CNIM : haute couture industrielle

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« L’innovation et la créativité résultent aussi d’un état d’esprit qui s’entretient et se stimule au quotidien. (…) la créativité ne se décrète pas, c’est plutôt une attitude qui se propage ». Ces mots sont ceux de Nicolas Dmitrieff, président du Directoire de CNIM, concepteur-développeur de projets technologiques complexes. Zoom sur un modèle de développement audacieux.

Grandir, mûrir et acquérir

CNIM s’est forgée une identité forte qui, malgré les aléas de la conjoncture, lui permet de rayonner aujourd’hui en France et dans plus de 15 pays étrangers, où le groupe réalise désormais 60% de son chiffre d’affaires. L’esprit d’innovation cher à son président s’inscrit dans la tradition du groupe créé en 1856 sous le nom de Société des Forges & Chantiers de la Méditerranée, et qui, de fusions en fusions, deviendra en 1982 avec le regroupement des chantiers de Dunkerque, La Ciotat et de la Seyne dans Normed, les Constructions industrielles de la Méditerranée. Suivront au fil des décennies de nombreuses acquisitions de sociétés. En 1989, ce sera le Groupe belge Wanson, et Babcock Entreprise dans la valorisation énergétique des déchets, puis en 1992, SACOM. LAB SA, spécialiste du traitement des fumées, rejoint le Groupe en 2001. CNIM va s’adjoindre les activités de valorisation énergétique des déchets d’ALSTOM en 2002, puis en 2008, le Groupe Bertin, fleuron de la recherche technologique française. Les dernières acquisitions datent de 2009 avec Biotech Centre et IDPIS Pharma. A chaque acquisition CNIM s’oriente vers de nouvelles technologies innovantes qui lui permettent d’être présente sur de nombreux secteurs.  Chaudières industrielles à biomasse, traitement de l’air, usines de valorisation énergétique des déchets ménagers, équipements pour la défense, le nucléaire et la recherche scientifique, centrales solaires thermodynamiques… la liste des réalisations est longue, que ce soit en Afrique, Asie, Europe ou Moyen-Orient. Aux racines du succès de l’entreprise : la créativité, pour des solutions sur mesure.

Encourager en permanence l’élan créatif

« Au sein de CNIM, nous avons pris le parti de nous appuyer sur la propension naturelle des hommes et des femmes à s’investir dans des projets et à vouloir les faire aboutir. Nous veillons à ne pas décourager les initiatives que prennent au quotidien nos quelques 2 700 salariés et à les soutenir. […] A mon sens, cette capacité à conjuguer l’agilité d’une ETI avec les moyens d’un grand groupe explique l’élan créatif qui caractérise CNIM » explique Nicolas Dmitrieff. Le jeune entrepreneur de 43 ans encourage autant que faire se peut l’imagination et la créativité de ses collaborateurs. Une créativité qui se manifeste dans la conception et la réalisation d’ensembles industriels livrés clés en main et à fort contenu technologique dans trois domaines : l’environnement, les systèmes industriels et l’énergie. Tous trois se reflètent dans le slogan de l’entreprise « imaginer et agir », et se fondent sur des capacités d’innovation explicites, au regard du catalogue de la société.

L’innovation illustrée

En tant qu’entreprise multi-filières, CNIM réalise le tour de force d’être la pointe de la technologie dans l’ensemble des domaines qu’elle investit. Spécialiste du retraitement des fumées, CNIM a par exemple été jusqu’à concevoir un système mobile de démonstration, afin de convaincre les clients in situ sur ce que pouvait leur apporter sa technologie. Sur son site, CNIM détaille d’autres réalisations de haute technicité : en partenariat avec la société SIMIC, CNIM a obtenu le contrat de fabrication des 70 plaques radiales du réacteur international ITER, projet expérimental multinational destiné à expérimenter l’usage de la fusion nucléaire comme source d’énergie du futur. Et compte tenu des enjeux et des investissements consentis, il y a peu de domaines plus exigeants, technologiquement parlant, que l’industrie nucléaire.

On y trouve également l’usine de traitement des algues vertes à Launay-Lantic dans les Côte d’Armor, mise en place en 2010. Le challenge était alors de trouver une solution technologique pour moderniser et mettre en conformité le centre de compostage des déchets verts hautement toxiques. Le procédé de traitement adapté par le Groupe CNIM est basé sur la déshydratation par ventilation d’air chaud (produit par un générateur d’air chaud à bois) et l’usage de box confinés qui permettent d’éviter les odeurs, de supprimer la production d’hydrogène sulfuré grâce à l’oxygénation permanente et de traiter 25 000 tonnes d’algues vertes. Le tout dans le respect de l’environnement et des riverains.

On pourrait aussi citer le Landing Catamaran (L-CAT), et les modèles dérivés de ce concept très novateur de catamaran en aluminium, présenté en 2008 au salon Euronaval et à même de renouveler la conception militaire et humanitaire des opérations amphibies.  Catamaran convertible en chaland de débarquement, polyvalent et capable de transporter plus de 100 tonnes à pleine charge à la vitesse de 20 nœuds, il est prioritairement destiné au domaine militaire, mais sa versatilité et ses performances l’ont fait remarquer dans le domaine civil, qu’il s’agisse de logistique d’urgence ou de liaison vers des sites isolés.

Des projets avant tout « porteurs de sens »

Mais l’ambition des dirigeants de CNIM, c’est d’être positionné sur des enjeux écologiques prioritaires, comme le retraitement des déchets ou l’énergie solaire, et de vouloir « apporter des solutions concrètes à des problèmes cruciaux pour notre civilisation ». Car, selon Nicolas Dmitrieff, « pour fédérer les énergies et créer un élan collectif, il faut aussi savoir faire rêver, et attribuer un sens à son action ».

Si l’industrie française est globalement laminée par la crise, les recettes de CNIM pour se démarquer sont simples et misent avant tout sur la recherche et le développement. Un choix qui parie sur l’excellence technologique et la maitrise de procédés opérationnels garantissant au final aux clients un très haut niveau de fiabilité. « La performance d’une entreprise industrielle, sa productivité, sa compétitivité résultent de l’énergie créatrice des hommes et des femmes qui la rejoignent et s’y investissent. C’est d’ailleurs là un axe prioritaire de notre politique de ressources humaines : recruter les candidats les plus imaginatifs, les plus engagés, à l’ouverture d’esprit débridée » conclut Nicolas Dmitrieff. Une façon de rappeler que le capital et le travail ne sont pas forcément, en tous points, substituables.

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