le martèle, « l’innovation reste un état d’esprit continu qui procure performance et différenciation dans un jeu concurrentiel évolutif ». C’est pourquoi ce spécialiste du lean dont l’entreprise est une référence dans les grandes écoles d’ingénieurs (Agro, Centrale, Polytechnique) et de commerce (HEC), prône une continuité qui permet de se projeter facilement vers l’avenir à la fois du point de vue opérationnel et stratégique en se démarquant des autres.

Ce serait donc cela l’innovation ! Etre différent par son approche sans s’envoler dans des théories stratosphériques qui n’aboutiront jamais. Le contexte social reste très important, car une idée qui ne germe pas dans son terreau meurt. L’innovation est donc une idée qui permet de simplifier ou d’agrémenter une conduite de vie d’un produit ou d’un service. C’est donc à la fois de l’amélioration de la performance continue dans un dispositif, un produit ou un service existant, et on parle d’innovation incrémentale ; mais aussi des nouveautés dans les produits et les processus qui permettent de changer de posture et de fonctionner différemment : on parle d’innovation de rupture.

Approche très business de l’innovation

C’est tellement compliqué que l’on peut s’y perdre, et en premier les politiques. C’est ainsi que pour remettre de l’ordre en politique, la fondation Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) présidée par Dominique Reynié souhaite faire progresser la fonction « en rendant hommage aux acteurs de terrain ». Il est vrai que lorsque le Ministre du redressement Productif Arnaud Montebourg déclare « nous devons ralentir l’innovation pour protéger le vieux business », il y aurait de quoi s’alarmer… Enfin pas tout à fait, car « faire du neuf avec du vieux » se nomme le rétrofit, et c’est très innovant.

Il s’agit juste d’une histoire d’approche et de méthodologie. Tout ce qui est sûr, c’est qu’avec l’innovation, les entrepreneurs construisent l’avenir, encore faut-il savoir comment faire.

Pragmatisme, méthodologie et rigueur

Pour construire l’avenir, autant partir de ses acquis et les valoriser. C’est justement le principe de l’effectuation. Lean’Ovation de M. Adolph met en pratique cette théorie avec son partenaire Vianoveo. Et ça paye. Plus de 900 entreprises ont bénéficié de cette méthode très terre à terre qui exige ouverture, participation de plusieurs groupes, tact et rigueur. Les résultats sont là : une entreprise qui croît durablement, des produits nouveaux, une organisation performante. L’approche politique est identique, et fort est de constater qu’avec l’innovation, politiques et industriels sont au centre… des préoccupations.

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Covoiturage : conduite et écoconduite, ça se mérite !

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Le style de conduite arrive sur le devant de la scène. Entre radars, permis peau de chagrin, voitures de location et co-voiturage, les solutions innovantes sont rares mais efficaces.

Fangio n’est plus d’actualité

Rappelez-vous la publicité pour Audi : « il est l’homme, il aura la femme ». Rien de tel pour épater avec un grand coup d’accélérateur bien polluant d’un pseudo « beau gosse ». Pouah !

Dans la droite lignée du champion automobile Fangio, la vitesse, les excès, les belles voitures ne sont plus au rendez-vous. Et pour cause, la puissance du super conducteur sportif n’est non seulement plus tendance, mais surtout devient un délit qui oblige à s’adapter à son temps.

Quand Fangio roulait seul dans son bolide, les autres fous du volant dévalent la route, prêts à tout pour arriver plus vite, quitte à polluer l’ambiance. Il s’agit d’un problème de civisme complètement d’actualité.

Davantage de bla bla

Comment être sûr de rouler en toute sécurité alors que les voitures modernes sont de plus en plus puissantes ? L’esquive serait de louer. C’est loin d’être un idéal, même si cela est coûteux et en payant tous les PV, sans se voir infliger les réductions de points sur son permis de conduire.

Mais ce n’est pas assez innovant. Alors, il suffit de se faire transporter en co-voiturage. C’est génial, on blablate, et peu de risques sont pris. C’est ainsi que Frédéric Mazzela, fondateur et PDG de blablacar.com, a ainsi pu mettre en avant son site de réservation.

Le champion n’appuie plus sur le champignon

Alors, si vous n’avez pas envie de vous croire dans un grand huit avec un néo-Fangio au volant, il existe des solutions avant-gardistes. Les incitations passives sont dépassées, comme le numéro de téléphone au cul des poids-lourds pour qualifier la conduite.

