Sédentariser les hommes : une vraie innovation sociale

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Le mouvement des bonnets rouges que connaît en ce moment la France a permis de contester le principe de l’écotaxe visant à instaurer un impôt sur un déplacement de marchandises. La fonction qui consiste à faire payer les personnes ou les biens pour un déplacement s’avère tout à fait innovant au niveau social, notamment pour contrôler les populations et pour davantage régionaliser. S’agit-il d’un contre-courant à la mondialisation ?

Sédentariser : un principe de base historique

Le fait de payer un déplacement par un Etat ou une autorité est issu d’un principe ancestral. Ainsi en Chine, le contrôle des populations qui se déplacent d’une région à une autre, s’avère toujours actif. Un droit de passage est demandé, moyennant une autorisation qui bien souvent payante. Le principe des visas payants pour les passeports s’en inspire également.

Ainsi, un pays totalitaire a tout intérêt à contenir sa population pour éviter tout soulèvement, notamment en rendant payant un déplacement.

Quel rapport avec l’écotaxe ? Dans un premier temps, ce dispositif, s’il était mis en place, permettrait de ralentir les déplacements de biens et de marchandises avec un impôt à régler. A terme, il semble évident que le nombre de camions sur les routes diminuerait, avec une incidence directe sur la réduction des émissions de gaz carbonique. Ensuite, ce principe pourrait se généraliser à l’ensemble des déplacements avec des véhicules. Le coût prohibitif d’un déplacement compte-tenu du prix à la pompe qui augmente, de l’écotaxe à rajouter, du péage des concessions d’autoroutes, devraient ainsi limiter les flux migratoires. Et à moyen terme, c’est une manière de sédentariser les populations et changer leurs habitudes. Il est évident de comprendre que le déplacement en voiture, c’est la liberté, contrairement aux transports en communs davantage contraignants.

 

Innovation sous contrainte par des changements de comportements

Le fait de sédentariser les populations permet notamment de changer ses habitudes. Ainsi, les modes de consommation risquent d’évoluer. Les produits auront majoritairement des provenances locales ou régionales, sous peine de voir les prix s’envoler. Le phénomène des locavores, qui s’explique par une consommation de produits exclusivement locaux risque donc de se démocratiser.

L’autre phénomène vertueux, sous la contrainte de déplacements limités pour des raisons économiques, serait de consommer de manière raisonnée. Fini donc la Société de consommation, où les poubelles se remplissent de tout ce qui n’est pas consommé ou encore des emballages et suremballages issus de provenances éloignées de produits.

L’innovation consisterait à un « retour en arrière », pour consommer mieux et moins. Et le principe de terroir prend ici toute son importance, comme l’a déjà si bien formulé le Professeur Emmanuelle Vaudour, Maître de Conférences à AgroParisTech, qui définit le terroir avec des notions géographiques, de slogan et d’origine et d’usage dans son ouvrage « Les terroirs viticoles » chez Dunod. Sédentariser permet donc d’interagir sur les habitudes et les comportements de manière très innovante. Pour le moment, l’actualité des bonnets rouges permet d’entendre une ras-le-bol fiscal. Et pourtant la vision à moyen terme est tout autre.

 

 

 

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