Dopage de conseil d’administrations en panne de décisions : les fonds activistes sont-ils si innovants ?

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Les fonds activistes font de plus en plus parler d’eux. Détenant une part très minime d’un capital, ils sont capables de faire la zizanie dans un grand Groupe avec pour objectif de faire monter le cours de l’action. Quelles opportunités d’opérer avec ces fonds mal connus ?

Petit mais costaud

Les fonds activistes possèdent souvent moins de 1% du capital d’une grande entreprise. Leur objectif est de bousculer les habitudes, d’influencer une grosse rupture dans la gouvernance histoire de créer davantage de communication, de buzz, et de donner un coup de sang nouveau dans l’entreprise.

Selon certains dirigeants, les qualifications fusent : « fouteurs de merde » selon un DG d’une entreprise cotée au second marché qui souhaite garder l’anonymat. Et la trouille n’est pas bien loin, lorsque l’ancien patron de l’entreprise Yahoo !, Scott Thompson, qui dirigeait pourtant avec dynamisme le moteur de recherche outsider de Google, s’est vu remercier du jour au lendemain. Le fond activiste Third Point, né en 1995, et dirigé par Daniel Loeb, possédait 6% de Yahoo ! M. Loeb a su imposer Madame Marissa Mayer à la tête de Yahoo ! en limogeant M. Thompson.

Ces habitués du contre-courant sont en fait nombreux. Ils sont des petits porteurs qui arrivent en catimini dans un capital, sans pouvoir réellement les identifier à première vue. Ces remueurs ont pour vocation de réveiller une gouvernance jugée à leur goût trop statique, rigide ou pas assez efficace.

Prochaine étape de Third Point : obtenir une scission du géant Sony, dont il détient 6.5%, et qui aurait pour conséquences de gonfler le titre à très court terme.

Mercenaires de la décision court terme

Ces frondeurs forment tout de même un tout petit monde, même s’ils sont en pleine explosion démographique. Les mêmes noms reviennent souvent, comme Carl Icahn qui aujourd’hui intervient en porteur minoritaire chez le constructeur de matériel informatique Dell, mais qui compte bien faire entendre sa voix…

Récemment, en avril 2013, Greenlight Capital, mené par David Einhorn, a influencé ardemment la redistribution de cash de l’entreprise technologique Apple. Sur une durée de deux ans, l’américain devra verser 100 milliards de dollars aux actionnaires. La stratégie pour décider a été extrêmement bien orchestrée, au point que la gouvernance d’Apple a accepté cette redistribution… qui constitue la plus grosse opération de distribution de cash de l’histoire des entreprises privées !

Or, cette opération témoigne des opérations coup de poing, très opportunistes, souvent à très court terme, afin d’empocher la plus-value en brisant un rythme de croisière pour ensuite se retirer. Cette stratégie reste souvent incompatible avec les stratégies à plus de cinq ans.

Alors, il semble important d’identifier ces activistes mercenaires s’ils ont l’intention en qualité d’actionnaire minoritaire de régner sur la stratégie d’un Groupe. Dès lors que l’apport est constructif et que les décisions qui trainent en longueur sont en fait prises en donnant un coup de pied dans la fourmilière, rien n’est plus louable. Encore faut-il connaître les intentions de ces fonds activistes qui pour certains n’ont aucun scrupule à presser le citron jusqu’à ce qu’il soit complètement sec…sans innover

Les français ne sont pas épargnés, comme Pages Jaunes et Darty. Ce dernier se voit contraint par le fonds activiste New Yorkais Knight Vinke, à une réorganisation importante pour maximiser les résultats.

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