SaveCode est une jeune entreprise d’à peine deux années qui commercialise une application pour rouler éco, et pas forcément « pépère ». C’est possible ! Destinée à la fois aux professionnels pour maîtriser les coûts de flotte, et éviter les coups (accidents, problèmes avec les assurances, etc), mais aussi au particuliers, l’application permet de qualifier le conducteur et son engin par des évaluations fidèles.

Quand plus de la moitié des habitants des grandes villes ne possèdent pas de voiture, il est temps pour eux de passer au co-voiturage. Mais quelle assurance pour arriver à bon port sans avoir envie de vomir ?

Pour éviter de rouler dans une voiture pas propre avec un Fangio encore en période de stage, rien de mieux que d’être rassuré avant le départ. Le permis de conduire ne veut rien dire : c’est la réputation du chauffeur et de sa voiture qui est en question. Avec SaveCode, et son produit phare EffiDriver, vous pourrez circuler, vous ou vos produits en toute tranquillité.

Fini les accélérations déstabilisantes. Place au blabla ou à la quiétude, et à un environnement meilleur en toutes circonstances. Tout porte à croire qu’avec SaveCode, Blablacar prendrait une assurance tout risque pour le plus grand soin de ses utilisateurs et de l’environnement.

Nouveauté dans l’enseignement : les MOOC

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Les Massive Open Online Course (MOOC), qui indiquent un enseignement ou une formation par le biais du web, deviennent de plus en plus présent. Focus sur cette nouvelle manière d’apprendre, et… d’apprendre à apprendre.

Nouveauté technologique

4G, web, réseaux sociaux,… Toutes les technologies et supports sont bons à prendre pour faire évoluer les habitudes. Pour les 18-25 ans, les réseaux sociaux sont assimilables à l’eau chaude : c’est nécessaire pour vivre confortablement. Sans internet, la classe Y, semble désemparée. Un étudiant de la faculté de droit d’Aix-en-Provence, Steve, déclare qu’il ne peut pas sortir sans sa tablette, alors qu’il peut sortir sans son portefeuille ou son porte-monnaie. C’est « comme si je sortais nu, et je suis pudique dans la vie ».

Adaptation moderne

Alors pour vivre avec son temps, les cours évoluent. La demande est de plus en plus forte pour être formé sans trop bouger géographiquement. Alors des universités se sont penchées sur le problème. Par exemple, l’Université Internationale de Monaco, qui siège sur le rocher dans l’un des plus petits Etats du monde a mis en évidence les cours à distance online.

Les supports sont prêts, l’enseignant est rôdé, et les étudiants doivent se connecter pour assister au cours à un horaire donné. Les étudiants peuvent être disséminés sur tout la planète, peu importe. L’effort de se connecter est suffisamment important pour l’élève qu’il sera sans doute assidu. En cas d’absence relevée, évidemment, sans faire l’appel, puisque la connexion permet de tracer cette information, les avertissements seront de rigueur.

Rigueur et pertinence obligatoire

Avec de tels cours « online », les enseignants sont obligés d’aller directement aux faits, sans verbiage ni discours dans le vide. Ainsi, Madame Dominique Mazé qui est Professeur à l’Université Internationale de Monaco indique que « les supports doivent être pertinents, tout comme les cours qui auront lieu, le délayage n’est pas possible et l’excellence reste obligatoire ». Il n’y a donc pas droit à l’erreur tant sur le fond que sur la forme.

Cependant, les MOOC évoluent dans ce dédale d’innovation à la fois technique et stratégique pour l’enseignement de demain. A l’image de l’open innovation, qui permet de partager une idée dans un environnement social où tout le monde peut contribuer, les MOOC peuvent ainsi s’ouvrir à toute personne à la demande, via des vidéos sur les réseaux sociaux et aux supports de cours en ligne en accès libre.

Qualité du MOOC

Sur internet, on peut trouver toutes sortes de choses, mais hélas, la pertinence et l’exactitude des éléments ne sont pas toujours au rendez-vous. Ainsi, pour un cours de piano trouvé sur YouTube, avec un support de cours trouvé en lien sur un autre site, la méthodologie n’était absolument pas rigoureuse et l’élève ne pouvait pas vraiment progresser convenablement.

