Vers une Afrique innovante

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En fin de semaine aura lieu la réunion des plus grands chefs d’entreprises africains à Paris. L’Elysée accueillera comme il se doit ces invités de marque lors d’une conférence débat présidée par François Hollande. L’Afrique innove-t-elle pour que la France mette les petits plats dans les grands ? Justement, un forum est conjointement organisé à ce sujet.

Délocalisations propices

En 2013, plus de la moitié des délocalisations françaises se sont effectués en Europe (source Insee). L’Afrique est en seconde position avec presque un quart des délocalisations. L’Inde et la Chine représentent chacun 18% des délocalisations françaises.

Et dans ce panel, 25% des mouvements de délocalisations sont issus d’un mouvement d’un pays en voie de développement vers un autre. Concrètement cela se traduit par un mouvement industriel par exemple de la Chine vers l’Afrique. C’est le pari qu’a effectué H&M vers l’Ethiopie après avoir concentré plus de 80% de sa production en Asie.

Des techniques innovantes

Si l’Afrique attire tant c’est non seulement pour le prix de sa main d’œuvre qui est attractive, et stable pour le moment contrairement à la Chine où les coûts de main d’œuvre s’envolent ; mais c’est surtout pour l’ingéniosité africaine, à la fois très simple et très « système D » fiable.

Alors ce n’est sans doute pas un hasard si l’Etat français organise conjointement à ce grand sommet à l’Elysée un « forum Afrique : 100 innovations pour un développement durable ». L’Agence Française du Développement (AFD) est également partenaire de cette manifestation. Ceci indique que les débats seront tout à fait pragmatiques, sans craindre vraiment de voir l’évènement phagocyté par une actualité politique en Afrique très importante.

Des projets très concrets seront présentés par les porteurs qui auront préalablement déposé un dossier complet. Ces porteurs doivent obligatoirement être d’origine africaine, résidents de ce continent et avoir déjà réalisé ou expérimenté une innovation à un premier niveau.

La France compte bien aider ce continent avec un échange d’affaires à la clef. En effet, n’oublions pas que les chinois sont devenus de très grands alliés commerciaux de l’Afrique depuis quelques années. La Chine compte doubler ses prêts en Afrique, et donc bien évidemment s’implanter en termes industriels là-bas, avec une perception à la fois de fournisseur et aussi de client.

L’Afrique représente un marché à très haut potentiel que chaque puissance économique convoite. Et c’est peut-être cela l’innovation dans les affaires, à savoir monter un partenariat tripartite France-Chine-Afrique. Le résultat du forum du 7 décembre qui se tiendra au siège de la CCIP (Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris), à l’hôtel Potocki à Paris, devrait orienter les tendances à court terme et moyen terme.

Un besoin de sécurité pour les affaires en Afrique

Outre les affaires, le chef de l’Etat français reçoit ses collatéraux africains pour parler de la paix et de la sécurité en Afrique. Et c’est une condition prioritaire pour amorcer de nouvelles affaires sur le continent africain. Les PME et les grands Groupes français ne souhaiteront pas participer à l’innovation africaine si la sécurité, tant des hommes que des infrastructures, n’est pas clarifiée et actée.

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