Les lampes basse consommation : innovation ou arnaque programmée ?

Depuis le 1er janvier 2013, les lampes classiques, dites à incandescence, sont interdites à la vente et vont devenir rapidement des objets de convoitise des collectionneurs. Et pourtant, les lampes nouvelle génération, dites basse consommation, sont entre 5 et 10 fois plus chères que leur prédécesseur. Les temps d’allumages sont parfois longs et les couleurs différentes. Bref, tout pour aller chercher de veilles ampoules au grenier pour remplacer les lampes grillées. Ces nouveaux éclairages sont-ils une innovation empoisonnée ou une réelle avancée historique ?

 

 

Que définit-on par « basse consommation » ?

La lampe basse consommation se définit comme une lampe qui permet d’obtenir un niveau éclairement élevé avec de faibles consommations en électricité. Les constructeurs d’ampoules annoncent une consommation inférieure jusqu’à 80% par rapport à une lampe à incandescence (source Le Moniteur).

Quels sont les produits ?

Les lampes basse consommation regroupent plusieurs familles. On peut les distinguer selon leur principe de fonctionnement : electroluminescente ou à décharge. Pour cette dernière, la lumière se produit après quelques minutes à froid, et depuis peu, quelques secondes suffisent avec une puce électronique incrustée dans l’ampoule. Sa clouleur de lumière dépend du gaz utilisé. Le néon donne une couleur rouge, le mercure du bleu, le sodium du jaune, le xénon du blanc.
La lampe à électroluminescence, est créée par l’excitation électronique de composants semi-conducteurs. Une diode électroluminescente ou LED (Light Emitting Diode) est un composant électronique simple capable d’émettre de la lumière dès lors qu’un courant électrique le parcourt.

Nouvelle communication commerciale des ampoules basse consommation

L’arrêt programmé des lampes à incandescence et l’arrivée des lampes basses consommation a modifié les caractéristiques mises en avant sur les boîtes d’ampoules. La puissance a laissé place au flux lumineux restitué, soit encore la quantité de lumière délivrée par l’ampoule, l’efficacité lumineuse qui est le rapport du flux lumineux par rapport à la puissance consommée, la durée de vie de l’ampoule en fonctionnement, la température de couleur qui qualifie l’ambiance lumineuse, et enfin l’indice de rendu des couleurs qui indique la capacité de l’ampoule à restituer fidèlement une lumière naturelle.
Avec tous ces paramètres, l’embrouille semble incontestable pour le consommateur. Il ne s’agit pas du tout d’une tromperie, mais bien d’une adaptation à une législation qui oblige la vente d’ampoules peu gourmandes en énergie. Et compte-tenu des technologies utilisées, les rendus sont bien différents des ampoules à incandescence d’antan.

Obsolescence programmée

Et justement, dans les années 20, les ampoules, celles à incandescence, étaient conçues pour éclairer près de 2 500 heures, une durée de vie trop longue qui fit chuter les ventes. La durée de vie de l’ampoule a été limitée par les industriels à 1 000 heures, dans le monde entier. Il s’agit du célèbre cartel de Phoebus. Pour l’anecdote, l’ampoule la plus vieille encore en fonctionnement est installée dans la caserne des pompiers de Livermore en Californie, où elle brillerait depuis 1901.

Les lampes basse consommation quant à elles, ont une durée de vie d’environ de 6000 heures minimum et dépassent très souvent les 8000 heures. Leur prix à l’achat reste plus élevé (de 4 à 16 €) que les lampes à incandescence (de 1 à 2€) mais l’investissement se rentabilise en raison de leur durée de vie et de la consommation d’électricité modérée.

L’innovation qui rompt avec les habitudes

On a donc plus vraiment la chaleur présente de la lampe à incandescence qui effectivement chauffait beaucoup (trop ?). La couleur peut paraître beaucoup plus agressive pour certains et agréable pour d’autres. Le changement est donc encore en marche et la nostalgie de la bonne vieille ampoule est encore présente dans les esprits.
Il n’empêche que nos nouvelles ampoules durent plus longtemps et pourront sans doute dépasser rapidement les 20 000 heures pour les ampoules domestiques. Certes, elles coûtent plus cher à l’achat. En tous les cas aussi bien du point de vue technologique que social, les ampoules basse consommation sont des innovations de rupture. L’éclairage dans les pays en voie de développement va se démocratiser. Et rien que cela s’avère être une avancée notable des systèmes d’éclairages : une lampe pour tous.

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