Toute la question des MOOC, qui vont se démocratiser réside dans la pédagogie qui reste tout à fait spécifique. L’enseignant doit donc être formé pour transmettre son savoir avec ce canal de communication. Tout est différent, des supports qui sont distingués, à la fois des supports de références et les supports de cours (un powerpoint par exemple). L’innovation des techniques efficaces se fait donc attendre.

De l’informatique dans notre assiette ?

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La Silicon Valley accueille depuis quelques mois de jeunes entreprises dans l’agro-alimentaire. En France, cette innovation est toujours d’actualité depuis plus de …20 années. Retour sur des parcours innovants de jeunes agros visionnaires hors normes devenus des bêtes de l’innovation dans le management des services.

Silicon Valley de l’Agroalimentaire, copie inspirée d’une vision française

Si les gâteaux m’étaient contés… C’est justement ce que recherche la nouvelle « Agriculural Valley » de San Francisco lors du TechCrunchDisrupt. Une dégustation de cookies, qui se termine par des rêves que la Silicon Valley souhaite faire devenir réalité, soit des blancs de poulets fabriqués avec du végétal, des steaks de bœuf par impression 3D. Bref, comme toujours, les américains sont tombés sur la tête, même si Bill Gates ou Peter Thiel ou Vinod Koshla, de grands hommes d’affaires de la Silicon Valley sont de très grand investisseurs dans ce nouveau eldorado provoqué dans ce nord californien.

En fait, la France est ultra connue pour ses innovations gastronomiques, mais les innovateurs le sont un peu moins. Tout ce patrimoine culinaire et culturel hexagonal souhaite être copié. Alors, ce n’est pas un hasard, si les français ont décidé de le protéger en patrimoine immatériel de l’humanité. Et l’un des membres de la commission qui a soutenu cette protection est le Docteur Emmanuelle Vaudour, ingénieur Agro, œnologue et Maître de Conférences à l’Agro, la plus réputée des écoles d’ingénieurs d’Europe. Et les américains sont encore loin de protéger un patrimoine culinaire, sauf si vous souhaitez manger un steak bovin d’origine végétale…Beurk !

Les français en avance sur la Silicon Valley

« Cap sur l’innovation des services pragmatiques et naturels » : c’est ce que martèle Frédéric Adolph, ingénieur Agro, spécialiste de l’amélioration de la performance, fondateur de Lean’ovation et proche du monde agricole. Cet alsacien passionné a permis à ses clients d’innover dans l’agroalimentaire tout en conservant les liens élémentaires à la matière première. Alors, des blancs d’œufs qui pourraient virer au thon blanc, ça ne lui parle absolument pas, cela peut paraître dégradant « d’artificialiser un produit naturel sous couvert de performance et de marketing », selon l’associé de M. Adolph.

Justement, les français innovent en valorisant les bases. Ainsi, Stephen Dumont, ingénieur Agro, le roi de la pomme de terre précuite commercialisée sous vide dans le passé, a décidé de tout plaquer et de revenir au terroir, en ouvrant une pizzeria innovante à Dinard (Côtes d’Armor) qui ne sert que des produits nobles et de qualité autour de l’Italie en Bretagne. Son leitmotiv : ne pas dénaturer les produits pour au contraire les sublimer.

Et l’agro-alimentaire française va encore plus loin. Ainsi, Cristelle Pavec, ingénieur Agro et véritable visionnaire qui dirige InAdeo, cabinet de conseil en finance, a su convaincre investisseurs et banques à rationaliser leurs services autour de l’authenticité. C’est aussi le cas de Cedric Damiens, ingénieur Agro et fondateur de Aldea, cabinet en conseil d’organisation de systèmes informatiques. L’informatique vit à partir de la nature…

A contre-courant

La Silicon Valley souhaite partir de l’informatique pour rallier le naturel, une cuisine cassante et par gourmande.

Comme l’activité de M. Damiens l’indique, les agronomes français sont à contre-courant, sans doute très avant-gardistes sur le sujet. Et pour couronner le tout, Judith Jiguet, elle aussi ingénieur Agro, entrée en politique à l’écologie, qui s’est ensuite dirigée vers le commerce en devenant DG de la CCI France. L’Agro française dispose ainsi plusieurs longueurs d’avance, en partant de l’agroalimentaire pour évoluer vers les services, le commerce et l’informatique où le mélange dans le chaudron s’avère très innovant.